Matière d’origines

Thomas Tronel-Gauthier

Du 6 décembre 2013 au 14 février 2014, la Galerie Saint-Séverin présente « Matière d’origines », une œuvre de Thomas Tronel-Gauthier, sur une proposition de Géraldine Dufournet.

- L’exposition installée pour le temps de l’Avent et de Noël est visible jour et nuit, 4 rue des Prêtres-Saint-Séverin, Paris 5e. M° Cluny-la Sorbonne, Saint-Michel.
-  Agrandir l'invitation. Vernissage en présence de l’artiste le 5 décembre 2013 de 19h à 21h.

Thomas Tronel-Gauthier, « Matière d’origines », du 6 décembre 2013 au 14 février 2014

Thomas Tronel-Gauthier développe depuis plus de dix ans une pratique de la sculpture oscillant entre l’objet et l’installation interrogeant les matériaux et leur devenir. Il capture notamment par le volume ou l’image les phénomènes de la nature et renouvèle sans cesse son intérêt pour le lien unissant l’éphémère au pérenne.
Pour la Galerie Saint-Séverin, il propose « Matière d’origines », un dialogue entre deux œuvres : Nativité, une sculpture réalisée en 2011 et Hanamate / Dessin de sable, une photographie prise en 2012.

Thomas Tronel-Gauthier, Nativité, 2011Nativité est une taloche de maçonnerie recouverte d’or sur laquelle se dessine une silhouette de peinture noire au motif arborescent. La forme obtenue et son relief sont nés de la séparation de deux surfaces « amoureuses » entre lesquelles s’est divisée de façon symétrique la matière acrylique. L’outil alter ego est supprimé et ne reste que la taloche marquée par le geste. C’est un objet industriel brut en bois et plastique extrait de son contexte - proche du ready made - choisi d’une part pour sa triangularité qui évoque l’icône et d’autre part pour son rapport utilitaire du geste à la surface. En effet, Thomas Tronel-Gauthier revisite ici le rituel fondateur du maçon servant à édifier. Par ailleurs, il fait écho à la technique de la fresque, dont le procédé permettait de figer le dessin dans la matière fraîche.
Le processus de création rejoint ici les questionnements scientifiques et spirituels de l’artiste sur l’origine du monde, notamment son intérêt pour la morphogénèse, ensemble de lois qui déterminent la naissance des formes, la structure des tissus, des organes et des organismes. Le relief noir obtenu juxtapose une arborescence assimilable aux fractales et une silhouette semi aléatoire pouvant évoquer celle de la figure humaine. La référence à l’icône et à la tradition du support bois peint traité à l’or est également un hommage à l’œuvre de Giotto (1267-1337).

Thomas Tronel-Gauthier, Hanamate / Dessin de sable, 2012Hanamate / Dessin de sable est une photographie prise durant le séjour résidence de Thomas Tronel-Gauthier aux Îles Marquises en 2012. Grains de sable, grain photo, papier à grain crayonné ou papier de verre… tant de supports qui semblent ici se métisser. L’image se fait ici témoin d’un délicat travail de dessin éphémère prélevé sur une plage de Polynésie où le sable noir basaltique cède progressivement sa place au sable blanc constitué de corail et de résidus d’animaux marins morts. Ce « dessin photographique » atteste de cette transition géologique d’une île en mutation confrontée à son environnement marin.
La composition du tableau déterminée par la répartition des différents grains de sable génère une figure énigmatique, dont la lumière semble jaillir en son sommet.

Le syntagme choisi pour titre allie singulier et pluriel. Il désigne le composant utilisé par l’artiste et introduit également la matière comme sujet, avant de renvoyer à ses sources d’inspiration, suggérant l’idée d’émergence, de naissance. Inaugurée début décembre, l’exposition fait sens avec le calendrier de l’Avent annonçant la venue du Christ.
Cette proposition offre donc ainsi une polysémie autant textuelle que visuelle.

Géraldine Dufournet

-  L’exposition est visible jour et nuit du 6 décembre 2013 au 14 février 2014 à la Galerie Saint-Séverin.

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Thomas Tronel-Gauthier est né à Paris en 1982. Il vit et travaille à Paris.
Diplômé de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2007, il participe au 55ème Salon d’art contemporain de la ville de Montrouge en 2010 et entame une série d’expositions personnelles telles que Low Velocity Zone à la Galerie Riff Art Projects (Paris), Dédomestica à l’Espace d’art actuel Le Radar (Bayeux), [alimɑtɛʀ] à la Galerie Sintitulo (Mougins). Lauréat en 2011 du soutien pour le développement d’une recherche artistique attribué par le Centre National des Arts Plastiques, il réalise une exposition qu’il intitule OVERSEAS / Par-delà les mers servant de préambule à son départ début 2012 pour une résidence en Polynésie au Centre Culturel Paul Gauguin d’Hiva Oa (Îles Marquises). En 2013, Isola rend compte de cette expérience atypique avec une nouvelle série d’œuvres inspirées par ce voyage.
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