Donner à la quête, même confinés

Le diocèse de Paris a créé une plateforme sur internet pour permettre aux fidèles de continuer à apporter leur offrande dominicale. L’enjeu est réel. Il s’agit de permettre aux paroisses de continuer à assurer leurs missions.

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La quête, un moment d’offrande
© Trung-Hieu Do

Il apparaît debout dans une église lumineuse, mais vide. Sur fond sonore léger, le P. Richard Escudier, curé de St-Pierre du Gros-Caillou (7e), s’adresse à ses paroissiens via une vidéo de la chaîne YouTube de sa paroisse. « Sachez que vous nous manquez beaucoup », confie le prêtre. En ce jour, le P. Escudier a une demande particulière. Il invite ses fidèles à participer matériellement à la vie de leur paroisse. Car si leur église ne les accueille plus physiquement, leur paroisse continue son œuvre missionnaire. Elle continue de vivre. « Les charges sont les mêmes », explique le prêtre. Il y a les bâtiments à entretenir, les salaires à verser… Et ce, alors que l’église ne perçoit plus le revenu de la quête, des troncs et des bougies. Une situation qui dure depuis plus de cinq semaines aujourd’hui et qui n’est pas prête de revenir à la normale. Est-ce inquiétant ? « Nous ne sommes pas dans l’angoisse, confie le P. Escudier, mais si cette situation dure, elle pourrait déstabiliser l’équilibre financier et économique de la paroisse. »

Une part non négligeable

Fait particulier à l’Église de Paris, les paroisses assurent elles-mêmes leurs ressources financières. Leur principale source de revenus est le Denier de l’Église provenant de la générosité des fidèles. « Pour financer toutes ses missions et activités au service des paroisses, le diocèse de Paris opère un prélèvement de 3,5 % sur celui-ci, explique Christophe Rousselot, directeur du développement des ressources financières du diocèse de Paris. Les libéralités (legs, donations, assurance-vie…) permettent à l’Église dans son ensemble d’équilibrer ses comptes. » Outre le denier qu’elles perçoivent, les paroisses se financent par d’éventuels revenus immobiliers et par les quêtes dominicales, les cierges et les troncs, qu’elles reçoivent dans leur intégralité. À titre d’exemple, la quête dominicale, ainsi que les troncs, rapportent en temps normal, à St-Pierre-du Gros Caillou, entre 3 500 et 4 000 € chaque dimanche. Somme non négligeable. Pour permettre aux paroisses de continuer à percevoir ce revenu alors que les fidèles et les prêtres sont soumis au confinement strict, « nous avons donné la possibilité aux fidèles des paroisses parisiennes de donner à la quête, surtout lors des messes diffusées via YouTube, de telle façon que celles-ci bénéficient de 100 % de toute la recette », précise Christophe Rousselot. Le moyen : une plateforme sur le Net sécurisée et sans intermédiaire – quete.paris.catholique.fr. À ce jour, 89 253 € ont été collectés, 2 100 donateurs, enregistrés. La Conférence des évêques de France a, elle-aussi, lancé une initiative du même ordre, mais avec l’aide d’un acteur privé (voir p. 11 de ce numéro). Autre possibilité : une application numérique, La Quête, auxquelles ont souscrit une cinquantaine de paroisses parisiennes. « Lorsque nous pourrons regagner nos églises, la plateforme de don en ligne disparaîtra, annonce Christophe Rousselot. En effet, le sens de l’offrande pendant la liturgie est capital. » La quête a une forte dimension spirituelle. Elle rappelle, à chacun, comme l’explique le P. Stéphane Esclef, curé de St-Jean-Baptiste de Belleville (19e) « la grande aumône que le Christ fait par le don de sa vie dans le sacrifice eucharistique ». Il ajoute : « Par elle, tous les fidèles, qui ont offert dans la prière leur vie quotidienne et leurs intentions personnelles, trouvent aussi une manière concrète et matérielle de s’unir au Christ qui s’offre à son père dans un don total et généreux. »

Isabelle Demangeat @LaZaab

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