L’Église
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Le regard positif de l’Église sur le travail

Paris Notre-Dame – Le projet de loi de Myriam El Khomri, ministre du travail, sur « les nouvelles protections pour les entreprises et les salariés », a été présenté en Conseil des ministres le 24 mars. Quelle est la vision de l’Église catholique sur le travail ?

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Le P. Baudoin Roger, codirecteur du département « Économie, homme, société » au Collège des Bernardins.
© Sophie Lebrun

P. Baudoin Roger – Depuis longtemps, les catholiques ont développé une réflexion profonde sur les questions sociales. La première encyclique qui traite spécifiquement de la thématique du travail est Rerum Novarum (Les choses nouvelles) , écrite par le pape Léon XIII et publiée en 1891. D’autres encycliques ont suivi pour compléter la doctrine sociale en fonction des évolutions historiques. Ces textes donnent une vision positive et réaliste du travail. Ils ne le réduisent pas à un moyen nécessaire à la subsistance, à travers la production des biens et services et les salaires, mais l’envisagent fondamentalement comme « un bien de l’homme », selon les mots de saint Jean-Paul II. Car, les hommes peuvent se transformer, développer leurs capacités en travaillant. Les lieux de travail sont aussi des espaces de socialisation, où des personnes d’origines diverses peuvent se rencontrer. Alors que nous tendons à considérer le travail à travers le contrat de travail, la formation, la rémunération, etc., l’Église porte davantage l’attention sur l’activité elle-même, les tâches concrètes
des travailleurs, les relations entre collègues, la manière dont se prennent les décisions, etc. Celles-ci conditionnent largement la capacité du travail à être un réel « bien de l’homme ».

P. N.-D. – Quelles sont les conditions favorables pour que le travail soit « un bien de l’homme » ?

P. B. R. – En premier lieu, la rémunération doit être suffisante pour que les travailleurs vivent correctement. Ensuite, il est important qu’ils puissent avoir la possibilité d’exprimer leur créativité et leur esprit d’initiative. Ce n’est pas le cas lorsque les organisations sont trop hiérarchisées et marquées par l’exercice des pouvoirs. À l’inverse, le respect et la confiance permettent la coopération et favorisent à la fois l’épanouissement personnel et la performance économique. En outre, il ne faut pas oublier la responsabilité individuelle et collective de chaque travailleur. Suivant la manière dont il exprime ses potentiels, suivant son engagement et le soin qu’il porte à la réalisation de son travail, chacun contribue plus ou moins à la vie de l’ensemble de notre société. En ce sens, par notre travail, nous sommes, chacun pour notre part, responsables de tous. • Propos recueillis par Céline Marcon

Pour aller plus loin :
Notre bien commun, sous la direction du Service national Famille et société de la Conférence des évêques de France, Éd. de l’Atelier.
Compendium de la doctrine sociale de l’Église, Éd. du Cerf.
Doctrine sociale de l’Église, une histoire contemporaine, du P. Baudoin Roger, Éd. Du Cerf.
• Site : www.doctrine-sociale-catholique.fr

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