Les JMJ de Rio en 2013

Un groupe de jeunes sourds venant de toute la France est parti à Rio, au Brésil 12 au 30 juillet 2013.

avec le soutien de la Fondation Notre Dame.
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Témoignage

Le Brésil semblait être un rêve inaccessible, enfin pour certains, mais pourtant nous l’avions réalisé du 12 au 29 juillet 2013 lors des Journées Mondiales de la Jeunesse. A l’instant où j’écris ces lignes, j’ai toujours en mémoire notre arrivée à l’aéroport où nous avions posé notre pied sur le sol brésilien pour la première fois pour la plupart d’entre nous.

Le panorama qui s’offrait à nous était époustouflant. Un paysage qu’on pourrait qualifier de contrasté, entre les hôtels de luxe et les favelas qui se côtoient.

Néanmoins, lors de nos premiers jours à Rio de Janeiro, capitale économique du Brésil, nous avons eu le plaisir de parcourir le Mont du Corcovado en Trem du Corcovado, afin de contempler le Christ Rédempteur (el Cristo Redentor en portugais) dans toute sa majesté et de nous relaxer en sirotant du jus de noix de coco sur le sable de la légendaire plage Copacabana. En trois jours, nous avions fait une visite express de Rio de Janeiro.


En effet, à l’aube nous partions pour Belo Horizonte en car. Six heures de trajet, et nous étions tous épuisés à l’arrivée mais ce n’était sans compter l’incroyable comité d’accueil que l’on nous avait réservé. Un accueil si chaleureux que nous avions vite oublié notre fatigue. Une dizaine de Brésiliens issus de la paroisse de Santo Ignacio guettaient notre arrivée, le sourire éclatant rehaussé par leur T-shirt jaune de volontaire et des banderoles à la main avec des slogans écrits en français s’il vous plait, vous imaginez bien que ça nous a filé vite la pêche.

Une semaine extraordinaire de découvertes, de rencontres, d’amitié et surtout de prise de conscience. Les jours suivants, nous avions établi un rythme : à l’aube nous allions à la messe en petite comité certes mais pas moins vivant, puis l’après-midi nous partions en excursion dans les rues tantôt montantes tantôt descendantes (40°) de Belo Horizonte et le soir nous retournions à l’église pour une messe plus importante.

Peter et Tissa, deux des volontaires, avaient insisté pour nous emmener à l’hôpital afin de dénoncer la politique gouvernementale vis-à-vis du coût des soins qui faisait polémique à ce moment-là. Nous avions ainsi fait la rencontre de certains médecins qui regrettaient le système de santé, comme le manque d’intimité omniprésent entre les patients, mais ils faisaient du mieux qu’ils pouvaient pour éviter cela.

Curieux mais quelque peu méfiants à l’idée de découvrir la vie dans les favelas, nous sommes partis dans une tournée de visites accompagnés d’une sœur de la paroisse Santo Ignacio qui était venue prier et bénir les malades, infirmes. Cette visite a été particulièrement émouvante, c’était aussi la plus dure. Les conditions de vie dans les favelas étaient vraiment sommaires, mais les habitants avaient toujours le sourire aux lèvres, le cœur sur la main. Un état d’esprit que l’on retrouvait chez la plupart des Brésiliens.

Sur une note plus gaie, nous nous sommes adonnés avec joie à la batterie lors d’une visite à centre d’accueil éducatif, encouragés par les enfants et leur professeur de musique.

Après une collation dans la soirée, nous retournions à l’église Santo Ignacio pour assister à la messe du soir, un peu plus intense car nous nous mêlions avec d’autres paroissiens ou habitants de la ville. Beaucoup de chants et de musique rock (qui l’eut cru ?), en effet un jeune groupe de rock chrétien ponctuait nos prières.

En dernière partie de la messe, une femme a témoigné de sa foi devant les paroissiens. Elle mit tellement de ferveur dans son discours que la foule en émoi versa quelques larmes. J’étais littéralement abasourdie. Même en portugais, une langue que je ne maîtrisais pas, je devinais l’importance de leur foi.

Par hasard, lors d’un festival d’arts à Belo Horizonte nous sommes tombés sur une sourde, Cesara, qui nous a fait part d’une messe exclusivement réservée aux sourds le soir-même. Autre séquence émouvante. Une autre "famille" que nous avons découverte. Malgré la barrière de la langue, notre entente a été immédiate.

Le lendemain, après des adieux émouvants, nous étions de retour à Rio de Janeiro cette fois pour la semaine des JMJ. Nous étions hébergés dans un collège désert, puisque c’était les vacances d’hiver pour les Brésiliens. Le jour suivant, le 22 juillet, dans l’après-midi nous nous sommes rassemblés entre pèlerins et locaux sur la plage Copacabana aménagée exprès pour la venue du Pape François, ou de Papa Francisco pour les Brésiliens. Une attente interminable, où l’on secouait avec vigueur le drapeau français, drapeau noyé parmi une masse de drapeaux de diverses nationalités, tout en scandant « Papa Francisco ». Tous réclamaient la venue du Pape, et notre groupe s’est pris au jeu.

Après quelques heures à s’impatienter, nous avions eu enfin la chance de voir le Pape, qui avait atterri dans un hélicoptère sous nos yeux.


Le point culminant de notre périple. Le Pape, ayant fini sa tournée, a fait un discours évoquant le « cœur immense des Brésiliens », et sur l’importance pour un jeune de cultiver sa foi. « Allez donc ! De toutes les nations, faites des disciples » déclara François.


Nous étions placés dans le section VIP en raison de notre surdité, par la même occasion nous avons rencontré d’autres sourds, brésiliens, italiens, roumains et chiliens.

Et d’Amérique du Nord

Pour achever cette semaine de JMJ, a eu lieu une messe avec le Pape une nouvelle fois à la plage Copacabana.

- Télécharger le discours du Pape François

Au final, conclut François, un jeune du groupe : « Aller aux JMJ c’était une belle expérience d’humanité et de découverte de soi. Des moments inoubliables avec les sourds du monde entier »

Article écrit par Pauline

Vidéo en LSF : informations préparatoires pour JMJ 2013 à Rio

Regardez : la Langue des Signes Brésilienne (LIBRAS) ressemble quand même beaucoup à la LSF !

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