Un pèlerinage virtuel

Chaque année, l’Association des brancardiers et infirmières de l’Ile-de-France (ABIIF) emmène à Lourdes (Hautes-Pyrénées) 300 malades, de toute la France et de tous âges. Cette année, pour cause de confinement, le déplacement a dû être annulé, mais pas le pèlerinage, vécu de façon virtuelle, du 4 au 9 avril, par plus de 1500 personnes. Une expérience bouleversante dont témoignent malades et organisateurs.

© D.R.

« Merci de ces vidéos quotidiennes et du travail de tous et toutes pour que Lourdes vienne à nous et que nous puissions vivre le mieux possible ce pèlerinage immobile. » « Marie et Bernadette ne sont pas confinées. Elles vivent avec nous cette semaine sainte ! » Des messages comme ceux-là, Jean-Christophe Pasquier, président de l’Association des brancardiers et infirmières de l’Île-de-France (ABIIF) en a reçu des dizaines. Ils résument bien le sentiment, partagé par la plupart des 900 personnes inscrites – dont 300 malades –, d’avoir vécu un pèlerinage « autrement », mais bouleversant. Pourtant, le 14 mars, quand la décision a été prise d’annuler l’événement qui devait se tenir durant la Semaine sainte, l’atmosphère était lourde. « Nous étions prêts, les groupes constitués, explique Jean-Christophe Pasquier. Nous savions que les premiers déçus allaient être les malades. » Dès lors, comment maintenir le lien avec eux ? Spontanément, l’idée d’un pèlerinage « virtuel » est né, témoigne le P. Stéphane Gravereau, aumônier de l’ABIIF, « car nous ne voulions pas abandonner tout le travail spirituel engagé. » Les 900 livrets sont imprimés et livrés par la Poste, « un vrai pari en plein confinement », souligne Jean-Christophe Pasquier. Avec le livret, un chapelet, aux couleurs de l’ABIIF. D’abord dubitatif quant à la possibilité de prier « virtuellement », le P. Gravereau se dit « stupéfait par la qualité du travail » fourni par l’équipe d’organisation. Car à côté du livret, se met rapidement en place d’autres initiatives. « Je pensais qu’on allait vivre le chapelet et la messe en direct, avec la vidéo diffusée depuis le sanctuaire de Lourdes (Hautes- Pyrénées) et que cela s’arrêterait là, mais quand j’ai découvert qu’il y avait une vraie vie de salle, j’ai trouvé cela extraordinaire. Tout était à inventer, et ils l’ont fait. » Ils, ce sont les responsables de salle, et les hospitaliers, ces jeunes en charge des malades. Louis, 25 ans, peut en témoigner. Engagé pour la première fois avec l’ABIIF, il a vécu là « une des plus belles semaines qui soit ». « On aurait pu croire que tout le monde allait se démotiver, mais tous les hospitaliers se sont donnés à fond. Nos chefs de salle, (les responsables qui encadrent les hospitaliers) se sont lancés dans ce “e-pèlerinage” sans savoir ce que cela allait donner. Et cela a marché. » Rapidement, la mécanique se met en place. Camille, responsable de la conception du livret, se charge du montage vidéo. Envoyées tous les jours aux malades et aux hospitaliers, ces vidéos comportent « une lecture de l’évangile, l’homélie de Mgr Denis Jachiet, des chants, des prières… » Chaque jour, également, un binôme d’hospitaliers se charge d’appeler un malade. « Nous lisions avec lui l’évangile et commentions le texte, se souvient Louis. Nos discussions étaient passionnantes. Ce monsieur de 70 ans, très érudit, nous a apporté bien plus que ce que nous pouvions lui donner. » « Cette inactivité forcée, nous a rendu disponible à la prière, plus sans doute que si nous avions été dans l’action », souligne le P. Gravereau. « J’ai réussi à faire vivre Lourdes en moi, sourit Camille. Portés par la grâce de Marie, nous avons réussi ce qui semblait impossible. »

Priscilia de Selve @Sarran39

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