Une journée dédiée aux plus pauvres

Le dimanche 19 novembre aura lieu la première édition de la Journée mondiale des pauvres, instituée par le pape François. Entretien avec Charles Gazeau, délégué épiscopal pour la solidarité.

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C’est lors du pèlerinage Fratello à Rome, en 2016, que le pape a annoncé l’institution de la Journée mondiale des pauvres.
© Pauline Quillon

Paris Notre-Dame – Comment est née cette journée ?

Charles Gazeau – Elle s’ancre dans ce que vivent des chrétiens avec des personnes qui ont des parcours de vie cassés. Étienne Villemain, cofondateur, à Paris, de l’Association pour l’amitié et de Lazare, est un de ces chrétiens. Lorsqu’il a soufflé au pape François l’idée d’une Journée mondiale des pauvres, lors du pèlerinage Fratello à Rome – avec des personnes en situation de précarité et des bénévoles –, cette proposition a fait rapidement son chemin dans le cœur du Saint-Père puisque, quelques jours après, le dimanche 13 novembre 2016, il a annoncé qu’il instituerait cette journée.

P. N.-D. – Qui sont les « pauvres » auxquels elle est dédiée ?

C. G. – Elle s’adresse particulièrement aux plus blessés de la vie. Dans son message N’aimons pas en paroles, mais par des actes, publié le 13 juin dernier en vue de cette journée, le pape François écrit que la pauvreté a « mille visages ». Il énumère « la marginalisation », « la violence », « la privation de la liberté », etc. Cette sorte de litanie de la pauvreté est saisissante et, en fin de compte, renvoie à chacun d’entre nous. Le pape parle, par exemple, de « l’emprisonnement ». Ne sommes-nous pas chacun emprisonné dans des schémas et des préjugés ? Certaines pauvretés ne sont pas matérielles.

P. N.-D. – Quelle est l’objectif de cette journée ?

C. G. – C’est un appel à changer de logiciel pour mettre les plus pauvres au cœur de nos communautés chrétiennes, pour respecter leur dignité, pour reconnaître leur personnalité et leurs richesses. Le but est avant tout de susciter des occasions de rencontre avec eux. Il ne faut pas leur voler cette journée, mais les inclure dans sa préparation. Dans cet esprit, le Vicariat pour la solidarité a réuni un groupe de travail qui incluait des personnes en difficulté. De ces échanges, nous avons tiré deux orientations : « Sensibiliser pour convertir les cœurs, se reconnaître comme frères », et « Rencontrer pour partager, servir le frère ». Nous avons listé des propositions possibles (partager une page d’Évangile, un repas, une sortie culturelle, etc.), et des pièges à éviter (ne pas se limiter aux personnes qu’on voit, ne pas faire à leur place, ne pas se limiter à des actions ponctuelles ou éphémères, etc.). À chaque paroisse, ensuite, d’inventer des actions adaptées à son charisme et à ses possibilités. L’important est de le vivre de façon authentique. L’enjeu, me semble-t-il, est de considérer les pauvres comme un atout majeur de l’Évangile. Laissons-nous évangéliser personnellement et collectivement par les plus petits que le Christ désigne comme nos frères.

Outils de réflexion et pistes pour agir :
www.vivrelacharite.fr

Propos recueillis par Céline Marcon

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