Il y a un an, sauver Notre-Dame

Dès le lendemain de l’incendie du 15 avril 2019, les équipes du chantier de Notre-Dame de Paris se mobilisaient en urgence pour sauvegarder l’édifice. Retour sur des jours déterminants, tandis que Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, célébrait ce Vendredi saint 2020 au sein d’une cathédrale convalescente.

© Pierrenoël

Nous étions comme dans une bulle. Il fallait agir en urgence, fixés sur nos objectifs. » Le lendemain du 15 avril 2019 et depuis, Didier Durand, directeur de l’entreprise Pierrenoël, n’a pas compté ses heures pour panser la cathédrale séculaire. Tout comme les membres des autres entreprises et ceux de la maîtrise d’ouvrage du chantier de restauration de Notre-Dame débuté au printemps 2018. « Depuis l’incendie, toutes les étapes de la sécurisation ont compté, explique l’entrepreneur spécialisé dans la taille de pierres. Mais les premiers jours après le drame ont été déterminants. J’ai réalisé que je ne serai plus jamais le même après. » Le 16 avril 2019, passée la nuit de lutte contre les flammes qui ont emporté les 800 m3 de la charpente quasi millénaire de Notre-Dame et causé la perte de plus de 15% de ses voûtes, le pignon nord provoque des sueurs froides. Rue du Cloître Notre-Dame (4e), un appartement a été réquisitionné par les pompiers pour surveiller ses mouvements par un système laser. La statue de saint Landry surmonte toujours le pignon. Mais pour combien de temps ? « Si elle tombait, rappelle Didier Durand, elle emmenait la rose nord avec elle, et le risque majeur était que les immeubles en face soient touchés. » En coordination avec les pompiers et la maîtrise d’ouvrage, plusieurs ouvriers vont déposer la statue malgré le danger, pesé mais encouru, à l’aide d’une nacelle affrétée en un temps record. « J’ai dû perdre dix ans de ma vie ce jour-là ! Mais tous les hommes impliqués ont dit que Notre-Dame le valait bien », se souvient l’entrepreneur. Le 19 avril, c’est au tour de l’ange de l’Apocalypse, au faîte du pignon ouest, qui menaçait de s’écrouler sur le grand orgue épargné. Fendu en deux, l’ange fut déposé, enserré dans des mètres de papier-film. Les statues, par leurs chutes, menaçaient d’entraîner les pignons en l’absence de la charpente. Les chimères de la tour sud menaçaient, elles, de tomber sur les voûtes de la nef. Leur dépose successive est réalisée avec Pierrenoël entre mi-avril et juin 2019, en coordination avec les équipes du chantier conduit par Philippe Villeneuve, architecte en chef des Monuments historiques.

Et après ? Outre la mise hors d’eau et la mise en place, à l’été 2019, du protocole de sécurité lié au risque de contamination au plomb, il y eut le tri des vestiges intérieurs, en lien avec la police scientifique et les laboratoires des Monuments historiques. Mais aussi, le dégagement des voûtes avec les cordistes de la société Jarnias, la pose des vingt-huit cintres colossaux (Le Bras Frères) soutenant les arcs-boutants. Enfin, la préparation très technique de la dépose inédite de l’échafaudage (Europe Échafaudage) calciné, au-dessus de la croisée du transept… En cette mi-avril 2020, alors que le chantier est à l’arrêt pour cause de confinement général, une réouverture partielle est à l’étude, selon les consignes de sécurité sanitaire. « On fait mémoire de l’incendie d’une manière triste, confie enfin Didier Durand. Il est frustrant de ne pas le vivre ensemble, avec toutes les équipes du chantier. Mais on prépare déjà la suite des travaux. » Régisseur général de la cathédrale, membre de l’Atelier Notre-Dame en charge du nouvel aménagement liturgique, Laurent Prades reste optimiste. « Ce 15 avril 2020 est un anniversaire douloureux mais également teinté d’espérance. Car nous travaillons déjà à l’avenir de Notre-Dame, tant en termes d’aménagements et de parcours, que de redéploiement des activités de la cathédrale. »

Laurence Faure @LauFaur

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