Une bagagerie pour l’insertion

Guy François, président d’Antigel, une association fondée à St-Jean-Baptiste de Grenelle (15e) pour les personnes de la rue, ouvre en septembre prochain la “bagagerie d’Antigel”.

Paris Notre-Dame : Pourquoi ouvrir une bagagerie ?

Guy François : Avec quatre personnes qui font partie de l’association Antigel de la paroisse St Jean-Baptiste de Grenelle (15e), nous maraudions depuis plusieurs années, mais nous souhaitions aller plus loin dans l’écoute. Nous en avons discuté avec les gens de la rue que nous côtoyions et tous nous ont dit leur besoin d’une bagagerie. Quand on sait qu’un sans-abri se déplace avec 30 à 45 kg de bagage par jour, on comprend qu’ils veuillent poser leurs sacs de temps en temps. Il existe déjà une solution équivalente aux Halles, mais nous voulions développer une proposition adéquate à la population des sans-abri du 15e, plus âgée que dans le 1er arrondissement.

Comment fonctionnera-t-elle ?

G. F. : Dès septembre, la « bagagerie d’Antigel » accueillera les personnes sans domicile deux heures le matin et deux heures le soir. Dans un grand local au rez-de-chaussée d’un immeuble, nous aurons une cinquantaine de casiers. Les sans-abri donneront leurs affaires à l’un des trois bénévoles présents qui les rangera. Quand une personne de la rue voudra récupérer des effets, elle aura la possibilité de s’isoler dans un vestiaire avant de remettre son bagage aux bénévoles. D’ailleurs, les bénévoles en charge seront aussi des sans-abri, à parité. D’autres parties du local seront installées pour que les personnes de la rue se posent un peu avec des boissons chaudes, un coin bibliothèque et des canapés.

Ce ne sera donc pas seulement un lieu pour entreposer ses affaires ?

G. F. : Il y a une vraie démarche d’insertion derrière ce projet. D’abord, dans le fonctionnement interne, nous avons choisi d’œuvrer main dans la main. Par exemple, le conseil d’administration est composé à parité de personnes « avec domicile fixe » et de sans. Ensuite, ce sera très diffèrent du principe du hall de gare où l’on dépose son sac et on part. En plus des lieux conviviaux, nous installerons trois ordinateurs au sous-sol pour faire des recherches de travail. Mais surtout, nous sommes dans une logique de moyen terme. Les personnes de la rue nous seront envoyées par l’une des associations partenaires, comme la Croix-Rouge et la Société Saint-Vincent de Paul. Elles discerneront, en amont, parmi le public qu’elles côtoient, les gens de la rue qui ont besoin de la bagagerie. Nous espérons que l’usager qui bénéficiera d’un casier aura trouvé une solution stable dans les deux ans qui suivront son arrivée.

Propos recueillis par S. L.

Pour joindre la « bagagerie d’Antigel », contacter Guy François au gams@neuf.fr

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