Solidarité : les associations en première ligne

Présentes sur le terrain, les associations d’aide aux plus démunis ont vite réalisé les conséquences du confinement pour les personnes de la rue. À l’instar de la Société Saint-Vincent-de-Paul, elles ont alors usé de leur savoir-faire, de leur réseau et de leur expérience de terrain pour trouver des solutions.

Amicie et Inès, deux des jeunes conductrices engagées dans la mission de collecte des denrée alimentaires.
Amicie et Inès, deux des jeunes conductrices engagées dans la mission de collecte des denrée alimentaires.
© Marie Lucas

À Ste-Rosalie, paroisse du 13e arrondissement, la distribution des paniers repas a commencé le 24 mars, une semaine après le début du confinement. Cinquante repas, préparés par l’association Aurore, en lien avec la Mairie de Paris et le diocèse, dont seuls vingt ont trouvé preneur ce jour-là parmi les personnes de la rue. Aujourd’hui, 270 repas sont distribués quotidiennement dans cette paroisse parisienne, énumère Jérôme Perrin, président de la Société Saint- Vincent-de-Paul (SSVP) de Paris ; 600 à St-Bernard-de-La-Chapelle (18e) ; près de 400 à St-Denys-de-La-Chapelle (18e) … Vingt-huit paroisses parisiennes font désormais partie de ce dispositif. À St-Étienne-du-Mont (5e), durant les trois premières semaines du confinement, ce sont les bénévoles des branches jeune et aînée de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul (CSVP) qui ont pallié la fermeture précoce d’Hiver solidaire – l’accueil en paroisse de personnes de la rue durant l’hiver. « Nous avons rapidement organisé des plannings pour, qu’à tour de rôle, des paroissiens déposent de la nourriture à ceux qui étaient retournés dans la rue, détaille Anne-Claire Muller, membre de la CSVP. Puis la mairie et le diocèse ont pris le relais. »

Une réactivité qui fait défaut aux grandes institutions

Présente sur le terrain, en petites équipes locales, la SSVP possède cette réactivité qui fait parfois défaut aux institutions. Comme d’autres associations, elle a très vite mesuré les conséquences désastreuses que le confinement allait produire sur les plus fragiles. « Les personnes qui repartaient à la rue se retrouvaient sans moyens de subsistance, car les associations et les soupes populaires fermaient, sans possibilité de se laver, sans toilettes publiques ouvertes », souligne la jeune femme. « Quand on a réalisé cela, on s’est rapidement mis en ordre de marche. » À Paris, en quelques jours, il a fallu trouver des solutions aux problèmes générés par le confinement. Ainsi des épiceries solidaires, fermées dès la mi-mars pour cause de bénévoles trop âgés. La SSVP, qui gère neuf des trente-trois épiceries existantes à Paris, a alors mobilisé son réseau « jeunes », appuyé par les bénévoles envoyés par le diocèse. Les épiceries ont pu rouvrir. Elles accueillent désormais des populations nouvelles, des familles qui vivaient de petits boulots ou qui comptaient sur la cantine de l’école pour nourrir leurs enfants. Une demande en hausse, qui a obligé à revoir la logistique. La SSVP s’est fait prêter une camionnette puis deux, et a puisé dans son réseau de jeunes bénévoles pour trouver la petite dizaine de chauffeurs nécessaire à la collecte des matières premières auprès de la Banque Alimentaire et d’enseignes de la grande distribution. Sur le terrain, en première ligne, ses membres alertent sur un autre danger qui menace les personnes à la rue. La solitude. À St-Étienne-du-Mont, Anne, membre de la CSVP, le souligne : aujourd’hui, « plus que la faim, c’est l’isolement qui les guette. » Les bénévoles qui animent le café du samedi, désormais installé dans la rue, servent une soixantaine de personnes, contre trente à quarante en temps habituel. « Ce sont souvent des têtes nouvelles, des jeunes, des femmes. Beaucoup restent et discutent avec nous. Ils nous disent combien c’est important de voir du monde. On parle beaucoup de distanciation sociale aujourd’hui. Nous, on met en place une distanciation physique, mais on essaie de garder le lien social. »

Priscilia de Selve @Sarran39

Contact

Paris Notre-Dame
10 rue du Cloître Notre-Dame
75004 Paris
Tél : 01 78 91 92 04
parisnotredame.fr

Articles

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse