Visiter une église, un parcours initiatique.

17 et 18 septembre 2011

Prolongeant des vacances qui nous ont souvent permis de faire de beaux voyages et de découvrir des contrées lointaines, le Ministre de la Culture met les Journées européennes du patrimoine 2011 sous le signe du « voyage du patrimoine ».

Pour ce qui concerne nos églises, on n’aura pas de mal à mettre en évidence la multiplicité des échanges d’idées, de spiritualités, d’artistes, de techniques qui ont donné naissance aux œuvres d’art patrimoniales : les bâtiments, les peintures, les sculptures, les vitraux, le mobilier et les objets religieux qui les ornent.

Mais c’est un autre voyage que nos guides bénévoles proposent surtout aux différents publics qui entrent, soit par curiosité, soit poussés par le désir, vague ou profond, de faire une rencontre. Depuis le parvis, espace de transition avec la ville, sorte de sas de décompression, le visiteur franchit un seuil qu’il peut passer négligemment, comme on entre dans n’importe quel espace public, ou avec le sentiment qu’il pénètre dans un monde autre. C’est à un parcours initiatique que le visiteur se prêtera s’il veut percevoir le génie du lieu.

Saint-Bernard de la ChapelleOn lui montrera d’abord, près de la porte, la cuve baptismale, toujours un peu humide à cause de sa position au nord, lieu de naissance et de ressourcement des chrétiens de la paroisse depuis sa fondation, souvent très ancienne : le cierge pascal y figure le Christ ressuscité.

Il s’habituera ensuite progressivement à la pénombre et à la température, aux volumes qui s’imbriquent de manière plus ou moins complexe, à la lumière filtrée par les vitraux, aux couleurs qui varient selon les heures, à l’odeur aussi, très particulière, et il déambulera de chapelle en chapelle, découvrant l’histoire des saints, ces hommes et ces femmes qui ont amené avec eux, de pays souvent lointains, la foi au Christ, et ainsi édifié au fil du temps, l’Eglise locale, la communauté et le bâtiment qui l’abrite.

Les images de l’Annonciation, de la Visitation, de la Nativité, celles de la Passion avec le grand Crucifix égrèneront les étapes de la vie de chacun des visiteurs comme elles racontent celles de Marie et de Jésus. C’est une parole secrète et familière qu’ils entendront bruire sur les murs et sous les voûtes, doucement, comme Elie à l’Horeb découvre la présence de Dieu dans le silence d’un souffle ténu.

Saint-Nicolas-des-ChampsIls découvriront alors que toute cette aventure si humaine et déjà divine est consignée dans le livre de la parole de Dieu posé sur l’ambon pour être ouvert et lu en public. Ils imagineront la foule rassemblée autour de l’Evangile – les chaises sont là pour en témoigner – se lever ensuite pour acclamer Dieu et lui rendre grâce autour de l’autel pour son amour et le salut qu’il donne à tous.

Ayant contemplé la grande « gloire » lumineuse brillant en haut du chœur pour signifier l’attente du Christ récapitulant les temps et les mondes à la fin de l’Histoire, le visiteur se retournera et descendra lentement les travées d’une longue nef – un bateau– pour se retrouver tout ébloui à la porte, étonné de se sentir si différent de ce qu’il était en entrant. Le « voyage » n’aura pas été long, mais mieux qu’un discours, ce parcours l’aura initié aux beautés secrètes d’un bâtiment qui n’est public que pour mieux permettre à chacun d’y appareiller.

Isabelle Renaud-Chamska

Saint-Nicolas -des-Champs. Photos ACF-P © MB (DR)
Baptistère de Saint-Bernard de La Chapelle. Photo ACF-P© FdeF (DR)

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse