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Visiter Notre-Dame « hors-les-murs »

Les visites des guides CASA ont repris aux abords de Notre-Dame de Paris. S’il est impossible d’entrer dans l’édifice en cours de sécurisation, l’association propose un tour adapté, en extérieur, pour la plus grande satisfaction de nombreuses personnes cherchant à prendre des nouvelles de « leur » grande brûlée.

© Laurence Faure

L’antique rue Neuve-Notre- Dame se dessine sous les pieds des visiteurs, sur les pavés du parvis de la cathédrale parisienne, décrite par une guide de l’association CASA [1]. Ce lundi, la pluie et le vent n’ont pas arrêté cette habitante de Toulon (Var) de passage à Paris. Ni cette bordelaise qui souhaite y emmener ses petits-enfants. Ou cette jeune femme venue de Dijon, en formation à Paris ; et puis cette autre dame qui a un peu de temps pour une découverte « hors-les-murs ». Car après l’arrêt forcé de leur activité à cause de l’incendie, les 120 guides bénévoles multilingues de CASA à Notre-Dame, ont repris du service autrement, proposant un tour extérieur de la cathédrale. Depuis l’été 2020, ils guident les visiteurs autour de Notre-Dame, en partant de la copie de la Vierge du pilier, installée à droite du parvis. La guide ce jour-là, Charlotte, 22 ans, étudie en master de sciences politiques et est élève à l’École du Louvre. Habituée des visites CASA l’été, elle a repris son badge en arrivant à Paris à la rentrée. « Je reçois cinq à neuf personnes à chaque visite, explique-t-elle. Beaucoup souhaitent prendre des nouvelles du chantier. Ce sont des gens qui se promènent alentours, qui ont à faire dans le quartier, qui sont tombés sur notre site internet… » De fait, dès leur arrivée au pied de la Vierge, les questions fusent : « Et l’échafaudage ? » ; « La flèche sera-t-elle construite à l’identique ? » ; « Est-ce qu’on peut entrer ? » ; « Où peut- on prier ? » La dame venue de Toulon n’avait pas revu Notre-Dame depuis l’incendie : « En voyant les images à la télévision, mon cœur a fait boum. J’étais venue ici pour les 6 ans de ma fille, puis les 10 ans. Et là, entre deux missions professionnelles, j’ai éprouvé le besoin de la voir… En tout cas, la vieille dame est toujours là, solide, elle va encore en montrer à plus d’un ! » Charlotte, sourire aux lèvres deviné derrière le masque, ne perd pas de vue sa mission : l’accueil. « Nous sommes un peu la personne que l’on ne s’attend pas à trouver sur le site, glisse-t-elle. L’idée est de transmettre ses quelques connaissances et de partager sur ce qui inspire l’art et l’architecture ici : la foi chrétienne, dans un dialogue mutuel. C’est un lieu de culte millénaire, il y a quelque chose de fort derrière. » C’est ainsi que, grâce à la fascinante pédagogie catéchétique de la façade préservée, des notions théologiques complexes, comme celles de l’Incarnation (représentée par la rose centrale de la façade ouest, symbole du divin, enchevêtrée dans une forme carrée, symbole du monde humain), de l’Assomption de la Vierge Marie (portail de la Vierge), ou du Jugement dernier, sont explorées, l’air de rien. La lumière comme « manifestation de l’invisible », la parabole des vierges sages et des vierges folles, font sourire, s’étonner, réagir le petit groupe, rejoint par un couple, tous pendus aux lèvres de l’étudiante. Cette dernière maniant, à l’aise, les mille détails des symboles médiévaux sculptés sur les trois portails principaux, représentés en photo sur les palissades du parvis… lui-même symbolique, « espace de transition entre le monde des hommes et le monde de Dieu ».

Laurence Faure @LauFaur

[1Communautés d’accueil dans les sites artistiques. Visites en français tous les jours à 14h30, au départ de la Vierge du pilier, sur le parvis de N.-D. de Paris. Pour les groupes : guidecasa.com

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