Catherine, le respect de la chair

Depuis six ans, Catherine accompagne humainement et spirituellement des personnes malades et leurs familles. Une expérience qui a profondément modifié son rapport au corps.

« Je crois à la résurrection de la chair. »

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© Céline Marcon

Face aux personnes qui ont un corps abîmé, notre premier réflexe est souvent de détourner le regard. Les altérations physiques nous renvoient à une souffrance que nous avons du mal à affronter. Pour Catherine, 53 ans, il a toujours été essentiel de dépasser cette appréhension. Des études scientifiques l’ont d’abord amenée à s’interroger sur la beauté et la fragilité de la vie. Mais c’est dans l’intimité des chambres d’hôpital qu’elle a réellement appris à aimer les personnes dans leur globalité, pas seulement leur âme mais aussi leur corps, quel que soit leur état. Mère de deux enfants, elle assure depuis six ans la mission de responsable de l’aumônerie catholique de l’hôpital Saint-Louis (10e). « Si Dieu s’est fait homme, c’est que la chair a une importance à ses yeux. Jésus a souffert, est mort et est ressuscité dans son corps. Qu’une personne soit fragilisée dans son corps ou non, elle est aimée de Dieu et ressuscitera dans son corps transfiguré. La contempler avec le regard de la foi, c’est la respecter dans sa dignité et essayer de la voir en vérité », soutient-elle, avec son sourire apaisant. Elle a expérimenté avec les personnes malades combien le don d’amour changeait tout. Un jeune homme, hospitalisé dans le service de stomatologie, lui a un jour confié : « Mon visage déformé trahit ma fragilité, mais quel réconfort de me sentir regardé comme un frère et aimé ! » Parfois, les situations peuvent s’avérer très délicates, comme dans le service des grands brûlés. De ces rencontres souvent éprouvantes, elle tire aussi une espérance : « À l’hôpital, je reçois plus que je donne. Jésus est venu sur terre pour sauver tous les hommes, mais il a prêté attention en particulier aux plus fragiles. Et il a lui-même subi des blessures physiques profondes. Aussi, je vois dans les personnes qui souffrent un signe de sa présence vivante, de sa résurrection, et donc de la résurrection de l’homme en général. » Autrement dit, pour elle, un corps abîmé porte la promesse d’un corps glorieux.

L’espérance chrétienne

La résurrection de la chair est un point du mystère de la foi difficile à aborder. « Dans la période de la maladie, les patients ont du mal à parler de leur corps, car sa transformation les fait souffrir physiquement et psychologiquement. Pour leurs familles, c’est aussi un changement difficile à accepter », constate Catherine. Cependant, l’espérance chrétienne est souvent présente au fond des cœurs : « Dans la chambre mortuaire, la famille a souvent besoin de toucher avec tendresse le corps de celui qui vient de la quitter, comme si elle espérait le retrouver un jour. » Catherine est aussi émue par un autre geste : lorsque le prêtre donne le sacrement des malades, il touche la peau du malade avec une huile sainte qui pénètre et réconforte. « C’est un sacrement de vie, dans lequel le corps a une place importante », souligne-t-elle. Dans la chapelle de l’hôpital Saint- Louis, l’aumônerie organise plusieurs fois par an des soirées de prière pour les personnes malades et leurs familles avec adoration du Saint-Sacrement. Dans ces moments de ferveur, la foi de Catherine en la résurrection de la chair se renforce. « Je sens vraiment pendant l’adoration que le Christ est en nous et présent parmi nous, qu’il est vraiment ressuscité. » • Céline Marcon

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