Autisme : la « cage » et l’amour de Dieu

Lundi 21 janvier 2019, St-Léon (15e) organise une conférence autour du témoignage de Marguerite, jeune autiste décédée en 2011, catéchisée plusieurs années à la paroisse. L’occasion de revenir sur l’accompagnement spirituel des jeunes atteints de troubles autistiques au sein du diocèse.

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« Nous demandons à être reconnus comme des êtres priants. » - Marguerite
© Marie Bourdel

Maman, toi tu es là pour gérer les détails matériels. Et moi, je suis là pour t’élever. » Marguerite, décédée à 28 ans, en 2011, d’une crise d’épilepsie, était atteinte d’autisme, détecté très tôt. Sa grande sœur, son père, sa mère, chacun à leur manière, avaient décidé de se battre pour lui rendre la vie plus facile. En dépit des coups de griffe, de l’incommunicabilité, de l’intensité de sa souffrance… à la mesure de l’intensité de sa foi et des moments précieux et joyeux vécus avec elle. « Parmi les choses évidentes que nous pouvions lui offrir pour la nourrir, j’ai vite pensé au catéchisme, raconte aujourd’hui sa maman, Marie- Claude Bridelance.

Si j’ai un message à donner de la part de Marguerite, ce serait celui-ci : même si vous doutez qu’un enfant autiste puisse comprendre quelque chose à la Bible, aux mystères de la foi, ne les laissez pas comme des plantes sans arrosage. Permettez- leur, ne serait-ce que d’entrouvrir la porte de leur cœur à Dieu. » Catéchisée plus de quinze ans, notamment à St-Léon (15e) puis à St-Jean-Baptiste de La Salle (15e), Marguerite laisse un témoignage de foi exigeante, non sans combats spirituels, décrit dans un ouvrage publié après sa mort par sa famille [1]. Il s’appuie sur des échanges écrits ou oraux, nombreux, que sa mère, ses catéchistes, des personnes rencontrées dans le cadre d’associations telles que À bras ouverts ou Foi et lumière, ont pu avoir avec elle grâce à la méthode d’orthophonie appelée « communication facilitée » (ou CF).

Si cette méthode reste controversée et n’est plus utilisée dans le cadre de la catéchèse du diocèse depuis 2017, elle n’en a pas moins permis de recueillir un témoignage précieux. Dans sa lettre écrite au pape Jean-Paul II qui la reçut au Vatican en 2000, Marguerite écrit : « Je suis une autiste touchée par la foi et aimée par le cœur de Jésus. […] Il est important de savoir que les autistes sont libres, malgré leur cage, grâce à l’amour de Jésus. Nous demandons en tant qu’autistes à être reconnus comme des êtres priants, car c’est notre don précieux. […] Je vous adresse une marque de foi chez les tout-petits sans langage apparent mais qui dialoguent avec le divin. »

En France, l’autisme touche près de 100 000 personnes de moins de 20 ans, « regroupant des profils extrêmement divers, rappelle Claude Morin, en charge de la formation des catéchistes spécialisés dans le diocèse de Paris. À Paris, ils sont pris en charge soit au sein de catéchèses spécialisées regroupant divers troubles psychiques, soit dans des groupes spéciaux pour jeunes autistes, au nombre de cinq. Nous voudrions d’ailleurs toucher plus de parents, qui ne sont pas toujours au courant qu’ils existent. » « … Et toucher aussi de potentiels animateurs de catéchèse », plaide Marie, jeune journaliste, bénévole au St-Esprit (12e) pour un groupe de jeunes autistes, créé en avril 2017, à la demande de quatre familles de l’Est parisien, dont celle de Simon, 10 ans, qui depuis, a reçu le baptême. Aujourd’hui, ils sont six enfants de 10 à 16 ans. Et le grand frère de Simon (non atteint de trouble autistique), non-pratiquant, vient de demander à préparer sa première communion avec lui…

Laurence Faure

[1Une conférence est organisée le 21 janvier 2019 au théâtre Saint-Léon (15e), à 20h30, autour du témoignage de Marguerite, retranscrit dans l’ouvrage Marguerite – Je suis une humble autiste qui a eu une grâce (éd. Parole et Silence, 2018). 11, place du cardinal Amette, 15e.

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