Ils chantent la beauté de l’Évangile dans la rue

Leurs voix enchantent les passants. Chaque dimanche, une quinzaine de jeunes entonnent a cappella des chants chrétiens dans la rue, le plus souvent sur des marchés. Reportage sur ce groupe diocésain missionnaire, appelé Choralame. • Par Céline Marcon

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Des jeunes catholiques du groupe Choralame offrent un concert gratuit aux passants sur le marché de l’avenue de Versailles (16e).
© Céline Marcon

Un dimanche matin sur l’avenue de Versailles (16e). Dans le brouhaha d’un marché parisien,une quinzaine de voix s’élèvent soudain a cappella pour entonner Couronnée d’étoiles (Marc Dannaud) ou un Ave Maria (Georg Friedrich Hændel). La sérénité émanant de ce chœur polyphonique, appelé Choralame, contraste avec l’agitation ambiante. Elle interpelle de nombreux passants. Certains ralentissent le pas, d’autres s’arrêtent quelques minutes. Les enfants, en particulier, s’approchent spontanément. L’émotion se lit dans les yeux des spectateurs. L’un d’eux laisse même couler quelques larmes.Traînant un caddie, une femme glisse : « Merci pour ce joli moment ! »

Des chants paisibles

Les choristes ne demandent pas d’argent, au grand étonnement de leur public. Leur but ? Témoigner de leur foi et apaiser les âmes. Âgés de 20 à 35ans, ces jeunes catholiques sont issus de diverses paroisses parisiennes et soutenus par le diocèse. Au total, ils sont une centaine à s’investir dans le projet et à alterner des représentations d’une heure chaque dimanche. Lancé l’été 2012, il est né de l’initiative de trois amis, dont Rémy, un trentenaire barbu : « Cette formule nous semblait adaptée à une grande ville. Elle permet d’aller à la rencontre des gens, avec une approche bienveillante et non offensive. » Pour lui, le choix du répertoire est important : « Nous avons opté pour des chants sacrés doux, paisibles mais pas trop méditatifs. Nous espérons que leur beauté peut apporter un moment de bonheur et toucher spirituellement. »

Un temps de prière

Ce chœur missionnaire revient tous les dimanches, pendant un mois, sur un même lieu. Un moyen d’habituer les habitants à leur présence et parfois de susciter des échanges avec eux. Cependant, les moments forts se vivent surtout par la communication non verbale. « Je suis touchée par le regard des personnes qui nous écoutent. Je sens que nos voix les apaisent », témoigne Marine, une choriste à la voix douce. Chaque concert, pour elle, est « un temps de prière ».

Les membres de Choralame sont en effet les premiers à être touchés spirituellement. Pour Henri, 27 ans, cette expérience a été « un tournant » dans sa vie de catholique : « Témoigner de ma foi m’a incité à réfléchir sur ce qu’elle signifiait pour moi, à la rendre plus profonde. » Il apprécie aussi le partage de la foi avec les autres choristes. Ils se retrouvent une fois tous les deux mois pour une nuit d’adoration. Avant chaque concert, ils participent à la messe et, après, à un déjeuner. Au fil des mois, ce groupe de jeunes, venant de divers quartiers, a su créer une vraie cohésion, au-delà de leurs différences. •

Témoignage
P. François-Xavier Desgrange, aumônier de Choralame

« Le chant est un prolongement de l’incarnation du Christ, comme l’a notamment expliqué le pape Benoît XVI : à travers des voix, Dieu peut toucher les spectateurs. En chantant, les jeunes de Choralame expriment de manière gratuite et douce leur joie d’être chrétiens. Il est difficile de mesurer la fécondité d’une telle initiative. En tout cas, je constate un mûrissement de la foi de ces choristes parce qu’ils réfléchissent au choix de leur répertoire et partagent la prière. »

Plus d’infos

- www.choralame.fr ;
Contact : choralame@gmail.com

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