Pour vous, c’est quoi le denier ?

À Paris, le denier de l’Église, dont la campagne s’ouvre chaque année le premier week-end de février, couvre en moyenne 40 % des charges de fonctionnement d’une paroisse.
Si le montant moyen des dons augmente, le nombre de donateurs baisse. Trois acteurs du diocèse nous parlent du sens de ce don.

Christophe Rousselot
Directeur développement des ressources financières du diocèse de Paris

Un nouveau souffle

« Notre diocèse compte 58 000 donateurs actifs. En dix ans, la collecte du denier a progressé de 17 % mais nous comptons 9 % de donateurs en moins. Si notre campagne de février est devenue une habitude, elle doit être un nouveau souffle, dans un contexte sociologique en très forte évolution. Le centre de Paris se vide de Parisiens remplacés par des étrangers qui, assez souvent, ne sont pas catholiques. Des défis s’offrent à nous pour nous adapter aux usages contemporains, comme des terminaux de paiement par carte bancaire, à la sortie de la messe. Une proposition qui est bien reçue. Nous lançons aussi une campagne digitale, destinée aux trentenaires. Car l’enjeu des dix années à venir, c’est eux ! D’autant qu’ils sont souvent engagés, et aiment l’Église. Simplement, ils ont moins de temps et… quasiment plus de chéquier ! »

Isabelle
Paroissienne de St-Eustache (1er)

Une façon de dire merci !

« Je donne au denier de l’Église car ma rencontre avec cette paroisse, il y a dix ans, a totalement changé mon rapport à la foi catholique, ainsi que celui de mon mari. Nous lui devons, entre autres, d’avoir cheminé vers notre mariage religieux, célébré il y a trois ans, à l’âge de 70 ans ! Mon don est donc d’abord un geste de gratitude. De manière plus concrète, j’ai décidé de mensualiser ma participation au denier car, connaissant le milieu associatif par ailleurs, je me suis très vite dit qu’une paroisse, comme beaucoup d’associations, avait besoin d’équilibrer son budget sur l’année. Récemment, notre curé, le P. Georges Nicholson, m’a demandé de témoigner devant les fidèles à la fin d’une messe. Ce témoignage m’a fait changer mon rapport à mon don, jusque-là vécu un peu comme un geste extérieur à moi-même. J’ai en effet formulé pour la première fois en public, cette interrogation personnelle : Quelle importance est-ce que j’accorde réellement à l’existence de l’Église ? »

P. Philippe Pignel
Curé de N.-D. du Perpétuel-Secours (11e)

Un réel encouragement

« Le denier de l’Église est notre ressource principale de fonctionnement. Je suis d’ailleurs émerveillé par la générosité des fidèles, qui donnent parfois plusieurs fois
dans l’année. Selon moi, ils sont touchés par un appel particulier. Petits ou grands dons, cela n’a pas d’importance : ce geste fait partie de nos vies de baptisés. Le denier, c’est un encouragement concret à continuer la mission, pour nous prêtres, mais aussi pour les laïcs. Lors de l’Année de la miséricorde, nous avions, par exemple, financé l’embauche d’une personne chargée de notre communication. Une autre année, nous avons refait le chœur de l’église. Nous avons aussi pu rénover les sanitaires dégradés de deux prêtres âgés, logés dans nos bâtiments. Pour rendre cet appel plus léger, comme d’autres équipes paroissiales, je l’ai fait en chantant, en octobre dernier, sur un air de Michel Sardou ! Prochain épisode le 4 février, inspiré par un autre chanteur... d’actualité ! »

Propos recueillis par Laurence Faure

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