Homélie de Mgr Michel Aupetit - Messe du Pèlerinage des jeunes et étudiants à Chartres – 2e dimanche de Pâques – Dimanche de la Divine Miséricorde - Année B

Chartres - Cathédrale Notre-Dame - Dimanche 8 avril 2018

- Ac 4,32-35 ; Ps 117 ; 1 Jn 5,1-6 ; Jn 20,19-31

Le Christ est vraiment ressuscité ! Ce cri a traversé l’histoire jusqu’à aujourd’hui. Cette affirmation est même le fondement de notre religion. Comme le dit saint Paul quand il écrit aux grecs de Corinthe qui ont du mal à croire à la résurrection de la chair du Christ : « si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien. Vous êtes les plus malheureux des hommes ». La Résurrection de Jésus, non seulement nous ouvre un avenir, mais donne un sens à toute notre existence. Car il ne s’agit pas seulement d’une hypothétique vie après la mort, mais cette résurrection impacte aussi notre vie terrestre en la modifiant de fond en comble. Car si le Christ est vivant aujourd’hui, c’est aussi pour accompagner chacune de nos existences en nous apprenant à aimer comme Dieu nous aime pour vivre déjà de cette communion divine qui réalise l’unicité de Dieu.

Mais sur quoi notre foi en la résurrection se fonde-t-elle ? Avez-vous vu personnellement le Christ ressuscité ? A moins de bénéficier d’une grâce particulière la réponse est non. Notre foi repose sur la réception du témoignage de ceux qui l’ont vu ressuscité. Sont-ils crédibles ? Eux-mêmes n’ont pas voulu recevoir le témoignage des autres. La première à avoir vu Jésus ressuscité est Marie-Madeleine. Quand elle est venue le rapporter aux apôtres, ceux-ci ne l’ont pas crue. Certes, Pierre et Jean se sont précipités au tombeau parce qu’ils étaient sans doute intrigués. Ils ont vu la pierre roulée, le tombeau vide et les linges non déplacés. Il a quand même fallu que Jésus leur apparaisse en chair et en os et qu’il mange avec eux pour qu’ils croient enfin. Et Thomas ? Lui non plus ne recevra pas le témoignage de ses frères. Pourtant, on le sait, on a trouvé des traces de sa prédication jusqu’en Inde pour annoncer le message de la résurrection en allant jusqu’à donner sa vie. Ce Thomas n’est pas le sympathique incrédule que l’on nous présente souvent. Ce n’est pas le précurseur des modernes dont la philosophie est basée sur le soupçon. Avant l’arrestation de Jésus, Thomas était prêt à donner sa vie. C’est lui qui, au moment de monter à Jérusalem, a dit aux autres apôtres : « allons, mourons avec lui ». Mais comme tous les autres apôtres, Thomas a failli. Ce n’est pas du Christ dont il doute, c’est de lui-même. Il a perdu ses illusions, son enthousiasme. Pourrait-il à nouveau s’engager en connaissant sa propre misère ?

Ce n’est pas Thomas qu’il faut regarder, c’est le Christ !

Aujourd’hui, nous fêtons la miséricorde divine.

Sur la croix, cette miséricorde divine se manifeste au comble d’une souffrance humaine : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Le jour de la Résurrection, Jésus confie cette miséricorde à ses apôtres : « recevez l’Esprit-Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ».

La manifestation de la résurrection est aussi le signe de la miséricorde de Dieu. Pas de spectaculaire qui confondrait les disciples qui ont fui, les bourreaux qui l’ont crucifié, les juges qui l’ont condamné. Tout d’abord, il est donné un signe : le tombeau vide. Cela permet de se poser des questions et de se préparer à ce qui va suivre. Vient ensuite un témoignage : Marie-Madeleine, les saintes femmes, les apôtres, Thomas. Tout ceci pour préparer à la rencontre où le Christ se révèle en personne. Avez-vous remarqué la délicatesse du Seigneur ? Il attend huit jours avant de se montrer à Thomas pour lui permettre de se préparer à la rencontre. C’est ainsi qu’il pourra vraiment poser un acte de foi qui lui permettra d’être habité à nouveau par l’amour du Christ.

N’est-ce pas ainsi que Jésus agit dans nos vies ? Dieu nous donne des signes. Les signes de la présence de Dieu dans nos vies nous permettent de nous poser des questions qui, contrairement au soupçon, ouvrent notre intelligence. Cette ouverture nous prépare nous-mêmes à la rencontre. Cette rencontre que nous faisons dans l’intimité de notre prière, dans la réalité de la présence du Christ à l’eucharistie et enfin dans la reconnaissance que nous avons de lui dans les plus pauvres qui sollicitent notre amitié.

+ Michel Aupetit, archevêque de Paris.

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