« Nous avons l’espoir d’un Congo debout »

Le 23 février, le pape convoque une journée de prière et de jeûne pour la paix en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan du Sud. Les réactions du P. Noël Mpati Ne Nzita, vicaire de N.-D. des Otages (20e) et aumônier des Congolais à Paris.

JPEG - 236.2 ko
Le P. Noël Mpati Ne Nzita est vicaire de N.-D. des Otages (20e) et aumônier des Congolais à Paris.
© Isabelle Demangeat

Paris Notre-Dame – Comment réagissez-vous, en tant que Congolais, à cette invitation du pape à prier, dans le monde entier, pour la paix dans votre pays et au Soudan du Sud ?

P. Noël Mpati Ne Nzita – Avec joie, foi, espérance et amour. Joie parce que le pape montre ainsi qu’il a une vision de nos pays ; foi en Jésus, vainqueur de tout mal ; espérance, parce que nous avons l’espérance qu’advienne, de cette prière, la paix dans nos pays. Et puis amour, parce que le pape témoigne ici de son amour pour la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan du Sud. Le 23 novembre dernier, il avait déjà organisé, à Rome, une veillée de prière pour ces deux pays.

P. N.-D. – On pourrait voir dans cette démarche une marque de désespoir. Comme si, face à ces situations violentes paraissant insolubles, ne restait que la prière…

N. M. N. N. – La prière n’est pas un signe de désespoir. Au contraire. Nous avons l’espoir d’un Congo debout ! L’espoir est nôtre, il est dans notre camp. Certes, aujourd’hui, le Congo est en crise. Mais cette crise est temporaire. Viendra ce moment où tout ira bien. C’est ma conviction. Et celle-ci est fondée sur ma foi : je sais ce que Jésus peut faire. Ce 23 février, nous lui présenterons nos pays en lui disant : « Si tu veux, Jésus, tu peux les purifier ». Nous lui demanderons de rendre effective sa promesse « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ». Puis, nous l’écouterons.

P. N.-D. – L’État congolais s’en prend particulièrement aux catholiques, aujourd’hui. N’est-ce pas dangereux de les exposer ainsi, à travers cette journée de prière ?

N. M. N. N. – Considérer cette journée négativement, c’est en faire une mauvais lecture. On ne peut pas ne pas permettre aux Congolais d’exprimer leur foi. Ce gouvernement, qui se dit laïc, n’est là que pour sauvegarder le droit des Congolais. Et prier est l’un de nos droits. D’ailleurs, en priant pour le pays, nous prierons également pour ceux qui nous dirigent, pour ceux qui persécutent l’Église… Celui qui refuserait cette prière, refuserait également toutes les grâces qu’il serait susceptible de recevoir. Ce serait déplorable.

P. N.-D. – Que dire aux catholiques de France et de Paris plus spécifiquement ?

N. M. N. N. – De prier, aujourd’hui. De prier, demain. De ne pas se lasser de prier. Nous sommes en France, certes. Mais nous écoutons l’Évangile de Jésus qui nous invite à aimer nos frères. Quand notre frère est en difficulté, nous avons l’obligation chrétienne d’agir. Et cette action peut passer par la prière [1]. L’Église est un corps. Quand le petit doigt est touché, c’est tout le corps qui souffre. Et aujourd’hui, ce petit doigt, c’est la RDC et le Soudan du Sud.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat

[1Le 23 février 2018, une veillée de prière pour la situation en RDC et au Soudan du Sud est organisée, de 17h30 à 19h30, à N.-D. des Otages, 81, rue Haxo, 20e. Au programme : adoration, chapelet, chemin de croix et bol de riz.

Articles

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse