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Redécouvrir le droit canonique

Paris Notre-Dame – L’Institut catholique de Paris (ICP) lance, lundi 16 janvier, un MOOC [1] sur le droit canonique. Que recouvre, au juste, cette discipline ?

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P. Cédric Burgun est prêtre incardiné au diocèse de Metz, membre de la communauté de l’Emmanuel et vice-doyen de la faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris (ICP).
© D. R.

P. Cédric Burgun – Vaste question ! Le droit canonique concerne toute l’Église, tant dans ses relations avec les États, que dans la régulation de la foi, des sacrements et de son gouvernement interne. Né avec l’Église, il s’est élaboré, par exemple, dès le premier concile de Jérusalem, où les Apôtres ont décidé comment agir envers ceux qui n’étaient pas circoncis. Les différents règlements se sont accumulés au fi l des siècles. Au concile Vatican I, les évêques ont demandé que le droit canonique soit actualisé. Le premier Code de droit canonique codifié, pour l’Église latine, a alors été promulgué en 1917. Le Code contient deux types de lois : celles qui proviennent du droit divin, à savoir les fondements de la foi et de l’anthropologie posés par Dieu, immuables, et celles qui constituent le droit ecclésiastique, contingentes. Dans tous les cas, le législateur est le pontife romain, c’est-à-dire tous les papes depuis saint Pierre !

P. N.-D. – Quelle utilité à ce que le droit canonique soit mieux connu ?

P. C. B. – Après le concile Vatican II, une mouvance ecclésiastique et sociétale portait des accents anti-juridiques prononcés. Le droit canonique a subi un désamour. Mieux le connaître, c’est mieux connaître l’Église et sa cohérence théologique et ecclésiologique. Dans un contexte où elle manque de laïcs engagés et de prêtres, nous souhaitons donner aux laïcs et aux clercs l’envie de se former en droit canonique. Ils pourront ensuite devenir notaire, avocat ou juge dans les tribunaux de l’Église, afin de juger des annulations de mariage, dans les chancelleries diocésaines ou encore les officialités, où se traitent les procès internes à l’Église ou les procès en béatification. En tant qu’enseignant, je constate un réel intérêt pour cette discipline et le MOOC compte plus de 3700 inscrits !

P. N.-D. – En quoi consiste l’enseignement que dispense le MOOC sur le droit canonique ?

P. C. B. – Le MOOC comprend six cours qui se présentent sous la forme de petites capsules vidéo. Il s’organise autour de trois thématiques. La première, que je traiterai, présente ce qu’est le droit canonique et ses fondements. La deuxième concerne les procédures de l’Église. Elle est développée par le P. Bruno Gonçalves, maître de conférences à l’ICP. La troisième propose une réflexion plus philosophique sur le droit et la liberté de conscience. Le P. Philippe Greiner, professeur en droit canonique à l’ICP, développe cette dernière partie du cours. L’évaluation se fait sous la forme de QCM, à la fi n de chaque semaine. À l’issue des six semaines, un petit exercice d’une heure, toujours sous la forme d’un QCM, peut faire l’objet d’un certificat, qui vaut reconnaissance universitaire. L’inscription est gratuite, et elle est toujours possible ! • Propos recueillis par Pauline Quillon

[1Massive open online course, en anglais, un MOOC est une formation ouverte à tous, se faisant à distance, par le biais de contenus diffusés sur Internet. Le MOOC est à retrouver sur la plateforme FUN (France université numérique). Inscription jusqu’au 24 février et informations : fun-mooc.fr

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