« C’est la nouvelle moisson qui arrive ! »

Les onze prêtres qui ont été ordonnés samedi dernier ont célébré, lundi 27 juin à 11h30, une messe auprès de leurs aînés à la maison de retraite Marie-Thérèse. Cette cérémonie émouvante manifestait l’amitié qui unit les membres du presbyterium parisien.

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Le P. Maxime de Montarnal, au milieu, préside la messe avec, à sa droite, le P. Bruno de Mas Latrie et, à sa gauche, le P. Maxime d’Arbaumont. © ÉLISABETH FEIGNEUX

« Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts ». C’est sur ces mots si durs que Bruno de Mas Latrie, devenu samedi dernier le P. Bruno de Mas Latrie, achève à la chapelle de la Maison Marie-Thérèse (14e) la lecture de l’Évangile du jour. Leur radicalité fait écho à la générosité des onze jeunes hommes présents qui ont
reçu, samedi 25 juin, le sacrement de l’ordre.

Ces mots parlent aussi de la générosité de la quinzaine des prêtres âgés présents, parfois très malades et en chaise roulante. En leur nom à tous, le P. Maxime d’Arbaumont, supérieur de la Maison Marie-Thérèse, salue chaleureusement « la relève qui arrive », à l’orée d’une messe qui se présente comme le signe que le sacerdoce est une mission transmise de génération en génération. Au milieu de ces hommes fatigués, les onze compagnons de séminaire, pleins de jeunesse et de santé, expriment ainsi avec force, par leur attitude recueillie, la permanence de la transmission sacerdotale.

Gestes assurés et priants

Le P. Maxime de Montarnal, pour sa part, préside la messe dans sa chasuble
dorée. Pour lui, ce n’est que la deuxième fois. Et pourtant, dans son attitude ou sa voix, rien ne trahit l’inédit, mais ses gestes assurés et priants donnent le sentiment qu’il est prêtre depuis toujours. Au moment de l’homélie, c’est le P. de Mas Latrie qui prêche, sur un ton libre et assuré (lire encadré) et l’assemblée, composée de religieuses, de familles des jeunes prêtres et des habitués de la Maison, unit sa prière à celle des prêtres qui concélèbrent l’eucharistie.

Un moment particulièrement touchant fut celui du signe de paix. Les vieux prêtres se sont rendus avec une joie visible vers leurs amis en fauteuil et vers les jeunes prêtres, pour une poignée de main ou une accolade. À l’issue de la messe, ils se sont tous retrouvés pour partager le repas. « Ils m’ont rappelé le jour de mon ordination », glisse le P. Patrice Vivarès, en chaise roulante. Cette messe fut marquante pour beaucoup d’entre d’eux, comme pour le P. Sébastien Coudroy, nouvellement ordonné, qui a été « impressionné par la présence de tous ces prêtres de qui [ils ont] tous tellement reçu ». Une messe exceptionnelle aussi pour celui qui la présidait : « Je n’étais pas seul à présenter la prière au Seigneur. Aujourd’hui, je me suis senti porté par tous les prêtres qui disaient la prière commune avec moi », a confié le P. de Montarnal. De son côté le P. d’Arbaumont a exprimé le sentiment de l’assemblée. « C’est la nouvelle moisson qui arrive. C’est très émouvant ». • Pauline Quillon

Extraits de l’homélie du P. Bruno de Mas Latrie

« J’aimerais vous remercier, car vous êtes de magnifiques témoins de la fidélité de l’homme envers Dieu. […] Aujourd’hui, les nouveaux prêtres et moi, nous sommes encore sur un nuage, quelques jours après l’ordination. [...] Quand l’air de la fête aura disparu, nous réaliserons encore plus combien votre fidélité est signe que la vie sacerdotale n’est pas un mythe mais une réalité concrète qui se vit dans la quotidienneté à la suite du Christ qui n’a pas d’endroit où poser sa tête. Un sacerdoce qui se vit aussi dans la solitude, une solitude habitée par le Christ. La plupart d’entre nous débarquerons dans nos paroisses en septembre. Or nous savons que ce que nous récolterons, c’est vous qui l’aurez semé. Et lorsque nous regardons le dynamisme de l’Église de France, du diocèse de Paris, nous pouvons dire que vous avez su assumer votre rôle de prêtre de Dieu avec persévérance, avec joie et avec habilité. Merci pour ce que vous nous avez légué [...] Merci d’avoir été les mains du Christ pour continuer à bénir, la bouche, pour continuer à parler du Christ, le cœur pour continuer à aimer. […]Enfin, je voulais vous demander, s’il vous plaît, de prier pour nous. Pour que nous puissions, chacun, être des prêtres selon le cœur de Dieu. »

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