L’Église
Catholique
À Paris

Témoignages de vocations

À l’occasion de la Journée mondiale de prière pour les vocations, le Pape François rappelle les paroles du prophète Isaïe : « J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : “Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ?” Et j’ai répondu “Me voici : envoie moi.” » (Is 6, 6-8). À découvrir 5 témoignages de vocations religieuses et sacerdotales.

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54e Journée mondiale de prière pour les vocations
Dépliant réalisé par l’Œuvre des vocations

5 témoignages

L’Église prend soin de ses vocations

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Godefroy de Sevin
Séminariste pour le diocèse de Versailles (Yvelines). Actuellement en 2e année de second cycle.

Godefroy de Sevin, Séminariste pour le diocèse de Versailles (Yvelines). Actuellement en 2e année de second cycle

« Prêtre, pourquoi pas ? » Voilà une question que je ne m’étais jamais posée avant qu’elle ne vienne elle-même se proposer à moi. J’étais alors bien lancé dans mes études d’ingénieur travaux et m’apprêtais à entrer dans la vie professionnelle comme nombre de mes amis. Et c’est par mon engagement de chef scout que le Seigneur est passé : une joie intérieure tenace m’habitait quand j’essayais de faire grandir les jeunes qui m’étaient confiés, et l’attention particulière que j’avais pour leur croissance humaine s’est en quelque sorte retournée contre moi ! « L’arroseur arrosé » pourrait-on dire… ou plutôt l’expérience intime du don de soi comme lieu d’accomplissement personnel que j’ai pu vivre par ce service, et qui a réveillé en moi une question vocationnelle. Je dois reconnaître que je fus le premier surpris par un tel attrait ! Heureusement, j’ai pu rencontrer un prêtre qui m’a guidé avec patience et exigence pour faire mûrir ce questionnement à l’école de la prière, de la messe et du sacrement de réconciliation.

Voilà une chose importante que je pourrais recommander à un(e) jeune qui se pose la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : entoure-toi d’un père ou d’une mère spirituel, et suis la voie de l’Église car c’est elle qui conduit au Christ. Mais, avant tout, réjouis-toi ! Je lui dirais d’abord de rendre grâce ! Être attiré(e) par une vocation consacrée ou sacerdotale, c’est faire concrètement l’expérience que l’Esprit-Saint nous travaille au corps et dispose en nos cœurs un désir qui nous surprend. Alors, c’est bien du temps qu’il nous faut pour se familiariser avec ce désir, pour le jauger, l’éprouver, le laisser s’affermir : comme tout discernement, cette première étape nous fait prendre conscience qu’il va nous falloir laisser la volonté de Dieu prendre les rênes de sa propre vie. Et Dieu aime prendre son temps, c’est pourquoi il faut lui en donner ! L’accompagnement spirituel, les équipes vocations, les week-end de retraite, et enfin l’année de fondation spirituelle sont autant de moyens que l’Église nous offre pour mener ce désir à maturité. Qu’il est beau de voir l’Église prendre soin des éventuelles vocations qui sont en train de naître ! Car c’est bien toute l’Église qui m’a enfanté jusqu’à ce jour : ma famille comme église domestique, ma paroisse, les jeunes scouts, mon diocèse, mes formateurs, et tous les fidèles qui prient et donnent pour les séminaristes.

A présent, je suis en 2e année du cycle de théologie au Séminaire Français de Rome (4e année d’études) et je garde comme un précieux cadeau de l’Église mon année de fondation spirituelle : l’ancrage dans la prière qu’elle forge, l’intimité avec le Christ qu’elle tisse, et l’amitié fraternelle qu’elle construit avec les autres postulants sont autant de grâces irremplaçables. Ce sont ces mêmes grâces, fortifiées et développées par les années d’études, qui me donnent la joie et la certitude d’être, aujourd’hui, là où le Christ me veut pour son Église et pour le monde.

Comment suis-je devenu celui que je suis ?

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Père Cyrille Janssen
Ordonné le 27 juin 2015. Depuis septembre 2016 : vicaire à Notre-Dame de la Gare et aumônier étudiants des Grands Moulins (Paris)

Père Cyrille Janssen, ordonné le 27 juin 2015. Depuis septembre 2016 : vicaire à Notre-Dame de la Gare et aumônier étudiants des Grands Moulins (Paris)

Devenir prêtre ne s’improvise pas. Sur le chemin du discernement, les étapes sont nombreuses, variées et semblent parfois insignifiantes. Mais au fil des jours, Dieu et l’homme se rencontrent, se répondent et s’unissent. Ce parcours, bien des anecdotes pourraient l’illustrer. Mais au final, qu’y aurait-il à retenir ? Comme tout baptisé, c’est en réalité le même appel qui nous est adressé : la sainteté ! Alors que Dieu nous y appelle d’une manière ou d’une autre, c’est dans l’abandon à sa grâce qu’il est possible de dire « je le veux » ; car, au fond, le seul enjeu qui vaille c’est la gloire de Dieu.

Né dans une famille chrétienne, c’est dans ce terreau nourri par le scoutisme, la messe dominicale et des témoignages chrétiens qu’a germé ma vocation de baptisé puis de prêtre. Après le bac, mes études marquèrent un tournant dans mon cheminement : joies éphémères, tempêtes violentes et silences parfois rageants de Dieu m’éprouvèrent mais, dans le même temps, miséricorde infinie, fidélité divine et intervention providentielle me relevèrent. Peu à peu, ma liberté s’ouvrit ainsi à l’appel de Dieu jusqu’à consentir à ce que mon cœur avait entendu depuis longtemps sans parvenir à l’accueillir pleinement.

Le séminaire fut fécond : ma prière s’enracina dans la Parole de Dieu et la vie des saints ; ma foi se fortifia en dialoguant avec la raison, et mon désir d’aimer et de servir le Christ et son Église s’amplifia dans le service des pauvres, des jeunes et des prisonniers.

Grâce à la Providence, je fus ordonné le jour anniversaire de ma première communion. Beau clin d’œil de la part de ce Dieu qui se donne entièrement dans l’Eucharistie et qui voulut associer l’offrande de ma vie à son si grand mystère. Conscient d’avoir reçu gratuitement, j’ai aujourd’hui à cœur de donner sans compter. Mais ces premiers mois de ministère m’enseignent que seul le temps de Dieu compte. Être prêtre, c’est humblement se laisser faire, pour simplement être au Christ. Puisque désormais c’est Lui qui habite en moi, alors que tout se fasse « par Lui, avec Lui et en Lui » selon sa volonté.

Au service de l’appel du Seigneur

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Père Emmanuel Goulard
Ordonné prêtre le 24 juin 2004. Depuis septembre 2016 : supérieur du Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)

Père Emmanuel Goulard, Ordonné prêtre le 24 juin 2004. Depuis septembre 2016 : supérieur du Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)

Né dans une famille croyante du Tarn, je garde en mémoire les temps de prière vécus en famille : ils m’ont permis de découvrir cette présence du Seigneur au quotidien. Lors de ma confirmation, j’ai choisi d’être croyant et d’en témoigner simplement. Aidé par la pédagogie du MEJ (Mouvement Eucharistique des Jeunes), j’ai été accompagné par un prêtre. Je dois beaucoup à cette grâce de l’accompagnement spirituel : s’arrêter régulièrement pour écouter et discerner les appels du Seigneur et s’en ouvrir à une tierce personne aide à progresser. Après une année de discernement à Lourdes, je suis rentré à 19 ans au séminaire de Toulouse où j’ai découvert avec joie ces études de philosophie et de théologie ; et par la pratique de l’oraison, j’ai approfondi ma vie spirituelle.

Puis, je suis parti pour trois ans en Amazonie auprès de jeunes défavorisés. La rencontre avec la pauvreté, la souffrance et la découverte d’une autre culture furent sources de maturation humaine et spirituelle.

Après un cycle de théologie et des études bibliques à Rome, j’ai été ordonné prêtre le 24 juin 2001 : moment de grâce où j’ai pris conscience à la fois du don gratuit de Dieu et de ma pauvreté personnelle. Après six années comme vicaire dans une paroisse tarnaise, je suis devenu formateur au séminaire de Toulouse. Par les cours, l’accompagnement spirituel et les échanges, j’encourage les séminaristes à donner une réponse libre et mature à l’appel du Seigneur. Désireux de m’investir dans cette mission et de prendre appui sur une tradition, j’ai demandé à entrer dans la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice.

En septembre dernier, j’ai été nommé supérieur du séminaire d’Issy-les-Moulineaux. Je suis touché par la confiance qui m’est faite : confiance des évêques qui nous confient la formation de leurs candidats et confiance des séminaristes qui remettent leur vie au Seigneur par l’intermédiaire de l’Église. Quand un séminariste me fait part de son parcours, je perçois l’œuvre du Seigneur dans un cœur humain qui à un moment donné, décide de coopérer à l’action divine et de donner suite à l’appel divin.

Chaque jour un pas à sa suite

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Sœur Cécile de Jésus-Alliance
Carmélite depuis 1995 au Carmel de Montmartre (Paris)

Sœur Cécile de Jésus-Alliance, Carmélite depuis 1995 au Carmel de Montmartre (Paris)

Le Seigneur m’a fait entendre son appel alors que j’étais enfant. J’aimais passer du temps assise devant la mer, le ciel ou tout simplement un petit coin de ville. Vers douze ans, à Noël, j’étais vraiment lassée de la fête familiale avec les cadeaux, je cherchais davantage ; la nuit même, j’ai sommé Dieu de me dire, s’il existait, qui il était vraiment. J’ai senti au fond de mon cœur qu’il était comme un abîme d’humilité et de liberté. La Bible devint pour moi une présence vivante. Peu après je découvrais les écrits d’une jeune carmélite, Élisabeth de la Trinité : « C’est cela ! ». Étudiante en sciences, j’ai approfondi la prière tout en découvrant beaucoup de voies qui m’attiraient. Mon désir d’être carmélite n’était-il pas un rêve enfantin, une illusion ? Je devins amie fidèle à l’Arche de Jean Vanier et les personnes avec un handicap mental m’ont manifesté Jésus en ce monde. Je reçus la confirmation à vingt ans comme une force immense de l’Esprit Saint en moi. Un père spirituel jésuite et une retraite selon les Exercices de saint Ignace m’ont permis de confirmer mon « oui ». Je franchis à 26 ans la porte du carmel de Montmartre.

Ma formation y a été marquée par les étapes d’engagement : le jour où j’ai reçu l’habit, j’entrai au noviciat et commençai le chemin avec mon « nom nouveau » : Jésus-Alliance ; le jour de mes premiers vœux pour trois ans puis le jour de la profession solennelle, le « oui pour toujours ». Des jours d’une joie extraordinaire, nourrissante. Aujourd’hui, je sais que le Seigneur nous demande chaque jour un « oui », chaque jour un pas à sa suite. Je suis encore au début du chemin.

A un jeune qui se pose la question de la vocation, j’aimerais dire : « Écoute ! Écoute en toi, au fond de ton cœur, le désir qui t’habite, que tu as vraiment envie de suivre. Le Seigneur respecte tellement notre liberté qu’il n’impose rien, il propose… Une fois que tu auras choisi, tiens bon dans le sillon où tu seras pour porter du fruit. Le chemin d’une vie humaine est parfois rude, parsemé d’épreuves, d’embûches. Le Seigneur ne nous promet pas une vie facile, il nous promet qu’il sera avec nous tous les jours et nous transformera en Lui peu à peu. »

Un « oui » qui résonne avec tant Je dois d’autres « oui »

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Sœur Chantal Arnaud
Sœur xavière, 10 ans de vie religieuse, 4 ans responsable de l’aumônerie de la maison Jeanne Garnier (Paris)

Sœur Chantal Arnaud, sœur xavière, 10 ans de vie religieuse, 4 ans responsable de l’aumônerie de la maison Jeanne Garnier (Paris)

Quel a été votre cheminement avant votre « oui » ?

Je suis entrée à La Xavière à la veille de mes 40 ans. Pour moi, le chemin a été long avant de trouver la terre où le Seigneur désirait me faire grandir. Il a fallu désenfouir ce désir de Dieu présent au fond de moi et trouver des personnes pour cheminer. Alors j’ai pu me laisser déplacer par le souffle de l’Esprit…

Comment avez-vous vécu votre journée d’engagement ?

Le jour où j’ai dit « oui pour toujours », je me suis sentie portée par ma communauté, mais aussi par l’Église et notamment par l’assemblée dominicale présente. Mon « oui » venait résonner avec tant d’autres « oui » : ceux de mes sœurs en religion, de mes amis mariés ainsi qu’avec tous les « oui » qui traversent l’histoire biblique et l’histoire de l’humanité. Un « oui » à la suite du Christ s’ajoutant à d’autres « oui » passés et à venir.

Comment vivez-vous votre vocation aujourd’hui ?

Après dix ans de vie religieuse, mon désir d’être passionnée du monde et de Dieu, de le servir à travers ceux que je rencontre est toujours aussi intense. Cela continue d’être un chemin où je découvre chaque jour la richesse de la vie religieuse. Au cœur des relations humaines, les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance tout comme la Parole de Dieu prennent chaque jour davantage chair.

Depuis plus de trois ans, je suis responsable de l’aumônerie de la maison médicale Jeanne Garnier. Un lieu où les mots « vie, chemin et vérité » sont concrètement présents ; où je suis témoin de l’œuvre de Dieu chez celui que je rencontre ; où, par ma simple présence, j’espère manifester la bonté, la bienveillance, l’amour du Père qui a envoyé son Fils pour nous sauver ; où j’accueille cette part de mystère de l’autre et découvre toujours davantage la grandeur du mystère de la foi, la dimension eucharistique de chaque vie et de ce don sans limite qui nous est offert.

Que diriez-vous à un jeune qui se pose la question de la vocation religieuse ou sacerdotale ?

Je commencerais par lui poser une question : « Es-tu heureux avec ce questionnement ? ». Car Dieu nous désire fondamentalement heureux ! Et ensuite « va, ne crains pas, fais lui confiance, quel que soit le lieu où cela te conduira, c’est un chemin de vie… à l’écoute de sa Parole »

Faire un don pour les séminaristes

« Votre don permet à nos jeunes de discerner leur vocation et de se préparer à répondre “oui” à l’appel du Christ. Il permet aussi à nos séminaristes d’Île-de-France de suivre une formation théologique, humaine et spirituelle solide qui les prépare à être au service du Christ et de son peuple. »
Mgr Jérôme Beau,
Directeur de l’Œuvre des Vocations, Évêque auxiliaire de Paris

L’Œuvre des Vocations a pour mission de financer la formation des séminaristes d’Île-de-France et de soutenir la pastorale des vocations.

- Faire un don.

Message 2017 du pape François pour la 54e Journée mondiale de prière pour les vocations

Extrait.

Chers frères et sœurs,

Au cours des années passées, nous avons eu l’occasion de réfléchir sur deux aspects qui concernent la vocation chrétienne : l’invitation à ‘‘sortir de soi’’ pour se mettre à l’écoute de la voix du Seigneur et l’importance de la communauté ecclésiale en tant que lieu privilégié où l’appel de Dieu naît, s’alimente et s’exprime.

À présent, à l’occasion de la 54ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, je voudrais m’arrêter sur la dimension missionnaire de l’appel chrétien. Celui qui s’est laissé attirer par la voix de Dieu et s’est mis à la suite de Jésus découvre bien vite en soi l’irrésistible désir de porter la Bonne Nouvelle à ses frères, à travers l’évangélisation et le service de la charité. Tous les chrétiens sont constitués missionnaires de l’Évangile ! Le disciple, en effet, ne reçoit pas le don de l’amour de Dieu pour une consolation privée ; il n’est pas appelé à porter lui-même ni à défendre les intérêts d’une entreprise ; il est simplement touché et transformé par la joie de se sentir aimé de Dieu et il ne peut pas garder cette expérience pour lui-même : « La joie de l’Évangile qui remplit la vie de la communauté des disciples est une joie missionnaire ». (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 21)

L’engagement missionnaire, par conséquent, n’est pas quelque chose qu’on va ajouter à la vie chrétienne, comme s’il s’agissait d’un ornement, mais au contraire, il est situé au cœur de la foi même : la relation avec le Seigneur implique le fait d’être envoyé dans le monde comme prophète de sa parole et témoin de son amour.

Même si nous expérimentons en nous beaucoup de fragilité et que nous pouvons parfois nous sentir découragés, nous devons élever la tête vers Dieu, sans nous laisser écraser par le sentiment d’inadéquation ou sans céder au pessimisme, qui fait de nous des spectateurs passifs d’une vie fatiguée et routinière. Il n’y a pas de place pour la crainte : c’est Dieu lui-même qui vient purifier nos ‘‘lèvres impures’’, en nous rendant aptes pour la mission : « Ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : ‘‘Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ?’’ Et j’ai répondu : ‘‘Me voici : envoie-moi !’’ » (Is 6, 6-8).

- Lire le message en intégralité

Prière pour les vocations

Père très bon,
dans le Christ ton Fils,
tu nous révèles ton amour,
tu nous embrasses comme tes fils
et tu nous offres la possibilité
de découvrir dans ta volonté
les traits de notre vrai visage.

Père saint,
tu nous appelles à être saints,
comme toi-même es saint.
Nous te prions de ne jamais cesser
de donner à ton Église
en Ile-de-France
des ministres et des apôtres saints
qui, par la parole et les sacrements,
ouvrent le chemin de la rencontre
avec toi.

Père saint,
donne-nous ces prêtres
dont nous avons tant besoin.

d’après une prière de
saint Jean-Paul II

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