Conseil presbytéral : « Un lieu de résonance »

Dissous à la suite de la démission du cardinal André Vingt-Trois, le Conseil presbytéral de Paris trouvera une nouvelle composition après l’élection prochaine de ses membres. Qu’est-ce que ce Conseil ? À quoi sert-il ? Réponses avec son ancien vice-président, le P. Antoine d’Eudeville, curé de N.-D.-des-Champs (6e).

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Le P. Antoine d’Eudeville, curé de N.-D.-des-Champs (6e), était vice-président du Conseil presbytéral du diocèse jusqu’à la démission du cardinal André Vingt-Trois.
© Isabelle Demangeat

Paris Notre-Dame – Le Conseil presbytéral : qu’est-ce que c’est ?

P. Antoine d’Eudeville - C’est une instance représentative et consultative prévue par le Code de droit canonique pour aider l’évêque dans sa mission de gouvernement. À Paris, il est composé d’une quarantaine de membres. Plus de la moitié est élue par les doyennés : un prêtre ou deux si le doyenné abrite plus de vingt-quatre prêtres en mission. L’autre moitié est constituée de membres de droit, comme les vicaires généraux, ainsi que de prêtres choisis directement par l’archevêque. Il est exclusivement constitué de prêtres : vicaires, curés, aumôniers en hôpital ou au sein d’aumôneries de jeunes, de prêtres en mission en dehors du diocèse, etc. Son président est l’archevêque (ou l’évêque) et le vice-président, élu par ses membres. La durée de son mandat est de quatre ans. Lors d’un changement d’évêque, le Conseil est automatiquement dissous, comme le prévoit le Code de droit canonique. À Paris, Mgr Michel Aupetit a convoqué, le 11 mai, les membres du Conseil dissous à la suite de la démission du cardinal André Vingt-Trois, afin de réfléchir à d’éventuelles évolutions avant la prochaine élection. Celle-ci devrait avoir lieu dans les semaines à venir.

P. N.-D. – Concrètement, quel est son rôle ?

A. E. – Si le Code de droit canonique le considère comme « le Sénat de l’évêque », le Conseil presbytéral est avant tout un lieu pour aider l’archevêque dans un certain nombre de questions ayant trait à la vie du diocèse et à celle de ses clercs. C’est un endroit où les prêtres relaient ce qu’ils observent sur le terrain. Ce n’est pas un syndicat où certains feraient valoir des revendications, mais plutôt un lieu de résonance. Par exemple, l’année dernière, lors d’une de nos trois réunions annuelles, nous avons abordé l’impact des élections sur nos communautés, et la question du ressourcement des prêtres. Nous avons également évoqué le sujet de la relation du prêtre avec son vicaire général, les modalités de leurs rencontres, etc. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait, sur ce point, une vraie attente du presbyterium. Nous avons ainsi tiré de nos discussions une mise à jour d’un vademecum pour la rencontre entre le prêtre et son vicaire général.

P. N.-D. – Que tirez-vous de ces rencontres avec l’archevêque ?

A. E. – Il est rare que nos réunions donnent lieu à un document qui devienne officiel. Le but du Conseil presbytéral est d’apporter des éléments de réflexion. Ceux-ci peuvent cependant donner suite à une note précise. Je pense notamment à ce communiqué du cardinal Vingt-Trois, en juin 2016, faisant le point sur le dispositif du diocèse en matière de lutte contre les abus sexuels. Nous avions, auparavant, abordé la question lors de l’une de nos réunions. Articulées autour d’un temps de réflexion en petits groupes et d’une mise en commun ultérieure, elles permettent souvent une liberté de ton. Le tout dans une ambiance fraternelle et bienveillante, malgré notre grande diversité.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat

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