« Dire aux jeunes que nous avons besoin d’eux »

Il s’est démarqué, pendant le synode des évêques sur les jeunes et les vocations, par son intervention sur la sexualité et sa présence sur les réseaux sociaux. À quelques jours de la clôture du synode, Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon (Rhône), revient sur les temps forts de ce moment historique.

Paris Notre-Dame – La semaine dernière, vous avez été chargé, avec une équipe, d’écrire une lettre aux jeunes. Qu’aimeriez-vous leur dire ?

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Mgr Emmanuel Gobilliard est l’un des quatre pères synodaux français. Il est évêque auxiliaire du diocèse de Lyon (Rhône).
© tekoaphotos

Mgr Emmanuel Gobilliard – Les pères synodaux ont en effet demandé à une équipe de huit personnes dont je fais partie qu’un message, bref, puisse être envoyé aux jeunes à la fin du synode. Celui-ci n’a pas pour vocation de résumer ou de rem¬placer le document final officiel qui fera plus d’une centaine de pages. Mais bien d’être lu par le plus grand nombre. Il sera sûrement repris dans le cadre d’une vidéo. Peut-être s’agira-t-il de témoigner sur ce qu’on a vécu pendant le synode. De dire aux jeunes qu’on a besoin d’eux. Eux aussi sont les protagonistes de l’évangélisation auprès des jeunes. Cela rejoint cette idée lancée par nous, évêques français, de créer un ministère pour les jeunes missionnaires. C’est une façon de dire aux jeunes : vous faites partie de l’Église, vous devez agir !

P. N.-D. – Comment avez-vous vécu ce synode ?

E. G. – J’ai été profondément marqué par l’entière disponibilité du pape François. Il se donne vraiment. Ce n’est pas une stratégie de communication. Il nous écoute, attentif.
L’unité de cette assemblée s’est faite progressivement. Unité qui est de l’ordre, pour moi, de la communion dans l’Esprit Saint. Il y a quelque chose qui nous dépasse complètement, ici. J’ai moi-même été surpris par certaines de mes interventions. J’ai été poussé à le faire. Je pense notamment à mon intervention au sujet des personnes vivant un célibat non choisi. J’ai décidé d’intervenir en quelques secondes. Il fallait qu’on ne les oublie pas, qu’on réfléchisse à leur vocation. C’était mon cri. D’autres en ont aussi lancé. À chaque fois, ces « cris » étaient justifiés. Je crois que cette spontanéité est assez nouvelle dans un synode. Cette même spontanéité qui m’a poussé à poster régulièrement sur les réseaux sociaux des interviews filmées de certains participants.

P. N.-D. – Vous vous êtes démarqué par votre présence sur les réseaux sociaux mais aussi par votre intervention autour de la sexualité. Pourquoi était-il important, pour vous, d’attirer l’attention sur cette question ?

E. G. – Quand j’ai appris ma nomination au synode, j’ai demandé au cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux (Gironde), comment je devais me préparer. Il m’a répondu qu’il fallait que je comprenne pourquoi l’Esprit Saint m’avait choisi. Il se trouve que j’ai été formé sur les questions de sexualité, j’ai écrit deux livres à ce sujet. Je me suis dit que ma mission était d’en parler. Dans le contenu, je n’ai rien dit d’autre que l’enseignement de l’Église. Mais peut-être que ce qui a été extraordinaire a été le fait d’en parler. Nous sommes parfois un peu trop frileux, dans l’Église, pour aborder la sexualité.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat

Voir aussi

- Le dossier complet sur le Synode de la Pastorale des jeunes adultes

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