Message de Mgr André Vingt-Trois aux catholiques de Paris - Mort du pape Jean-Paul II

Dimanche 3 avril 2005

Frères et Sœurs,

Le Pape est mort et nous sommes dans la peine. Nous étions tellement habitués à sa présence universelle et à sa parole toujours si forte ! Les journalistes feront l’inventaire de ces vingt six années de pontificat en les passant au crible de leurs grilles de lecture. Pour nous, Jean-Paul II est d’abord un témoin.

Il fut un témoin de la foi. Notre société occidentale sécularisée n’a pas pu occulter son témoignage. Nous avons mesuré la profondeur de sa foi, la sérénité de sa communion avec le Christ. Par toute l’histoire de sa vie, sous l’oppression nazie et sous la dictature communiste, il a fait l’expérience de la puissance de la vérité et du dynamisme de transformation sociale que représente l’Évangile. Là où nos démocraties avaient fini par prendre leur parti de la domination communiste sur l’Europe de l’Est, avec la complicité, parfois implicite mais souvent explicite, des élites intellectuelles de nos pays, il a rendu confiance et énergie à ceux qui n’acceptaient pas l’écrasement de la liberté humaine.

Paris a eu le privilège de l’accueillir à plusieurs reprises et notamment pour les Journées Mondiales de la Jeunesse en 1997. Nous avons été ainsi les participants d’une de ces nombreuses rencontres du Pape avec les jeunes du monde entier. Pour eux, il a été le signe de l’amour de Dieu pour l’humanité et le témoin des exigences de cet amour.

C’est sa foi au Christ ressuscité qui en a fait un défenseur inébranlable de la dignité de la personne humaine, depuis la conception jusqu’à la mort inévitable. Témoin de l’Évangile de la vie, il n’a pas cessé de nous rappeler que personne en ce monde n’a le droit de disposer d’un être humain pour sa convenance personnelle.

Il fut un témoin de l’espérance en exhortant les chrétiens à mettre en pratique les paroles du Christ dans leur vie quotidienne. Son message à l’Église en Europe est tout entier consacré à réveiller l’espérance des disciples du Christ. Pour nous, évêques d’un pays où les structures anciennes de la société sont bouleversées et où les structures nouvelles de la vie de l’Eglise sont en gestation, il a toujours été une source de réconfort dans la foi et de confiance dans l’espérance.

Nous prions pour lui et nous rendons grâce pour son ministère à la tête de l’Église. Je célébrerai la Messe à son intention le dimanche 3 avril à 18h30 à la cathédrale. Je demande à chaque paroisse à sonner le glas en union avec nous à cette heure là et à célébrer une Messe pour le Pape défunt et pour l’Église au moment qui leur semblera le meilleur.

Nous prions aussi pour les cardinaux qui vont avoir maintenant à élire son successeur : qu’ils soient totalement ouverts à la voix de l’Esprit Saint !

+ André VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

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