Une nation a besoin de symboles pour se rassembler

Après les attentats des 7 et 9 janvier, la place de la République était devenue un lieu de rassemblement. Après ceux du 13 novembre, elle est devenue un lieu de recueillement. Sans que cela soit organisé, de nombreuses personnes sont venues sur les lieux des attentats et aux pieds de la statue de la République pour y déposer des fleurs et des bougies. Nombre d’entre elles refuseraient de parler de prière, se reconnaissant un temps seulement dans le hashtag #PrayForParis, et lui préférant le hashtag #EnMémoire.

Pourtant, après la manifestation de dimanche dernier, au cours de laquelle des fleurs et des bougies ont été abimées, plusieurs personnes ont parlé de « sanctuaire » et de « profanation ». Un vocabulaire habituellement réservé aux lieux de culte ou de mémoire, comme les monuments aux morts. Face à des événements particulièrement éprouvants, les hommes ressentent le besoin de se rassembler. C’est ainsi que les symboles de la Nation retrouvent leur sens : le drapeau tricolore aux fenêtres, la Marseillaise chantée à plein cœur.

Honorer les morts est une démarche religieuse profondément ancrée dans le cœur des hommes. Elle est très personnelle, mais on ressent le besoin de la faire avec d’autres, fussent-ils des inconnus avec lesquels on partage ce moment. Il y a une communion, à la fois subjective, par les sentiments qui animent ceux qui sont rassemblés, et aussi objective, à travers les gestes qui sont posés. Déposer des fleurs et des bougies devient le geste rituel par lequel les hommes communient entre eux, mais peut-être aussi à une réalité plus grande qu’eux.

Père Stéphane-Paul BENTZ
Éditorial du 6 décembre 2015

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