L’Église
Catholique
À Paris

La communauté catholique portugaise, entre culte et culture

P. N.-D. – Comment décririez-vous votre communauté ?

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P. Nuno Filipe Fraga Aurelio, recteur du sanctuaire N.-D. de Fatima (19e).
© Guillaume Desanges

P. Nuno Filipe Fraga Aurelio - La plupart des fidèles qui fréquentent le sanctuaire de N.-D. de Fatima viennent de banlieue proche ou plus lointaine. Ils forment une « communauté » au service de l’Eglise de Paris, très vivante, spontanée, à l’image des Portugais. Ils sont environ un millier à la messe dominicale. 450 enfants sont inscrits à la catéchèse, et on compte dans la paroisse de nombreux lecteurs, une chorale, des servants de messe, trois groupes de jeunes, quatre équipes pour la décoration florale, etc. En semaine, la messe est en français, et le weekend, dans les deux langues. Quant à la catéchèse, elle s’appuie sur le programme de la Conférence des évêques du Portugal.

P. N.-D. – Comment concilier l’attachement de votre communauté aux traditions portugaises et son ancrage au sein du diocèse ?

P. Nuno Filipe Fraga Aurelio - La difficulté d’intégration culturelle est réelle. Ainsi, des jeunes n’avaient jamais visité le Louvre ou les églises parisiennes les plus emblématiques avant que je les y emmène. Le périphérique représente souvent une frontière. L’intégration ecclésiale prend alors toute son importance. Je suis heureux de voir que nous sommes présents dans les événements diocésains. Par exemple, aux Assises pour la mission, où nous avons participé à toutes les sessions, et à certaines activités du catéchisme. Plus récemment, nous étions nombreux avec les adolescents à participer aux ordinations à Notre-Dame où notre chorale a apporté une touche portugaise à ce bel événement.

P.N.-D. –N’y a-t-il pas un risque d’adopter une religion plus identitaire que personnelle et vivante ?

P. Nuno Filipe Fraga Aurelio - Culte et culture vont de pair…Parfois, on se sent moins à l’aise dans d’autres communautés catholiques que « chez nous ». Et il est certain que pour un Portugais francilien, se rendre à la messe en portugais à N.-D. de Fatima ne constitue pas la même démarche que d’aller à la paroisse « française ». C’est une façon de vivre l’identité culturelle portugaise, de maintenir les liens avec le pays. Alors comment faire ? En touchant, par delà notre expression portugaise qui s’exprime par le culte ou la culture, le noyau de la foi chrétienne qu’est l’adhésion personnelle au Christ et à son Église. On ne peut supposer la foi par la seule pratique religieuse. Le secret de la nouvelle évangélisation est de montrer la beauté, la nouveauté du Christ et la différence d’une vie marquée par Lui, sans en cacher l’exigence.

P. N.-D. – De quelle exigence s’agit-il ?

P. Nuno Filipe Fraga Aurelio - Il ne faut pas croire que nous gagnerons le coeur des hommes en abaissant l’exigence du message du Christ. Par exemple, en acceptant la première communion, la profession de foi ou la confirmation d’enfants absents la plupart du temps de la messe dominicale… Car chaque fois que nous baissons l’exigence, c’est l’envie de s’élever que nous abaissons. Et cette tentation qui a longtemps été présente dans beaucoup de pays occidentaux – la France incluse –, est de plus en plus partagée, me semble-t-il, au sein de la communauté portugaise, ici et au Portugal. • Propos recueillis par Guillaume Desanges

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