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« Si je n’ai pas la charité » : chronique hebdo #03 de Mgr de Sinety

« A chaque fois c’est pareil : dès qu’une idée est proposée, dès qu’un projet est présenté, il y en a toujours qui disent « ça ne marchera pas » ou bien « on a déjà essayé et ça n’a rien donné »… Avouons-le, il nous est arrivé à chacun de soupirer quelque chose de semblable et de nous tromper bien lourdement. » Découvrez la nouvelle chronique hebdomadaire de Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris.

« Si je n’ai pas la charité » : chronique hebdo #03 de Mgr de Sinety

La charité n’est pas d’abord une affaire de mots et de discours, mais elle est actions et gestes.

A chaque fois c’est pareil : dès qu’une idée est proposée, dès qu’un projet est présenté, il y en a toujours qui disent « ça ne marchera pas » ou bien « on a déjà essayé et ça n’a rien donné »… Avouons-le, il nous est arrivé à chacun de soupirer quelque chose de semblable et de nous tromper bien lourdement. Mais il y a pire encore, il y a tous ces projets, toutes ces idées qui germent dans nos cœurs et que nous retenons même d’exprimer tant nous pensons ne pas pouvoir être compris, entendus, accueillis.

Ainsi, pour reprendre cette expérience d’Hiver Solidaire dont je vous parlais lors des semaines passées. Lorsqu’a commencé à circuler le bruit que peut-être la paroisse s’engagerait sur ce chemin, un certain nombre de mises en garde se sont élevées. Comment les gens allaient-ils se mobiliser, eux qui sont si occupés par ailleurs par leurs vies familiales, professionnelles, associatives… ? Et puis les locaux n’étaient pas adaptés… Par exemple, aucun sanitaire là où devaient être accueillis les personnes de la rue, ni de cuisine prévue pour des repas en nombre aussi importants. Mais le plus important était l’absence de douches. Comment accueillir dignement sans proposer à nos hôtes de bonnes conditions pour la toilette ?
Du fait des volumes du presbytère, de la disposition des pièces et des questions de plomberie, le devis était astronomique : près de 10.000 euros pour installer des douches et une belle salle de bain. Déjà les éléments contre le projet reprenaient de la vigueur : non vraiment cette idée n’était pas raisonnable.
Au moment précis où semblait s’élever un mur infranchissable, une lumière se fit. Le soir-même de la réception du devis, je rencontrais fortuitement un ami perdu de vue de longue date, œuvrant pour une fondation. Il me dit sans que je ne lui demande rien qu’il était en recherche de projet à soutenir notamment lié à l’accueil des personnes sans abri. Les aides pouvaient être obtenues assez facilement dès lors qu’elle ne dépassait pas un certain montant. Sinon, il fallait que cela remonte à l’ensemble des administrateurs et cela risquait de prendre du temps. Je lui demandais quelle était donc cette somme « plafond ». En lui précisant mon projet et insistant sur l’urgence de commencer les travaux pour être prêts à temps pour accueillir nos hôtes. Il me fit cette réponse qui fit écrouler en poussière le mur de peur qui s’élevait doucement : 10.000 euros !

Dans les huit jours le virement fut fait. Dans le mois la salle de bain fut installée. Elle fut inaugurée le 8 décembre, premier jour d’accueil à la paroisse d’Hiver Solidaire.
L’Esprit suscite toujours les moyens d’accomplir ce qui est bon et juste, mais pour cela, il fallait qu’au départ un cœur se convertisse…

Chroniques « Si je n’ai pas la charité » de Mgr Benoît de Sinety

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