Un nouveau site pour mieux accompagner la vie naissante

En 2012, le diocèse lançait vienaissante.fr, un site internet pour accompagner les détresses liées à une grossesse non-désirée, inachevée ou qui tarde à venir. Cinq ans après, le site s’offre un nouveau visage pour une meilleure visibilité. Car le besoin est toujours là.

« Les enfants conçus par PMA ont-ils été désirés par Dieu ? » « En cas d’avortement, l’Église accepte-t-elle des funérailles pour le bébé ? » « Ma copine a avorté sans mon accord, que dois-je faire ? » Les questions sont précises, incisives. Impossible d’y trouver une réponse dans un manuel quelconque. Elles renvoient toutes à une situation particulière et font apparaître, en filigrane, une souffrance réelle. Souffrance d’une grossesse non-désirée, inachevée ou qui tarde à venir. Crainte d’un éventuel rejet, aussi, du jugement. Ces souffrances restent souvent tues ou cachées au sein de la société et de l’Église. Pour cause : elles renvoient à des sujets délicats, tabous. Face à ce silence, à la détresse et à la solitude que ces situations peuvent engendrer, le diocèse de Paris a décidé d’apporter, il y a cinq ans, une réponse dans l’air du temps : un site internet, vienaissante.fr. L’objectif : « Accompagner les situations de détresse familiale », présente Véronique Fruchard, laïque chargée de projets web pour le diocèse. Apporter un soutien dans le silence ambiant. Concrètement, le site se développe en quatre volets : l’un concerne l’attente d’un enfant, un autre, l’avortement, un autre encore la fausse couche et, enfin, le dernier, la fécondité du couple. Pour chaque volet, des réponses concrètes, pensées et travaillées par des prêtres spécialisés sur des questions d’éthique et des laïcs, sont apportées. Elles sont accompagnées de contacts d’associations existantes et des propositions de prières pour chaque situation particulière. Enfin, ceux qui le souhaitent peuvent poser directement une question. Une réponse leur est adressée personnellement via leur adresse mail. Dès sa création, en 2012, le site plaît. Il enregistre 7 727 visites l’année de son lancement, 10 175 l’année suivante et 18 718 visites aujourd’hui. « Il répond à un réel besoin », analyse Véronique Fruchard. « Bien sûr, rien ne remplace le dialogue direct, relève le P. Brice de Malherbe, professeur à la Faculté Notre-Dame et co-directeur du département de recherche éthique bio-médicale au Collège des Bernardins, qui a participé au projet. Mais cette interface, par sa neutralité, permet parfois une plus grande liberté dans les questions. Devant une situation difficile, complexe, le premier réflexe est aujourd’hui d’aller chercher des éléments de compréhension ou de réponse sur internet. » Pour mieux répondre à ce besoin, l’équipe de communication du diocèse a repensé aujourd’hui le graphisme de vienaissante.fr. Autrefois assez sobre, le site est maintenant plus aéré, plus incarné. Mais le contenu reste identique. « L’idée n’est pas de mettre les personnes devant une loi anonyme, mais devant le Christ. De leur montrer qu’il y a un chemin de vie dans toute situation, un chemin d’espérance », rappelle le P. de Malherbe. Lui constate que certains catholiques, parfois aux marges de l’Église, sont encore aujourd’hui dans une construction « d’interdit et de permis », d’une « stricte morale de la loi ». « Certains actes ne peuvent pas être acceptés par l’Église, explique-t-il. C’est une question de vérité. Mais le Christ n’enferme pas une personne dans son acte. Il ne rejette jamais. »

Isabelle Demangeat

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