« Toutes les activités caritatives doivent se poursuivre »

François Déprez, délégué à la Solidarité pour le diocèse, plaide pour que les paroisses de Paris ne cessent pas leurs actions caritatives durant ce deuxième confinement, afin d’éviter l’isolement des plus fragiles.

François Déprez, diacre permanent, est le délégué pour la Solidarité diocésaine.
François Déprez, diacre permanent, est le délégué pour la Solidarité diocésaine.
© Laurence Faure

Paris Notre-Dame – Vous venez de réunir les différentes associations caritatives catholiques qui œuvrent sur le terrain pour faire un état des lieux de la précarité à Paris. Quel est-il ?

François Déprez – L’idée était de faire une relecture du premier confinement, et de dresser un état des lieux des nouvelles précarités afin de savoir comment y répondre. Si les moyens des paroisses et du diocèse, comme ceux des associations, sont limités, les mutualiser permettrait d’éviter les doublons et d’y apporter des réponses plus efficaces. Parmi les priorités, la précarité numérique nous a semblé première. Le numérique, c’est à la fois la question du matériel, du lieu pour faire de la formation et celle de l’accompagnement des personnes qui ne sont pas à l’aise avec cet outil. Tout cela, en ayant en tête que notre but est de permettre la rencontre avec les plus fragiles. L’autre question soulevée durant ces réunions a été de voir comment on pourrait imaginer un réseau d’associations de solidarité autour d’un pôle paroissial. L’avantage étant que les paroisses ont une stabilité plus grande que les divers points associatifs, contraints parfois de déménager ou de fermer, comme durant le premier confinement.

P. N.-D. – Quelles sont les difficultés qui remontent du terrain avec le confinement ?

F. D. – On constate une grande précarité financière, des demandes d’aide alimentaire en hausse... Mais ce qui nous préoccupe le plus, c’est l’isolement des personnes les plus fragiles, qui risque de s’accentuer avec ce nouveau confinement. Ce que nous disons aujourd’hui aux paroisses, c’est que toutes les activités caritatives doivent se poursuivre. Y compris l’opération Hiver solidaire. Elles n’ont pas de raison de s’arrêter. Ou s’il y a des raisons matérielles, comme la question des bénévoles ou un besoin de financement, nous leur demandons de s’adresser à nous, afin que nous trouvions ensemble les moyens de poursuivre leurs actions. Contrairement au confinement de mars, 90% des lieux de distribution alimentaire sont restés ouverts. Mais tous doivent rouvrir. Pour cela, il faut donner aux associations les moyens de continuer : un support juridique, une aide matérielle… En impliquant aussi la Ville de Paris, qui répond souvent positivement à nos sollicitations.

P. N.-D. – Vous avez lancé un projet baptisé Priscille et Aquila [1], afin de proposer des tentes aux paroisses. Pourquoi ?

F. D. – Si nous n’avons pas besoin de prendre le relais des associations pour la distribution alimentaire, en revanche nous alertons sur les dangers de l’isolement des personnes seules, âgées ou précaires. Casser cet isolement va passer par la rencontre. Nous sommes convaincus que les paroisses sont un rempart contre l’isolement. Elles peuvent par exemple prendre le temps d’appeler les personnes isolées ou âgées, dont elles ont les coordonnées. Et il faut faire savoir que nous sommes là, que les églises sont ouvertes et qu’elles accueillent tout le monde. Lors du premier confinement, la distribution alimentaire hors des églises nous a permis d’avoir une meilleure visibilité. Ce projet de tentes doit pouvoir assurer cette visibilité, en permettant par exemple l’organisation de petits cafés sur le parvis. Cet achat sera en partie financé par la Fondation Notre Dame. J’ai proposé cette opération aux vingt-huit paroisses qui ont participé à la distribution alimentaire en mars. Certaines ont rapidement répondu. Maintenant nous allons la proposer à toutes les paroisses. Enfin si la Journée mondiale des pauvres, le 15 novembre – dont le thème est cette année Tends ta main au pauvre – ne pourra pas être célébrée au niveau diocésain ou paroissial, c’est peut-être l’occasion pour chacun de nous de poser un geste envers une personne fragile…

Propos recueillis par Priscilia de Selve @Sarran39

[1Du nom des disciples de saint Paul, qui fabriquaient des tentes avec lui.

Article de Paris Notre-Dame – 12 novembre 2020

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