Renouveler nos églises : mission possible ?

« Quels processus pour l’implantation et le renouvellement d’église ? » La question sera débattue au cœur d’une table ronde, lors du Congrès Mission, le 29 septembre à Paris. Le P. Simon Chouanard, curé du Cœur Eucharistique de Jésus (20e), sera l’un des trois intervenants, aux côtés, notamment, du pasteur protestant Andy Buckler.

Paris Notre-Dame – « Implanter », « renouveler » des églises : l’idée peut sembler anachronique. De quoi s’agit-il ?

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Le P. Simon Chouanard (au centre) sera l’un des intervenants d’une table ronde du Congrès Mission, animée par Anne-France de Boissière, responsable formation au Parcours Alpha. Les deux autres intervenants sont le pasteur protestant Andy Buckler, et le P. Bernard de Terves, prêtre des Missions étrangères de Paris.
© D. R.

P. Simon Chouanard – Il ne s’agit pas d’imaginer la fondation de nouvelles églises. Mais plutôt de réfléchir à la nécessité de « replanter » ou d’ « ensemencer » nos communautés paroissiales, comme on replanterait un potager fatigué. C’est ce que j’ai cherché à faire au Cœur Eucharistique de Jésus (20e). En arrivant en 2015, je me suis retrouvé confronté à un taux de pratique sur le territoire paroissial qui avoisinait les 1%, contre 10% là où j’étais avant. Toutes les questions liées au « renouvellement » d’une communauté m’ont alors sauté aux yeux. Il m’a semblé évident qu’il fallait oser appeler des frères et des sœurs baptisés à venir m’aider à travailler à la vigne du Seigneur, le « petit troupeau » déjà présent étant épuisé, après avoir beaucoup donné. Au bout de quelques mois, j’ai donc improvisé un apéritif au presbytère, en invitant largement des fiancés ou des jeunes foyers, pour leur démontrer que la mission était peut-être au bout de la ligne 3 ! L’appel a fait mouche. Trois foyers sont venus s’implanter dans le quartier, prenant en charge diverses missions paroissiales. Tous ont été accueillis dans la joie par notre communauté paroissiale.

P. N.-D. – Quel enseignement tirez-vous de cette expérience, quant à l’organisation d’une paroisse ?

S. C. – En réalité, l’Église ne se renouvelle que par implantation : chaque nomination de prêtre est une nouvelle implantation. Néanmoins, le baptême fait de tous les fidèles du Christ des « prêtres, des prophètes et des rois » (1 P 2, 9), donc des missionnaires appelés également à partir et à s’implanter. Ce « renouvellement d’église par implantation » dont je fais l’expérience, implique un vrai partenariat entre les prêtres et les fidèles. Je suis convaincu qu’ici, comme ailleurs, on ne peut assumer l’apostolat dans toute son envergure qu’avec la collaboration d’une communauté vraiment engagée. Je crois à l’annonce kérygmatique directe, mais non moins à l’annonce, « en douceur », par la vie paroissiale qui rayonne, par cercles concentriques à partir de la vie liturgique et sacramentelle. Tout autour, nous avons : les formations et les œuvres – dont les écoles et les patronages – et plus largement, des espaces intermédiaires – jardinage, brocante, etc. Ces derniers permettent de cultiver l’humus et apprêtent les cœurs à recevoir la Parole. Notre poulailler, par exemple, est un vrai vecteur d’évangélisation !

P. N.-D. – Comment voyez-vous la mission d’une paroisse au XXIe siècle ?

S. C. – Les sociologues décrivent notre société comme « liquide », en référence à notre monde virtuel et globalisant. Paradoxalement, ce phénomène éveille, notamment chez les jeunes générations, une nostalgie et un attrait pour le « terroir », assortis d’un fort désir d’identification et d’enracinement. La paroisse, aujourd’hui, fournit ce terroir où s’enraciner, lieu de repos et de relation.

Propos recueillis par Laurence Faure

Tout le programme du Congrès Mission, du 28 au 30 septembre, à Paris 6e, sur www.congresmission.com

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