La grâce de Lourdes

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Ordonné prêtre pour le diocèse de Paris, Mgr Jacques Perrier est évêque émérite de Tarbes et Lourdes.
© D.R.

P. N.-D. – Le 11 février, c’est la fête de Notre-Dame de Lourdes. Dans votre dernier livre [1], vous témoignez que 158 ans après son apparition dans la grotte de Massabielle, elle déploie encore sa grâce initiale. Quelle est-elle ?

Mgr Jacques Perrier – Notre-Dame de Lourdes apporte avant tout un message de lumière et d’espérance, qui attire toujours un grand nombre de pèlerins. Elle a prononcé, en 1858, des paroles importantes : « Je suis l’Immaculée Conception. » Une affirmation qui correspond au dogme de la foi catholique promulgué peu de temps avant (1854). Sainte Bernadette, à laquelle est apparue Notre-Dame de Lourdes, touche de nombreuses personnes. C’est une jeune fille simple, pauvre et lumineuse : elle reflète une part du mystère de la Vierge Marie. Par ailleurs, la grâce initiale de Lourdes est d’être un sanctuaire accessible à tous, où des pèlerins très différents se sentent accueillis. Cette année, c’est l’occasion d’y aller pour vivre le Jubilé de la miséricorde de manière intense.

P. N.-D. – En quoi ce lieu est-il lié à la miséricorde divine ?

Mgr J. P. – Il est possible de la recevoir à Lourdes grâce au sacrement de réconciliation, mais aussi grâce au chemin de Croix et au signe de l’eau. Lorsque Bernadette a mis au jour une source d’eau, à la suite des indications de la Vierge Marie, elle était au départ boueuse – en signe du péché des hommes – et au fur et à mesure qu’elle coulait, elle est devenue plus claire – en signe de la purification par Dieu des péchés. Lourdes est aussi un lieu où s’exercent les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. De nombreux bénévoles (on en compte actuellement environ 100 000 chaque année) accueillent les malades et les pèlerins. Cela fait partie de l’esprit de Lourdes.

P. N.-D. – Depuis 1992, la fête de Notre-Dame de Lourdes est associée à la Journée mondiale de prière pour les malades. Comment l’accompagnement de ces personnes par l’Église a-t-il évolué ?

Mgr J. P. – De tout temps, les chrétiens se sont investis auprès des personnes malades. Cependant, on constate une évolution depuis une cinquantaine d’années : de plus en plus, au-delà du soin, ils aident les malades à être intégrés dans la société et dans les communautés paroissiales, à ne pas en être exclus. Ils y ont pleinement leur place et peuvent y apporter quelque chose. Saint Jean- Paul II a insisté sur cette dimension. Cette évolution s’est traduite concrètement à Lourdes, par exemple, par la participation des malades aux célébrations et aux processions, alors qu’auparavant, ils n’y étaient pas admis. À Paris, à l’heure actuelle, de nombreux malades restent seuls chez eux car ils ont des difficultés à se déplacer. Je crois que c’est un des rôles des paroisses de les sortir de la solitude. • Propos recueillis par Céline Marcon

[1Lourdes dans l’Histoire. Église, culture et société de 1858 à nos jours (Éd. L’Harmattan, 2015).

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