Il y a 50 ans, naissaient les diocèses d’Île-de-France

Paris Notre-Dame : Monseigneur, les diocèses d’Île-de- France fêtent, cette année, leur jubilé. Il y a 50 ans, les diocèses de Paris et Versailles étaient découpés pour donner naissance aux diocèses de Créteil, Saint-Denis, Nanterre (pour Paris), Évry et Pontoise (pour Versailles). Pourquoi ce découpage ?

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Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris
© Marie-Christine Bertin

Cardinal A. V.-T. – Le gouvernement de l’Église était confronté, à l’époque, à la question de la taille gigantesque de certains diocèses, comme celui de Paris. Ce découpage a donc été un choix tactique. Il est évident que plus un diocèse est grand, plus il est protéiforme et plus il est diversifié. Il était difficile pour l’archevêque, garant de la communion de son diocèse, d’avoir une connaissance fine des situations. En partageant les anciens diocèses de façon à faire des unités de taille plus réduite, l’Église visait à développer une capacité de cohésion plus forte, ce qui a été le cas. Cela a permis d’identifier la vitalité propre de certains diocèses d’Île-de-France, qui étaient, jusque-là, un peu perdus dans le grand diocèse de Paris.

P. N.-D. – Cette histoire commune explique les liens étroits entre le diocèse de Paris et ceux d’Île-de-France ?

Cardinal A. V.-T. – Les liens sont très étroits certes, mais ils sont aussi limités par la réalité. Nos situations diffèrent, il suffit de passer le périphérique pour s’en apercevoir. Ainsi, la Défense n’a rien à voir avec le quartier des Halles ! Et si la séparation a permis l’apparition et le développement d’une identité diocésaine pour ces nouvelles entités, elle a aussi tari les flux de ressources qui existaient. Dans l’ancien dispositif, 80% des prêtres de Paris commençaient leur ministère en banlieue. Cela leur donnait une expérience pastorale importante et cela représentait aussi une ressource non négligeable pour les banlieues. Le nouveau dispositif a tari ce flux. Aujourd’hui certains diocèses, ceux qui ont peu de prêtres, en souffrent.

P. N.-D. – D’où la création, en 1990, des Fraternités missionnaires des prêtres pour la ville ?

Cardinal A. V.-T. – Oui. Cette invention du cardinal Jean-Marie Lustiger a permis de recréer une partie de ce flux.

P. N.-D. – Quel est le rôle de l’archevêque dans cet ensemble ?

Cardinal A. V.-T. – Son rôle est le même que pour toutes les provinces ecclésiastiques : il préside à la collaboration entre les diocèses. Chaque mois, nous organisons une rencontre entre les évêques d’Île-de-France. Nous travaillons sur les différentes questions auxquelles nous sommes confrontés. Nous avons également des services communs : parmi les plus connus figurent l’officialité, la justice, les Chantiers du cardinal, les vocations… Les synergies sont nombreuses.

P. N.-D. – Les actions communes également ?

Cardinal A. V.-T. – Oui. La Veillée pour la vie, les Frat, le pèlerinage de Chartes, la mission étudiante, tous ces événements contribuent à entretenir ces liens étroits. • Propos recueillis par Priscilia de Selve

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