« Que les jeunes prennent leur place dans l’Église »

La traditionnelle messe des étudiants, présidée par le cardinal André Vingt-Trois le 15 novembre, se déroulera sous le signe de la prochaine session du synode des évêques sur les jeunes. Au cœur des discussions : la place qui leur est faite dans l’Église et leur(s) vocation(s).

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Le P. Jean-Baptiste Arnaud est délégué de l’archevêque pour les jeunes adultes.
© Céline Marcon

Paris Notre-Dame – Où en est la phase préparatoire du synode d’octobre 2018 dans le diocèse ?

P. Jean-Baptiste Arnaud – Les résultats du questionnaire du Docu¬ment préparatoire (Lineamenta) ont été renvoyés au début de l’été à la Conférence des évêques de France (CEF). Ce document révèle ce que les jeunes vivent dans l’Église à Paris et ce qu’ils en attendent. Ils demandent notamment des lieux de vie fraternels pour soutenir leur foi. Beaucoup le disent : au quotidien, ce n’est pas si facile. C’est pour cela que les rassemblements (JMJ, Chartres, Taizé, etc.) sont très importants pour eux. Il y a aussi une demande forte d’intériorité : apprendre à prier et à se (re)catéchiser. Parmi leurs préoccupations également : l’image négative de l’Église que renvoient certains médias à la société. À Paris, la soif de formation se manifeste, entre autres, par le lancement prolixe de groupes qui étudient la doctrine sociale de l’Église. En mai dernier, nous les avons rassemblés au Collège des Bernardins, il y avait deux cent cinquante jeunes.

P. N.-D. – La nouveauté, c’est le questionnaire mis en ligne par le Vatican qui demande aux jeunes d’exprimer leurs rêves et leur confiance dans la société civile.

J.-B. A. – Cette méthode a été voulue par le pape pour libérer la parole des jeunes et recueillir le maximum d’échos de ce qu’ils vivent dans des contextes sociaux extrêmement différents. Le thème du synode, Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, concerne une tranche d’âge large, de 16 à 29 ans. Les aider à reconnaître leurs désirs et ce qui les anime, est fondamental. Deux choses, semble-t-il, les caractérisent : la générosité et la difficulté à s’engager. Je pense, par exemple, à la question de la fidélité et du mariage, ou à celle de l’investisse-ment dans un travail devenu décevant après l’excitation du début de la vie professionnelle. Les jeunes ont soif du don généreux qu’ils veulent faire d’eux-mêmes, mais le craignent aussi.

P.N.-D. Quels sont les enjeux propres à ce synode alors que l’on parle de baisse des vocations ?

J.-B. A. – L’enjeu est que les jeunes bénéficient de toutes les clés pour devenir eux-mêmes. C’est l’objectif profond des futures discussions du synode. Le but n’est pas d’en faire des gens qui savent beaucoup de choses, mais des adultes capables d’écouter la parole de Dieu et de voir comment elle éclaire leur vie personnelle et sociale. Il est vrai que dans une Église qui apparaît minoritaire dans certains lieux, la question de la place des jeunes peut paraître provocante. Quant aux sujets apparemment plus difficiles : crise des vocations – qui reste à prouver et ne concerne pas tous les pays –, enseignement de l’Église sur les questions morales, raréfaction des jeunes dans certaines paroisses, les expériences divergent d’un pays ou d’une région à l’autre. L’enjeu est, en tout cas, qu’ils comprennent qu’ils ont toute leur place dans l’Église, qu’ils osent la prendre et que les prêtres et les responsables la leur donnent toute entière. R.-d.v. à N.-D. de Paris le 15 novembre à 18h30 pour une louange avec tous les jeunes et les séminaristes, pour prier pour le synode. Après la messe célébrée à 19h15, un temps convivial est organisé dans les jardins de la cathédrale.

Propos recueillis par Laurence Faure

Article extrait de Paris Notre-Dame du 9 novembre 2017

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