Vivre en chrétien après les attentats

Souvent déconnectés de l’actualité et portés par un climat de joie pendant les JMJ, les jeunes ont trouvé, à leur retour, une France pleine de tensions, après les attentats de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray. L’expérience vécue à Cracovie leur a donné des pistes pour ne pas céder à la peur.

Des jeunes du groupe Stanislas pendant la veillée.
Des jeunes du groupe Stanislas pendant la veillée.
© Gwénola de Coutard

« Les JMJ, c’était beaucoup d’amour, de solidarité. Le contraste a été rude lorsque nous sommes rentrés en France » raconte Lauren, 24 ans, en faisant la relecture de ses JMJ, vécues avec le groupe de St-Lambert de Vaugirard (15e). Bouleversée par l’assassinat du P. Jacques Hamel le 26 juillet, elle s’est réjouie de voir, à son retour, des reportages montrant des chrétiens et des musulmans priant côte à côte. « Je ne veux pas tomber dans le piège de la division que nous tend Daesh. Être chrétienne signifie que j’ai un devoir apaisement, un devoir de me laisser inspirer par le regard de Dieu, pour chercher à connaître l’autre sans m’enfermer dans des préjugés » estime la jeune fille, qui formule le souhait de voir un jour s’organiser « des JMJ pas seulement entre catholiques, mais entre jeunes croyants de toutes les religions ». En s’inscrivant aux JMJ avec le groupe du Quartier latin, Walid, un musulman de 22 ans, a devancé son rêve. Originaire d’Algérie, il se dit « assoiffé de la diversité religieuse » qui manque à ce pays, si bien qu’il fréquente l’aumônerie de Jussieu. Pour lui, « le vivre-ensemble est le remède contre l’intégrisme ».

Autre remède à la tension, cité par Henri, 34 ans : « la joie, qui se partage ». Venu avec Cort&Passy, il a été marqué par « la force de prière » dégagée après le choc de l’assassinat du P. Hamel… « On a prié pour notre pays, ce qui est assez nouveau pour nous. Le vendredi qui suivait, certains se sont abstenus de sortir faire la fête, en signe de jeûne » raconte-t-il. Nombreux sont les jeunes qui disent se sentir plus que jamais solidaires des chrétiens d’Orient, comme Victor et Victoire, 20 ans, de St-Honoré d’Eylau (16e), qui refusent de se laisser paralyser par la crainte des attentats, forcément imprévisibles. « En Pologne, notre “arme” la plus efficace contre le doute et la peur, c’était l’enthousiasme que chacun entretenait pour l’autre, résume Julie, 19 ans, de la Compagnie des Laveurs de Pieds. Avoir trouvé la paix aux JMJ en compagnie de millions de jeunes catholiques, c’est bien ; maintenant, il faut la trouver chez nous. Je pense qu’il faut respecter cette parole d’Évangile : “N’ayez pas peur”. Pas pour fanfaronner, prétendre qu’on n’a pas mal et continuer notre vie comme si de rien n’était. Mais vraiment pour continuer à vivre notre foi et à répandre le message d’amour du Christ. Notre responsabilité, c’est de prier pour la paix et d’être attentifs à la vie politique de notre pays et du monde, surtout en cette veille d’élections. » • Gwénola de Coutard

Ce qu’a dit le pape François

Extrait du message du pape François à la veillée samedi 30 juillet.

« Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité, elle s’appelle lien fraternel, elle s’appelle communion, elle s’appelle famille. »

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