Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messes à Saint-Hippolyte (Paris 13e) et à Notre-Dame de Paris

Dimanche 11 mars 2018 - 4e dimanche de carême - Année B

- 2 Ch 36,14-16.19-23 ; Ps 136, 1-6 ; Ep 2,4-10 ; Jn 3,14-21

Vous connaissez le choix que Dieu nous propose : « je mets devant toi la vie et la mort. Tu choisiras la vie ! ». Dès le commencement Dieu nous révèle qu’il est la source de la vie. Tout acte de Dieu est un acte de vie.

Lorsque nous sommes unis à Dieu, nous entrons dans la vie, nous choisissons de vivre.

Lorsque nous nous éloignons de Dieu, nous devenons fascinés par la mort.

L’évangile nous rappelle cet épisode du désert quand le peuple hébreu méprisait les dons de Dieu. Alors que les serpents venimeux provoquaient la mort, Dieu a demandé à Moïse de dresser ce serpent de bronze dont la contemplation dans la foi sauvait la vie des victimes.

Dans la première lecture nous avons entendu comment le roi de Juda Sédécias a refusé la parole de Dieu proclamée par le prophète Jérémie pour sauver le peuple. Ce refus a entraîné la mort et la dévastation du pays. Alors, le Seigneur a suscité le roi Perse Cyrus qui a libéré les exilés en leur permettant de revenir à Jérusalem et de rebâtir le Temple.

Aujourd’hui aussi, notre monde sécularisé qui ignore superbement les dons de Dieu, ne sait que préconiser la mort comme solution à tous nos problèmes : l’euthanasie pour les personnes âgées et les vieillards, l’avortement pour les femmes en détresse.

Face à cela, Dieu nous demande seulement d’aimer davantage, d’aimer comme lui, comme son Fils Jésus-Christ qui nous a révélé la toute-puissance de l’amour par sa résurrection. Seul l’amour est inventif, créatif, et nous permet de trouver les solutions les plus humaines.

L’évangile vient de nous révéler que : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

C’est ainsi que tout acte humain doit accueillir la vie, accompagner la vie, transmettre la vie pour enfin offrir sa vie par amour comme notre Seigneur Jésus-Christ. Cela, s’appelle l’ajustement à Dieu : la sainteté.

Mais comment s’ajuster à Dieu ? Par la foi ! C’est la foi qui sauve. Ou plus exactement c’est Dieu qui sauve celui qui croit en lui. C’est bien ce que nous dit saint Paul : « c’est par grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi ».

L’homme ne peut pas se sauver tout seul. S’il le croit, c’est qu’il est dans la totale illusion. Seul Dieu a prise sur la mort. Jésus-Christ, Fils de Dieu, est vainqueur de la mort. Le salut ne peut venir que de lui.

C’est l’adhésion à Jésus-Christ qui sauve. La foi, c’est croire que Dieu nous aime jusqu’à venir au milieu de nous pour donner sa vie, expression suprême de son amour. Il faut donc se laisser transformer par l’Amour de Dieu. Ce n’est pas par nos mérites que nous obtenons le salut, c’est par l’accueil de l’œuvre de Dieu en nous. « Dieu seul est bon » dit Jésus. Cette bonté est à recevoir dans une liberté qui la laisse agir pour que nous la prodiguions au monde.

Le carême consiste à s’ajuster à l’amour de Dieu, à être perméable à cette bonté, à se laisser irradier par sa lumière, afin de lui ressembler et d’apprendre à aimer comme il nous aime.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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