• Archevêché de Paris
  • Services diocésains
  • Annuaire ordo
  • Annuaire Étoile du Berger

  • Horaires de messes
  • Denier - Don en ligne

  • Le flux RSS du diocèse de Paris
  • Le diocèse de Paris sur Facebook
  • Le diocèse de Paris sur Twitter
  • Le diocèse de Paris sur Google +
  • Le diocèse de Paris sur YouTube

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Messe à St Roch - 3e dimanche de l’Avent - Année C

Dimanche 16 décembre 2012 - St Roch (Paris I)

- So 3, 14-18 ; Is 12, 2.4-6 ; Ph 4, 4-7 ; Lc 3, 10-18

Frères et Sœurs,

Un appel nous est adressé à travers les lectures de ce jour, que ce soit dans le livre de Sophonie : « Pousse des cris de joie, Fille de Sion » (Soph 3, 14), ou dans l’épître de Paul aux Philippiens : « soyez toujours dans la joie du Seigneur » (Ph 4, 4). « Soyez dans la joie » ! Cet appel nous provoque à une réflexion difficile, alors que nous avons appris le drame qui a frappé hier des enfants d’une l’école primaire à Newtown (Connecticut) aux États-Unis. Comment pourrions-nous intégrer des événements aussi douloureux, aussi cruels, tout en répondant à cet appel de l’Écriture d’être toujours dans la joie ? Évidemment nous partageons la peine de ces parents qui ont perdu leurs enfants, et en même temps, nous sommes confrontés par toutes sortes de manières, chacun dans notre propre vie, à des situations douloureuses, à des accidents, à des malheurs. Comment pouvons-nous demeurer toujours dans la joie à travers les difficultés de cette vie et les accidents de l’existence, parfois à travers les drames qui nous frappent ? C’est une véritable épreuve de la foi. Nous sommes obligés d’affronter les difficultés, non pas simplement au niveau des sentiments, mais aussi au niveau de la foi dans la venue du Christ et dans le salut qu’il apporte. « Tout le peuple était dans l’attente » nous dit l’évangile (Lc 3, 15), et Jésus annonçait à ce peuple la Bonne nouvelle de la venue du Sauveur.

On entend souvent cette question : comment les chrétiens rendent-ils témoignage à l’Évangile à travers leur existence ? On imagine parfois qu’ils devraient entreprendre des actions extraordinaires de manière à stupéfier le monde et accrocher l’attention, car notre culture médiatique a toujours besoin d’événements exceptionnels ! Comment les chrétiens peuvent-ils donc rendre témoignage à l’Évangile ? Que doivent-ils faire d’extraordinaire ? Vous avez entendu la question adressée à Jean-Baptiste par les foules qui venaient l’écouter et recevoir de lui l’annonce de la venue du Christ. Peut-être aurez-vous été surpris des réponses de Jean-Baptiste ? Il ne leur demande pas de faire des choses extraordinaires, il ne leur demande pas d’accomplir des signes inimaginables, il leur demande simplement de vivre honnêtement. Il leur demande de respecter les données les plus élémentaires de la morale, de partager avec ceux qui ont faim, de ne pas demander plus que ce qui est dû, de ne pas faire violence ni tort à personne, de se contenter de ce qu’ils ont. Des choses très simples qui deviennent significatives parce qu’elles sont vécues dans un contexte où trop souvent, malheureusement, les données élémentaires du bien et du mal ont disparu de la conscience commune !

Ce qui est demandé aux Chrétiens, ce qui est demandé à ceux qui veulent accueillir le Christ, c’est déjà cette conversion élémentaire de leur vie. Regardez comment nous vivons ! Regardez comment vous vivez ! Regardez sur quel point, vos choix, vos décisions, votre manière de vivre manquent à ces impératifs fondamentaux que sont le partage avec ceux qui sont dans le besoin, la justice dans les relations sociales, le respect des personnes qui nous entourent... Ces objectifs, s’ils sont mis en pratique, vont déjà susciter une question : pourquoi ces hommes et ces femmes ordinaires ne laissent-ils pas conduire leur vie par les critères habituels qui malheureusement dominent souvent les relations sociales : indifférence à l’égard de ceux qui sont dans le malheur, âpreté et volonté de gagner le plus possible, manque de respect à l’égard de ceux qui nous entourent par peur de manquer...

Voilà un premier signe important qui nous permet de comprendre que l’attente de la venue du Christ n’est pas simplement une attente indéfinie. C’est une attente qui se réalise très concrètement à travers notre manière de vivre. Mais cet appel à la conversion que Jean-Baptiste adresse à ses auditeurs n’est pas synonyme d’une sorte d’abdication ou de renoncement au bonheur ou à la joie. C’est au contraire une bonne nouvelle qui déjà remplit de joie ceux qui attendent la venue du Messie. Ils savent que celui qu’ils attendent va vraiment venir. Et c’est pourquoi, à travers les événements de leur existence et de l’histoire des hommes, ils ne retiennent pas seulement l’impression immédiate, le sentiment de bien-être ou de douleur, mais ils discernent plus profondément le signe du salut que Jésus apporte au monde. La possibilité nous est donnée de comprendre qu’à travers les épreuves, un signe nous est proposé, capable de transformer ce que nous vivons, non pas en une attente indéfinie mais en une certitude : le Christ vient au milieu de nous, « laissons éclater notre joie, Dieu est au milieu de nous » (Is 12).

Cette joie à laquelle Paul invite les Philippiens à travers son épître, prend une figure concrète : « le Seigneur est proche, ne soyez inquiets de rien mais, en toute circonstance, priez et suppliez dans l’action de grâce » (Ph 4, 6). C’est l’épreuve de la foi à laquelle nous sommes tous confrontés devant les circonstances de la vie : ne pas demeurer abattus et écrasés par les événements mais, au contraire nous appuyer sur ceux-ci pour prier et supplier avec confiance, pour vivre déjà dans l’action de grâce parce que nous savons que Dieu ne reste pas sourd à nos prières. Le Seigneur est proche, nous l’attendons et nous préparons sa venue en réajustant notre manière de vivre, en redressant ce qui est tordu, en abaissant les obstacles, comme nous le disait déjà l’Évangile de la semaine dernière, mais surtout en révisant les choix de nos vies à la lumière des indications que Jean-Baptiste donne à ceux qui viennent le consulter. Alors nous pouvons attendre dans la joie que le Christ vienne à notre rencontre et qu’Il nous accueille, comme nous sommes priés de l’accueillir et de le reconnaître. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Ce document vous intéresse ? Restez informé :

Voir aussi :