L’Église
Catholique
À Paris

Regard sur l’élection

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Le cardinal Vingt-Trois recevant la bénédiction du pape pour le peuple de Paris, le 15 mars.
Photo D. R.

P. N.- D. – Vous avez participé au conclave comme cardinal électeur. Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

Card. André Vingt-Trois. – On ne peut pas entrer en procession dans la chapelle Sixtine en sachant que l’on va élire le pape, en n’étant pas impressionné. La ritualisation de l’élection accentue la conscience de la gravité de l’événement que l’on vit. Elle nous libère de nos réactions affectives et spontanées pour rester simplement devant le Seigneur. J’étais placé en face de la représentation du Discours sur la montagne de Jésus qui donnait la « loi nouvelle », comme le dit l’inscription qui est au-dessus. J’ai essayé de m’unir à la mission que le Christ mettait en marche par ce discours et d’y correspondre le mieux possible.

P. N.-D. – Comment avez-vous perçu le moment où le pape est sorti au balcon ?

Card. André Vingt-Trois. – C’est très émouvant de voir la réaction des gens. Après la renonciation de Benoît XVI, les catholiques se sont fortement mobilisés : ils ont compris que l’Église vivait un passage exceptionnel par l’événement lui-même, mais aussi un passage qui pouvait avoir un caractère d’épreuve pour la foi. Ils ont donc beaucoup prié et je crois que la joie qu’ils ont exprimée reflète cet investissement dans la prière.

P. N.-D. – Comment se sont passées vos premières rencontres avec le pape ?

Card. André Vingt-Trois. – Dès la fin du conclave, chacun des cardinaux s’est approché du nouveau pape pour une promesse de fidélité. Je voudrais simplement vous partager l’émotion et la joie des cardinaux quand le pape a accepté son élection et dans les moments encore intimes de la soirée de mercredi. Jeudi 14 mars, lors de la messe dans la chapelle Sixtine, le pape nous a invités à vivre une Église en marche pour construire un véritable corps capable d’annoncer Jésus Christ. Il nous associait ainsi à sa propre démarche spirituelle, les yeux fixés sur le Christ crucifié par amour. À ce moment-là, j’ai pensé modestement à nos efforts pour vivre notre programme « Paroisses en mission », comme une réponse à cet appel. Vendredi 15 mars, le pape François a reçu les cardinaux en audience. Je vous transmets comme une espérance la lecture de la vie de l’Église qu’il nous a alors donnée : « Ne cédons jamais au pessimisme, à une sorte d’amertume que le diable nous propose chaque jour ; ne cédons pas au pessimisme et au découragement : ayons la ferme certitude que le Saint Esprit donne à l’Église, par son souffle puissant, le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation pour porter l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Actes 1, 8). » Ensuite, il a tenu à saluer chacun d’entre nous. Je lui ai demandé de bénir le peuple de Paris et il l’a fait volontiers avec beaucoup de bienveillance. Aujourd’hui, je suis heureux de vous transmettre cette bénédiction en vous appelant à redoubler de prière, d’abord pour remercier Dieu de la grâce qu’Il fait à son Église, et ensuite pour qu’il accorde sa force à son serviteur François pour qui nous prions chaque jour dans notre célébration eucharistique.

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