Vers Noël (Saint Augustin)

« Mon âme languit après ton salut, c’est-à-dire dans son attente. Heureuse faiblesse, où se marque le désir du bien non encore obtenu, certes, mais passionnément convoité ! Á qui donc reviennent ces paroles, sinon, depuis les origines de l’humanité jusqu’à la fin des siècles, à la race élue, au sacerdoce royal, au peuple acquis, à tout homme qui, sur cette terre et avec son temps, a vécu, vit ou vivra dans le désir du Christ ? »

"Mon âme languit après ton salut", c’est-à-dire dans son attente. Heureuse faiblesse, où se marque le désir du bien non encore obtenu, certes, mais passionnément convoité ! Á qui donc reviennent ces paroles, sinon, depuis les origines de l’humanité jusqu’à la fin des siècles, à la race élue, au sacerdoce royal, au peuple acquis, à tout homme qui, sur cette terre et avec son temps, a vécu, vit ou vivra dans le désir du Christ ?

Le témoin de cette attente, c’est le saint vieillard Siméon, qui s’écrie en le recevant dans ses bras : « Maintenant, Seigneur, tu peux selon ta parole laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, car mes yeux ont vu ton salut ». Car « il lui avait été révélé par l’Esprit Saint qu’il ne goûterait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur ». Le désir de ce vieillard est, selon notre foi, celui de tous les saints des époques antérieures. Aussi le Seigneur lui-même disait-il à ses disciples : « Bien des prophètes et des rois ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu. » Ils doivent donc, eux aussi, être comptés parmi ceux qui chantent : « Mon âme languit après ton salut. »

Jamais alors ne s’est apaisé ce désir des saints, et jamais désormais il ne s’apaise dans le Corps du Christ, son Église, jusqu’à la consommation des siècles, jusqu’à ce que vienne « le Désiré de toutes les nations » promis par le prophète. Aussi Paul peut-il écrire : « Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, que le Seigneur me donnera en ce jour-là, lui le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui aiment sa manifestation. » Le désir dont nous parlons vient de ce qu’on aime la manifestation du Christ, et c’est d’elle que Paul dit encore : « Quand le Christ apparaîtra, lui qui est notre vie, alors vous aussi vous apparaîtrez avec lui dans la gloire. »

L’Église dans les premiers temps, avant l’enfantement de la Vierge, a compté des saints qui désiraient la venue du Christ dans la chair. Dans les temps où nous sommes depuis l’Ascension, la même Église compte d’autres saints, qui désirent la manifestation du Christ pour juger les vivants et les morts. Jamais, depuis le début jusqu’à la fin des temps, cette attente de l’Église n’a connu le moindre arrêt, si ce n’est durant la période où le Seigneur a vécu sur terre en compagnie de ses disciples. Et ainsi, c’est le Corps du Christ tout entier, gémissant en cette vie, qu’il convient d’entendre chanter dans le psaume : « Mon âme languit après ton salut, j’espère en ta parole. » Sa parole, c’est la promesse, et l’espérance permet d’attendre dans la patience ce que les croyants ne voient pas.
St Augustin, évêque d’Hippone (354-430)

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