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« Si je n’ai pas la charité » : chronique hebdo #02 de Mgr de Sinety

« Allez, prenez le risque d’ouvrir votre cœur à celui que vous ne connaissez pas et vous allez voir ! L’amour est une drogue puissante : quand on y goûte, comment ne pas vouloir encore en ressentir les effets ? ». Découvrez la nouvelle chronique hebdomadaire de Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris.

« Si je n’ai pas la charité » : chronique hebdo #02 de Mgr de Sinety

La charité n’est pas d’abord une affaire de mots et de discours, mais elle est actions et gestes.

Au sujet des 10 ans d’Hiver Solidaire dont j’ai eu l’occasion la semaine passée de vous entretenir, je vous livre pour commencer une petite anecdote pour marquer la générosité de la mobilisation des paroissiens : quelques jours après le commencement de l’accueil, je partageais avec nos hôtes et une dizaine de paroissiens un dîner. Au menu foie gras, rôti, gratins, fromages, gâteau… Mon voisin discrètement me dit : « il faut leur dire de ne pas nous nourrir comme ça tous les jours sinon on va y rester ! ».
En fait l’invitation à s’engager avait été faite assez simplement. Le fait de dire aux baptisés, à l’issue des messes dominicales, que nous allions accueillir 4 personnes vivant à la rue pendant 3 mois. Et que cet accueil consistait à agir de la même manière que si nous accueillions des amis sous notre propre toit. Préparer des repas, réserver une soirée ou une nuit pour leur être disponibles, passer un coup de balais, prêter l’oreille : en un mot, ouvrir son cœur. Allez, prenez le risque d’ouvrir votre cœur à celui que vous ne connaissez pas et vous allez voir ! L’amour est une drogue puissante : quand on y goûte, comment ne pas vouloir encore en ressentir les effets ?

Très vite une question se posa pour beaucoup : ces frères que nous accueillions, chaque jour repartait vivre dans la rue du matin au soir. Et nous savions bien qu’une fois l’hiver terminé il repartirait dehors aussi pour la nuit. Spontanément, des petits groupes de paroissiens se formèrent pour, chacun, parrainer l’un de nos hôtes, et aider à préparer cette « sortie d’hiver ». Certains n’avaient jamais eu l’occasion de réfléchir à ces situations, d’autres étaient plus habitués de ce problématiques. Tous travaillèrent avec acharnement à trouver des solutions : démarches pour un emploi, des papiers, un logement, pour trouver aussi un médecin, un suivi de soins…
Quand le mois de mars se profila, ils avaient beaucoup avancés, certains confiaient qu’ils ne se seraient jamais crus capable de prendre autant de temps pour prendre soin de ceux que, quelques semaines plus tôt, ils ne regardaient même pas.
Oui, la charité est inventive : elle ne cesse de se communiquer d’un cœur à l’autre, d’une intelligence à l’autre, d’un corps à l’autre. Et pour cela, il fallait qu’au départ un cœur se convertisse…

Chroniques « Si je n’ai pas la charité » de Mgr Benoît de Sinety

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