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Un pôle solidaire en plein cœur de Paris

Dans le 6e arrondissement de la capitale, le diocèse a lancé, il y a 5 ans, un vaste projet immobilier destiné à accueillir un pôle de solidarité, abritant plusieurs associations. Alors que le permis de construire vient d’être déposé, Jacques Matha, président de l’Association immobilière du diocèse de Paris et responsable du projet, nous le présente.

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Le jardin des sœurs de la Visitation sera ouvert au public.
© D. R.

Paris Notre-Dame – Un mot, tout d’abord, de l’histoire de ce vaste ensemble immobilier – 7 300 m² dont 4 000 m² de jardin…

Jacques Matha – Jusqu’en 2013, les bâtiments et le jardin appartenaient à l’ordre de la Visitation, créé au XVIIe siècle par saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal. Il existait deux monastères à Paris, dont celui-ci, acquis par l’Ordre en 1810. À l’origine, il s’agissait d’un pavillon de chasse, ce qui explique que cet ensemble ne ressemble pas à l’idée que l’on se fait couramment d’un monastère : pas de cloître, une chapelle construite après coup… Avec le déclin des vocations, les sœurs ont décidé de se séparer de cette propriété. Elles ne voulaient pas la vendre, car leur souhait était que l’ensemble reste un bien d’Église. Elles ont donc pris la décision de l’apporter gratuitement au diocèse de Paris. Le service des Cultes de la Préfecture de Paris et le Vatican, les deux autorités de tutelle, ayant donné leur accord, le bien a été transféré au diocèse. À noter que dans l’acte d’apport, les sœurs ont mis une condition d’inaliénabilité : nous n’avons pas le droit de vendre ce bien. Et parallèlement, nous avons signé avec elles une convention canonique pour préciser quel devait être le projet de l’Église sur le site. Ce projet, piloté par l’architecte Jean-Marie Duthilleul, et dont le budget prévisionnel est estimé à 30 millions d’euros, comporte donc trois parties : une partie pastorale, une partie sociale et une partie locative, qui permettra de procurer au diocèse les revenus nécessaires à l’entretien du site.

P. N.-D. – Ce projet prévoit la création d’un pôle de solidarité. Expliquez-nous.

J. M. – À l’instar du Collège des Bernardins, pôle d’échanges culturels du diocèse, Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris, en charge de ce dossier, souhaitait créer un pôle de solidarité. Pour cela, trois associations ont été sélectionnées par le diocèse : l’Association pour l’amitié (l’APA), qui accueille en colocation des personnes de la rue ; Marthe et Marie, qui fait cohabiter mères célibataires et jeunes pro ; et l’association Simon de Cyrène, qui accueille des personnes handicapées aux côtés de personnes valides. Ces trois associations représentent une sorte de vitrine de ce que fait l’Église dans le domaine de la solidarité. Ce projet, baptisé Marguerite-Marie [du nom de sainte Marguerite-Marie Alacoque, visitandine à Paray-le-Monial, Saône-et-Loire, NDLR], ne se veut donc pas un centre d’hébergement pour les personnes fragiles, mais bien un lieu de vie en commun.

P. N.-D. – Le projet comporte également deux autres parties. Lesquelles ?

J. M. – La partie solidarité représente environ 40% de la surface totale. Il y aura également une partie pastorale, avec une chapelle et des salles de réunion, ainsi qu’un foyer dont l’utilisation reste encore à définir. Une troisième partie, représentant près de 4 000 m² de surface plancher, sera constituée d’un immeuble de location, dont les revenus permettront de rembourser les emprunts et d’entretenir le site. Enfin, le jardin de 4 000 m², conservé dans la partie pastorale, sera ouvert en journée au public et comportera un jardin potager.

Le projet Marguerite-Marie a reçu un soutien financier de la Fondation Notre Dame.

Propos recueillis par Priscilia de Selve

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