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« Les statues de Notre-Dame sont désormais uniques au monde »

Malgré le drame de l’incendie de la cathédrale, plusieurs œuvres d’art d’importance ont pu être sauvées. Parmi elles, les seize sculptures de cuivre qui ornaient la flèche depuis 1859 et qui avaient été déposées pour restauration quelques jours plus tôt.

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Statue de saint André, l’une des seize sculptures qui ornaient la flèche de Notre-Dame et qui ont été déposées le 11 avril dernier.
© Yannick Boschat

« Ah, voilà saint André ! » Ce jeudi 11 avril, les badauds se pressent rue du Cloître Notre-Dame, 4e, sous un soleil printanier : quinze des seize sculptures qui ornent la flèche de Notre-Dame de Paris tour¬noient une à une dans le ciel d’azur, au bout d’une grue qui s’étend jusqu’aux quelque 90 mètres de hauteur où elles furent placées en 1859 par Viollet-le-Duc. Elles doivent alors être acheminées vers l’atelier de restauration Socra, non loin de Périgueux (Dordogne). Aujourd’hui, cet épisode paraît bien loin, comme un rêve, évaporé dans la fumée âcre de l’incendie de la cathédrale qui s’est déclaré quatre jours plus tard, le lundi 15 avril dans la soirée. « Si elles n’avaient pas été enlevées dans le cadre de travaux de restauration de la cathédrale entamés en avril 2018, ces statues auraient aujourd’hui disparu », assure Patrick Palem, fondateur de la Socra.

Les douze Apôtres – mesurant 3,40 m et pesant 150 kg chacun –, et les quatre symboles des évangélistes – le lion, l’aigle, le taureau et l’homme –, se seraient décrochés. Ils auraient vraisemblablement fondu sous les 800° C atteints lors de l’incendie qui a consumé la charpente de la majestueuse église-mère du diocèse, vieille de 856 ans.
« Nous allons certainement avancer le délai de restauration des seize sculptures, qui courait initialement jusqu’en 2022, annonce le spécialiste : nous devrions les restaurer au plus tôt pour pouvoir les exposer à Paris. Elles sont en effet devenues les témoins de ce qui a pu être sauvé. Ces œuvres sont désormais uniques au monde. En outre, toute statue, sur n’importe quel édifice, porte un message qui appartient au bâtiment auquel le sculpteur le destinait. Les Apôtres, eux, protégeaient Notre-Dame. »

Réalisées, à l’époque, par les Ateliers Monduit, avant d’être installées en contrebas de la flèche, « elles sont en quelque sorte les “brouillons” de leurs œuvres plus populaires, comme la statue de la liberté de New-York (États-Unis). » Après avoir pu accéder à l’intérieur de la cathédrale, Patrick Palem confie deux impressions contradictoires : « La tragédie de la perte partielle de ce monument, “éléphant” de notre patrimoine, qui disparaît un peu comme un grand-père qu’on ne se résout jamais à voir partir ; témoin, aussi, du savoir-faire exceptionnel d’artisans bâtisseurs. Mais il y a également cette émotion et cette générosité suscitées. »

Aujourd’hui, les statues, « à la colonne vertébrale d’acier et à la peau de cuivre », vont être réparées, en particulier les éléments en acier, fortement détériorés sous l’effet de l’humidité. Quant au coq qui ornait la flèche (contenant trois reliques), il a été retrouvé avec soulagement dans les décombres, « fondu, endommagé mais récupérable », assure le spécialiste qui devrait prochainement l’accueillir dans son atelier. Parmi les autres œuvres sauvées de la catastrophe : les treize grands Mays (XVIIe siècle), la clôture extérieure du chœur (XIVe siècle), les sculptures du chœur (Le Vœu de Louis XIII et la Pietà). « Sachant cela, je suis dans la paix », confie Françoise Chatenoud, guide CASA passionnée de la cathédrale...

Laurence Faure

- Voir l’album-photos de la dépose des statues.

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