Une reprise des messes, dans le respect des mesures barrières

Après plus de deux mois sans célébrations, les catholiques ont pu retourner à la messe, dès le 23 mai. La décision du gouvernement fait suite à l’ordonnance du Conseil d’État demandant la levée de l’interdiction de réunion dans les lieux de culte. Les fidèles peuvent à nouveau se réunir, dans le respect strict des règles sanitaires, que nous détaille Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris et vicaire général.

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Mgr Denis Jachiet est évêque auxiliaire du diocèse de Paris.
© Yannick Boschat

Paris Notre-Dame – Le 18 mai dernier, le Conseil d’État rendait une décision ordonnant au gouvernement que soit levée l’interdiction générale des célébrations religieuses dans les lieux de culte. Votre réaction d’abord à cette décision ?

Mgr Denis Jachiet – Nous nous réjouissons qu’un principe fondamental comme celui de liberté de culte ait été réaffirmé, notifiant en particulier que ce principe comporte le droit de participer collectivement à des cérémonies dans les lieux de culte. Certains affirmaient que la liberté de culte était respectée dans la mesure où chacun pouvait prier chez soi. Ceci n’est pas juste. Prier chez soi ne suffit pas. Il ne s’agit pas ici d’une demande particulière émanant de certaines personnes, mais bien d’un principe général de notre société. Il faut rappeler que la vie spirituelle et la vie religieuse ne sont pas un à côté, qu’on pourrait ranger parmi les activités de loisirs. Il ne s’agit pas d’un confort de vie, mais d’une des composantes fondamentales de l’être humain, qu’il faut pouvoir honorer dans la mesure où cela ne met pas en danger la vie de nos concitoyens.

P. N.-D. – Dans quelles conditions les paroisses parisiennes vont pouvoir accueillir à nouveau leurs fidèles tout en respectant les mesures de sécurité sanitaire ?

D. J. – Dans le diocèse de Paris, nous avons déjà édicté un certain nombre de consignes, transmises aux curés. Elles pourront être détaillées, voire amendées en fonction des décrets gouvernementaux et des prescriptions que donneront les autorités scientifiques et politiques. Nous avons demandé en particulier que le port du masque soit rendu obligatoire dans les églises ; que la distribution de gel hydro alcoolique à l’entrée soit systématique ; que soit respecté le nombre de personnes autorisé – au moins quatre mètres carrés par personne. Mais aussi que la distance physique entre chacun soit d’un mètre cinquante au minimum. Nous avons également souhaité qu’il n’y ait plus de chorale, car les études montrent que le rassemblement de personnes chantant à gorge déployée peut être un facteur de risques. Et nous avons évidemment porté une grande attention à la communion, en demandant à ceux qui la distribuent de se laver les mains au gel hydro-alcoolique, de porter un masque, et de la donner dans la main, de façon à ce qu’il n’y ait pas de risque de transmission.

P. N.-D. – Qu’attendez-vous des fidèles parisiens ?

D. J. – Depuis deux mois maintenant, les fidèles parisiens vivent avec cette épidémie, et les gestes barrières sont parfaitement intégrés dans leur vie quotidienne. Pour rappeler ces règles, des affiches sont apposées dans les églises et un petit comité d’accueil installé à l’entrée… Le célébrant guidera aussi les fidèles, en leur demandant de ne pas se précipiter à la communion, ni de s’attrouper à la sortie de la messe…
À Paris, le lancement de l’application LaMesse permettra aux fidèles de ne pas trouver portes closes, faute de places. Toutes ces règles ne doivent pas être vécues comme une contrainte, mais bien comme une manière de mettre en œuvre le soin de l’autre. Ces gestes posés ne sont pas simplement une discipline extérieure, ils sont une marque d’attention pour les personnes les plus fragiles. Il faut inviter chacun à être responsable vis-à-vis de sa propre santé et vis-à-vis de celle des autres.

Propos recueillis par Priscilia de Selve @Sarran39

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