Sœur Bénédicte présente son livre « À la recherche de la grande couleur chrétienne »

Pour retrouver la présentation de sœur Bénédicte de son livre à la soirée des groupes œcuméniques à la Maison d’Unité, et pour mieux comprendre l’histoire de la Communauté des Diaconesses de Reuilly.

Que penser des défis œcuméniques qui nous sont adressés aujourd’hui ?
Quels en sont les enjeux ?

On peut parler d’œcuménisme de la solidarité qui se voudrait bien davantage à l’écoute des personnes en précarité, des migrants...
…d’œcuménisme éthique en quête de lignes directrices, d’écoute et de meilleures compréhensions mutuelles,
…d’œcuménisme institutionnel encore à la peine mais qui se cherche avec persévérance,
…d’œcuménisme en terre d’évangélisation qui peut devenir vite conflictuel,
…d’œcuménisme spirituel, ce fondement si indispensable à toute avancée ...

À la recherche de la grande couleur chrétienne, ce peut être une de nos quêtes en milieu œcuménique.
La grande couleur chrétienne...au cœur du XIXe siècle était l’appellation dont aimait user sœur Caroline Malvesin, fondatrice de la Communauté des Diaconesses de Reuilly, pour évoquer, comme elle le nommait, le christianisme en son entier...

Il est plein d’intérêt d’écouter ses convictions, assez étonnantes pour le temps :

Mon œuvre, écrivait-elle le 10 février 1841 à Bordeaux au pasteur Antoine Vermeil, le futur fondateur déjà à Paris, mon œuvre serait d’agir par le Seigneur pour hâter le moment bienheureux où il n’y aura plus qu’un seul troupeau guidé par un seul berger ! Toute œuvre où se trouverait esprit de coterie, de parti, de secte, de couleur autre que la grande couleur chrétienne, répugnerait à mon âme, refroidirait mon zèle, paralyserait mes moyens d’action.
Oh ! Quand viendra le temps, continuait-elle, où l’on ne se rappellera plus des mots catholiques, protestants, que pour rendre grâces au Seigneur de ce qu’ils n’existent plus et où la grande famille chrétienne se désaltèrera à la source d’eau vive qui jaillira jusqu’à la vie éternelle... p.24

Et, évoquant la présence future des sœurs dans des hôpitaux :
Qu’on ne pense pas à se demander de celles qui y mettraient la main... sont-elles catholiques ou sont-elles protestantes ? Mais plutôt qu’on se dise en rendant grâces à Dieu, elles sont chrétiennes et le Seigneur peut faire cela.

La couleur chrétienne ? (pastel)
Elle s’avère encore aujourd’hui plus proche d’un grand patchwork bariolé, voire fortement contrasté aux composantes si multiples, qui se dressent bien souvent en affrontements les unes contre les autres ... plutôt qu’en complémentarités, comme le pourrait être au contraire, au sortir d’un orage, un bel arc en ciel aux harmonies lumineuses.
Cette grande couleur chrétienne, comment la cerner en vérité ? Elle évoque rapprochements étonnants mais aussi distances douloureuses, réconciliations émouvantes comme oppositions, violents conflits, soudaines fermetures peu prévisibles, multiples frustrations et pourtant toujours présentes, toujours à l’affût, des reprises de dialogues, de nouvelles espérances d’ouvertures ! L’histoire est là avec son poids fort de divisions dès les Conciles œcuméniques des premiers siècles, puis les fractures avec l’Orient, celles des Réformes du XVIe siècle, celle de l’anglicanisme, les réveils divers qui ont eu toutes leurs beautés et leurs dynamiques mais en occasionnant aussi bien des dissensions...

La fusion des cultes ?
Sœur Caroline évoque cette terminologie, sûrement par trop fusionnelle pour notre sensibilité d’aujourd’hui. Elle propose une avancée œcuménique - le mot n’existait pas encore- par des pas effectués les uns vers les autres en fonction des différents passés ecclésiaux de chacun.
C’est en ce sens qu’elle précise les différences entre catholicisme et protestantisme en usant d’un mot assez étonnant, celui de défiguration... : La Réforme, dit-elle, a défiguré le christianisme en éliminant tous les usages bibliques qui avaient donné lieu à des abus... L’Église romaine, elle, a défiguré le christianisme en ajoutant à la Bible des doctrines et des commandements d’hommes ... (p.24)
Dans ces années 1840, ces mots témoignaient pour Caroline Malvesin de la profonde liberté spirituelle qui l’habitait à l’écoute des semences de l’Esprit, ce compagnon de tous les jours depuis sa découverte du Dieu Vivant . Son attachement au protestantisme était bien réel mais de plus vastes horizons l’attiraient, le christianisme en son entier, la grande couleur, la grande famille chrétienne...

La Communauté sera formée dès son origine de sœurs non seulement d’origine réformée mais aussi luthérienne, la direction pastorale étant elle aussi luthéro-réformée. En 1900 entrera dans la Communauté la première sœur baptiste et d’autres sœurs de milieux évangéliques la rejoindront régulièrement, mennonites, salutistes...Sa vie commune ensemble, fondée sur la prière et l’écoute régulière transformante de la Parole de Dieu, incarne d’une certaine manière cette marche vers une fusion des cultes, mais le respect de la diversité ecclésiale de chacune des sœurs avec ses modalités, entre autres sacramentelles, est pleinement accepté. Résonnance aujourd’hui à la quête portée par le Conseil Œcuménique des Églises, formulée à l’aide du concept de chrétienté globale qu’évoque Konrad Raiser en s’interrogeant sur les ponts à construire pour préparer l’Église chrétienne de demain. Isabelle Leguay (p.70)

Ce livre, je n’ai pas ‘décidé’ de l’écrire. Sœur Mireille, notre Prieure, m’ayant demandé d’aller rejoindre la Fraternité Œcuménique de Lomme aux portes de Lille, j’ai bénéficié de trois mois sabbatiques dans une communauté catholique à Paris, les sœurs de l’Assomption. Je vivais en ermitage et prenais mes repas en solitude. Le dimanche soir, les sœurs m’invitaient à leur table, ce qui fut mutuellement une belle richesse.
Mes questions étaient là, avec du temps pour les aborder :
• Cette Communauté des Diaconesses de Reuilly, avec laquelle je compagnonnais depuis tant d’années, comment pouvais-je en circonscrire vraiment le charisme œcuménique ?
• Pouvait-on déjà en affirmer réellement l’existence ? Que signifiait-il ? De quoi était-il porteur ? Pouvait-on aujourd’hui en préciser les fruits ? Que s’était-il passé depuis l’écriture de ces phrases inspirées de la fondatrice jusqu’à ce jour ?
Je ne pouvais encore répondre. Si la communauté vivait réellement un œcuménisme intra-protestant en son sein, si elle était un lieu hospitalier pour toute personne désireuse de partager quelques heures ou jours sa vie, quel était en fait sa dynamique œcuménique ?
Les différences ecclésiologiques entre les Églises, pour être devenues vraiment moindres depuis le concile Vatican II, existent encore fortement et les facteurs non théologiques, comme on se plait à les nommer, ont encore un poids essentiel dans nos divers contextes ecclésiaux.

Ainsi je devais clarifier mes pensées et j’ai eu le sentiment d’être durant ces trois mois tel un détective en quête de cette recherche qui m’était essentielle :
• Si le charisme originel de la Communauté des Diaconesses de Reuilly était mieux cerné, serait-il possible de préciser s’il avait quelque peu participé à l’avancement de la grande couleur chrétienne ? Si oui, comment serait-il conduit à prendre couleur aujourd’hui ?
J’avais demandé à mes amis le Pasteur Gill Daudé et le Dominicain Michel Mallèvre, qui avaient fait équipe quelques années en France comme délégués œcuméniques, de me rencontrer, à mi-parcours et à la fin des trois mois, pour répondre à mes questionnements. Ce sont eux deux qui ont commencé à me parler de livre, et qui en feront finalement la préface à deux voix ! Ce n’était alors nullement ma préoccupation... Mais peu à peu sœur Évangeline, ancienne prieure, a relu mes notes, frère Michel m’a dit qu’un lectorat catholique pourrait être intéressé et un jour j’ai joint les Éditions protestantes Olivetan pour voir si cela serait envisageable... Et voilà !

Ce livre a plusieurs entrées. La première : Une relecture de l’histoire de Reuilly en quête de la grande couleur chrétienne.
Les six premiers chapitres sont un voyage, sous l’angle de la quête de cette grande couleur chrétienne, à travers l’histoire de cette petite Communauté des Diaconesses de Reuilly, à l’écoute du ministère de chacune de ses prieures successives, balises signifiantes.
Mais dès les premières années de cette fondation, un autre problème a surgi. Lors de ce qu’on nomme la Réforme, l’ancien moine augustin Luther, excommunié par Rome, avait épousé une ancienne moniale, ce qui mit au sein de l’espace protestant européen et au-delà le modèle du mariage pour les pasteurs et un fort soupçon, sensible encore aujourd’hui, sur la possibilité d’existence en son sein de toute vie religieuse. La crainte d’une notion de mérite, situant la vie religieuse au-dessus d’une vie simplement laïque, était encore bien présente dans beaucoup d’esprits ainsi que la conviction d’un sacerdoce vraiment universel très chère aux milieux luthéro-réformés. De 1841 à 1846, avec la réémergence, grâce à sœur Caroline et d’autres, d’une telle vie religieuse, un réel enthousiasme a tout à coup traversé les Églises réformée et luthérienne françaises.
Mais se sont très vite élevées au sein de ces Églises protestantes des voix fortement contradictoires à l’encontre d’une consécration à vie, telle que ces nouvelles diaconesses semblaient la percevoir et vouloir la vivre.

• Ceci a engendré au sein de la Communauté pendant plus d’un siècle une orientation en interne plutôt de non ouverture à l’endroit de la grande Église romaine proche, voire d’un certain repli sur elle-même qui la conduisait à préciser sa propre identité. Devant le malaise du protestantisme à reconnaître comme faisant partie de lui une communauté s’engageant selon les trois vœux traditionnels de la vie monastique, le Pasteur Vermeil fut contraint dès 1854 d’en réécrire les statuts, jugés trop catholiques, au profit d’une association de vie la plus laïque possible.

• S’en sont suivies les années 1901/1905 qui l’ont confirmée à être peu encline à une ouverture... Comme beaucoup de communautés apostoliques catholiques créées, en ce temps de retour pour elles après les expulsions du début du siècle, les Diaconesses de Reuilly ont continué à se définir par un service diaconal intense auprès de malades, de jeunes mères, de jeunes en difficulté, auprès aussi de paroisses en tant qu’assistantes de paroisse. La formation du noviciat s’effectuait en grande partie auprès des malades, des femmes sortant de prison, des personnes en précarité. Une présence hors de France s’est vite amorcée à Madagascar, puis à Tahiti et au Cameroun.

• Dans les années 1960-1970, la coïncidence à la fois des travaux du Concile Vatican II et de la naissance en France, au sein de la Fédération Protestante, d’un Département des Communautés avec les commencements des Communautés protestantes de Pomeyrol dans le midi et de Taizé en Bourgogne a suscité une résurgence et une dynamique œcuméniques qui vont se déployer au sein même de cette Communauté de Reuilly, portée par la conviction de la supérieure en place, sœur Viviane.

• De 1975 à 1992 se sont déjà ouvertes deux Fraternités œcuméniques de sœurs protestantes et catholiques vivant ensemble, l’une en Suisse francophone avec les bénédictines de Vanves, les Diaconesses de Saint Loup et de Reuilly, l’autre au sein de l’Institut de soins infirmiers sur le lieu de la fondation, rue de Reuilly à Paris à laquelle s’est adjointe une sœur de l’Enfant-Jésus de Versailles, expériences qui enrichissent du dedans la Communauté, malgré tout toujours marquée par sa quête de la grande couleur chrétienne !

Une deuxième entrée : comment préciser le charisme originel porté par cette Communauté  ?

Une relecture sérieuse des écrits de sœur Caroline reprise maintes fois met en valeur 5 critères :
• Le temps, décrit en tension, est particulièrement correct et intéressant : sœur Caroline est habitée d’une hâte, telle Marie qui part en hâte voir Élisabeth. Caroline invite pourtant tout autant à la sagesse et à la nécessité de faire des pas évoqués plus haut. Un pas à la fois vers ce qu’elle nomme marche vers la fusion des cultes.
• L’attente d’une avancée chrétienne transcendant les différences est souvent présente sous sa plume. Elle lui donne le mot œuvre qui, pour elle est chargé positivement et nullement limité au faire l’œuvre d’unité qui, entre autres, lui est très chère.
• La joie est aussi là tout au long de ses méditations, exhortations aux sœurs, novices ...
• L’humilité est une composante essentielle pour elle de la marche chrétienne.
• La notion de consécration, en écho au chapitre 12 de l’épître aux Romains entre autres, texte scripturaire de fondation, est appelée à être entière.

Cela peut s’exprimer ainsi :
Hâter
pas après pas
l’œuvre d’unité
au sein de la grande couleur chrétienne
en s’y mettant avec humilité
dans la joie d’une entière consécration.

La troisième entrée : prendre la mesure de la richesse du labeur œcuménique déjà accompli
La Communauté, vivant sa réalité interne d’un œcuménisme intra-protestant comme son ouverture à beaucoup de priants catholiques et de façon moindre orthodoxes et anglicans (Les accords de Reuilly entre Églises luthériennes et réformées de France et les Églises anglicanes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande ont été signés dans notre hôtellerie, p.14l), prend peu à peu la mesure de ce labeur, effectué tous azimuts depuis les débuts du Conseil Œcuménique puis du Concile Vatican II. Travail considérable, souvent trop méconnu, qui a permis de réelles avancées au sein du patchwork bariolé évoqué tout à l’heure : découvertes mutuelles, éclairages du poids de l’histoire, des diversités culturelles, recherches de compréhensions sur ce qui sépare, sur ce qui est commun, demandes de pardon, de chemins neufs à inventer....
La marche côte à côte devient peu à peu un face à face, perçu d’abord comme dangereux puis de moins en moins inconnu et bientôt de plus en plus fraternel.

J’ai fait le choix, tout à fait partial, de présenter brièvement certains textes d’accord ecclésiologiques et théologiques qu’il me semble nécessaire, en quête d’une meilleure connaissance des diverses Églises, de lire et méditer, mais tant d’autres existent !

• Un texte majeur pour l’avancée des relations entre Églises luthériennes et réformées, signé en 1973 après bien des maturations (les thèses de Lyon entre autres) entre la plupart des Églises luthériennes et les Églises réformées d’Europe et quelques Églises méthodistes. Ce texte est appelée la Concorde de Leuenberg.
• Des dialogues, importants pour notre communauté par la présence en son sein des sœurs qui appartiennent à ces Églises, entre les Églises baptistes, au niveau national et mondial et les Églises luthériennes et réformées.
• Des dialogues de la famille mennonite, du nom de son fondateur Menno, avec les mêmes Églises sœurs.
• La présence de l’Armée du Salut avec laquelle les Diaconesses de Reuilly ont des liens anciens et forts.

En catholicisme, j’ai retenu trois textes :
• Le décret de Vatican Il sur l’adaptation et le renouveau de la vie religieuse.
• Une réflexion trop brève sur Ecriture, Tradition et Magistère à partir du Catéchisme catholique actuel.
• La Charte Œcuménique.

Alors que faire de ces éléments pour essayer d’avancer sur des chemins d’unité au sein de tant d’Églises si diverses ?
L’objet de ma réflexion première était toujours là :
Le meilleur, le plus concret, le plus riche ne serait-il pas de vivre ensemble, croyants de diverses Églises, pour voir si cela est possible, si cela est source de dynamisme ou non ?

Et c’est la quatrième entrée de ce livre : comment imaginer un vécu en Fraternité œcuménique ?
La première étape n’est-elle pas de toujours reprendre conscience de la richesse de ce que nous avons en commun, catholiques et protestants, lecteurs de la même Bible, des mêmes Evangiles, mus par le même désir de mettre en pratique ces paroles du même Jésus de Nazareth, mort et ressuscité, nous le croyons ? Ceci en cherchant à aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et le prochain comme soi-même, selon les deux commandements vétéro testamentaires essentiels ?
Pouvons-nous, entre chrétiens différents, oser cette aventure de vivre le plus possible ensemble ?
C’est ce que nous avons déjà tenté dans les fraternités œcuméniques de sœurs catholiques et protestantes évoquées en Suisse et à Paris, et maintenant à Lomme près de Lille ?

Si l’on reprend le charisme de sœur Caroline, il s’agit de se mettre résolument en quête de la grande couleur chrétienne, en participant, de toutes les manières possibles, à l’œuvre d’unité et de le faire en hâte en acceptant pourtant, pour rester ensemble, le pas après pas,
Ce que nous avons en commun peut se décliner ainsi (des laïcs l’envisageraient sûrement un peu différemment) :
• Un grand désir de suivre au plus près le Christ, Jésus de Nazareth, de vivre le plus authentiquement possible de sa Parole, de son message en s’en donnant les moyens.
• Chaque sœur a vécu sa consécration au sein de son Église particulière en disant un Oui ancré dans son baptême (reconnu maintenant commun) afin de suivre le Christ dans des chemins de sobriété et pauvreté, de chasteté, d’une certaine soumission mutuelle. Pour moi, attestait sœur Myriam, ancienne prieure de la Communauté et auteure de la Règle des Diaconesses ainsi que d’autres livres, la certitude est entière, conséquence de mon baptême ; mes vœux d’obéissance, de célibat et de pauvreté m’apparentent à l’Église indivise 7(p 85).
• Prière personnelle et prière ensemble, liturgique sont vécues à l’écoute de la Parole et fondent les journées.
• Chanter les psaumes est une composante importante de la liturgie des Heures, un lieu d’unité, un grenier pacifiant selon une belle formulation de Saint Basile où chacune est accueillie par Dieu et reçoit les mots de foi dont elle a besoin.
• Une réflexion sur des temps d’échanges et des temps de silence permet d’équilibrer les jours avec la grâce de l’encouragement de la règle de vie de chaque communauté.
• Et bien sur l’accueil et le service du prochain s’exerce sous diverses modalités.
• La joie qu’entraine un choix clairement posé (chacun est conduit vers le sien propre)

Dans cette dynamique, nous ouvrir avec sérieux et sans crainte au dialogue inter religieux est bien sûr essentiel, d’autant plus dans notre société française actuelle, mais comment le vivre sans oublier de clarifier notre précieux dialogue entre les différentes familles chrétiennes, en écoute à la prière de Jésus de Nazareth à la veille de sa mort : que mes disciples soient UN comme le Père et Moi sommes UN pour que le monde croie (Jn17) ?

Croire et mettre en pratique que ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise... Cette phrase est inscrite en première page du Protocole écrit avant l’arrivée des sœurs par les quatre Prieures des quatre communautés représentées au sein de la Fraternité Œcuménique à laquelle j’appartiens à Lille, deux catholiques et deux protestantes. Sur ce coussin de confiance, il s’agit de prendre en compte nos différences, de les parler avec moins de craintes, dans une écoute, une attention mutuelle, une grâce d’humour ...

Alors allons !
Comment ne pas croire au souffle qui émane de l’Évangile et qui nous appelle chacun, chacune et ensemble à nous approprier toujours à nouveau les mots de Jésus priant son Père pour l’unité des siens : Qu’ils soient UN pour que le monde croie.
Ceci n’est pas valable pour seulement nous-mêmes mais afin que le monde croie...
Alors, allons ... Allons en toute hâte et pourtant ....pas après pas !
La question est là : Comment chacun peut-il hâter, à sa manière et selon ce qu’il est et porte, la venue de chemins d’unité ? Comment les familles avec tout leur riche potentiel, comment les laïcs, engagés chacun dans sa diversité, peuvent-ils hâter la venue de l’unité ?
Comment peut-on chacun, chacune se vouer à cette œuvre exigée de Jésus (Jn 17) Comment les religieux et leur charisme propre peuvent-ils participer aussi à toute cette germination ?

Des pistes sont proposées à la fin de ce livre : Serait-ce :
• Par une prière intense, en communion avec ceux et celles qui sont habités Par cette même quête ?
• Par une offrande personnelle, une consécration en quelque sorte, tel un monastère invisible comme en avaient conscience les pionniers de l’unité au XXe siècle ?
• Serait-ce aussi par un travail d’unification intérieure ? Unifie mon cœur pour qu’il te craigne, labeur des moines et moniales mais aussi et tout autant de tout chrétien pour que le cœur UN, l’Église puisse continuer à s’unifier dans le respect des diversités nécessaires à l’être humain... ?
• Par un amour patient et fort, toujours renouvelé, au-delà des lassitudes évidentes à traverser, à l’endroit de l’Église, de nos Églises, dans leurs si nombreuses diversités ?
• Modération, tolérance, humilité étaient des mots clé pour sœur Caroline, en s’y mettant chrétiennement et avec humilité... Toujours à nouveau Comprendre l’unité dans la charité.
La Règle de Reuilly résume ainsi : La force contagieuse d’un nouvel amour peut seule laver le mal du monde.
L’unité retrouvée dans l’Église viendra d’un amour rendu victorieux...

Deux paraboles sont proposées :
• Ne pas se lasser d’être pont dans les situations d’Églises que nous connaissons. Être pont entre les rives catholique et protestante, entre les rives protestante et évangélique, entre les rives protestante, catholique et orthodoxe, protestante, catholique et anglicane’.. tous ces rivages à découvrir lorsque l’occasion se présente qui peuvent se complexifier à l’intérieur d’une même Église, aussi d’une même personne, d’un même couple s’il est interconfessionel....
• Être jointures, comme aime le dire la Règle de Reuilly à la suite de l’apôtre Paul, être des jointures, des articulations qui permettent que l’ensemble du corps puisse bien fonctionner... Un questionnement amical, une écoute pleine d’attention, une écoute intérieure peuvent faire avancer, dénouer tant de choses... Une unité invisible existe déjà, c’est bien sûr, dans la prière et la communion au-delà des formes, des normes qu’elle féconde, enrichissant une commune diversité.
Elle est souvent palpable mais comment la faire avancer plus tangiblement encore ?

Nous allons vers 2017, commémoration pour l’Église Protestante Unie de France du premier acte de la Réforme avec l’affichage des thèses de Luther. Les journaux La Croix comme Réforme régulièrement présentent des démarches dynamiques des Églises Protestantes françaises comme les actes répétés du pape François en fonction de cet événement.

Alors (c’est le passage final de l’introduction de ce livre) rêvons... p.15
Marie Ange : Faisons le rêve que de nombreux lieux fraternels interconfessionnels puissent, selon la créativité de l’Esprit Saint et à son écoute, se créer aux quatre coins de notre terre !

S. Solange : Faisons le rêve que des communautés de partage, des communautés de vie s’inventent dans les milieux les plus divers, en transversalité comme de bas en haut et de haut en bas de nos réalités ecclésiales

Blandine : mues par cette grâce de prendre le temps de vivre ensemble, de prier ensemble, d’agir ensemble, de se parler en profondeur des histoires les uns, les unes des autres !

Zélie : Ensemble aller vivre à Rome, à Constantinople, à Genève, ensemble à Moscou, à Nairobi, à Busan...et discerner toujours à nouveau les balbutiements d’une Église chrétienne qui peu à peu, à tous les niveaux, y compris celui de l’autorité servante, essaie par l’Esprit de Jésus

Eloïssa : de mieux se comprendre à travers nos histoires, nos cultures différentes,

Marie Loiseau : de découvrir davantage, en les vivant de l’intérieur, les liturgies, les théologies, les ecclésiologies, les éthiques de chacun... en devenant locuteurs les uns des autres,

Marie Antunès : à l’air libre d’une vie commune fraternelle qui apprend à traverser les difficultés,

Héléna : ancrée dans la foi au Christ vivant qui remet toujours debout ses enfants.

Bénédicte : Faisons le rêve que participent à cet élan, sous des formes existantes ou neuves, l’évêque de Rome, le patriarche de Constantinople, les présidents du Conseil Œcuménique des Églises, de l’Alliance Mondiale Réformée, des Fédérations Luthérienne, Baptiste, le Forum Mondial et nous tous disciples de Jésus-Christ dans les sociétés d’aujourd’hui.

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