Les papes en visite à Paris
Les visites des papes en France ont été nombreuses au cours de l’histoire. Léon XIV est le dixième pape à se rendre à Paris.
Sont venus dans la capitale :
Étienne II en 754. Il vient à Saint-Denis renouveler le sacre du roi Pépin le Bref auquel il associe son fils Charles, futur Charlemagne. Lors de ce passage, il reçoit du roi ses États et l’institue avec son fils « Patrice des Romains » les honorant et les désignant ainsi défenseurs de la papauté.
Grégoire IV en 835. Il inaugure, également à Saint-Denis, en présence du roi Louis Ier le Pieux, de ses enfants et de nombreux évêques, la première fête de Toussaint célébrée dans le royaume. Ce faisant, il œuvre à la réconciliation des fils de Louis qui conduira au serment de Strasbourg, premier traité en français établissant la paix entre les frères.
Pascal II en 1107. Il reçoit à Saint-Denis Philippe Ier et son fils, le futur Louis VI le Gros, qu’il qualifie de « fils très dévoué des apôtres ».
Innocent II en 1131. Alors qu’un antipape s’oppose à lui, il est confirmé comme pontife au concile d’Étampes, et célèbre Pâques à Saint-Denis en présence de Louis VI et de saint Bernard.
Eugène III en 1147. En butte à une situation difficile à Rome qu’il doit quitter, il se rend à Paris. Lors de son passage il consacre l’abbaye Saint-Pierre de Montmartre assisté par saint Bernard et Pierre le vénérable, abbé de Cluny.
Alexandre III en 1163. Il doit aussi rechercher la protection du roi de France Louis VII, célèbre Pâques à Paris, confère au roi la rose d’or destinée à honorer le souverain « unique défenseur de l’Église après Dieu ».
Pie VII en 1804-1805. Il passe trois mois à Paris à l’occasion du couronnement de Napoléon. Lors de ses déplacements, l’accueil du peuple de Paris fait dire au Cardinal Antonelli qui fait partie de sa suite : « La foi de ce peuple est inexprimable ». Il s’était passé sept siècles depuis le dernier voyage papal, le siècle de Lumières et la Révolution n’avaient pas anéanti la foi.
Jean-Paul II en 1980. Il se rend à Paris à l’invitation de l’Unesco, l’Épiscopat et des autorités civiles. Au Bourget, il posait la question « France, Fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? France, Fille aînée de l’Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? » [1].
De nouveau à Paris à l’occasion des JMJ en 1997, Jean-Paul II invite les jeunes, « espérance du monde », à [élargir aux dimensions du monde l’appel à suivre le Christ : « Le temps ne s’arrête pas ici. Partez sur les routes du monde, sur les routes de l’humanité, en demeurant unis à l’Église du Christ… vous serez éclairés pour hâter la civilisation de l’amour » [2].
Benoît XVI en 2008. Dans le cadre du Jubilé des apparitions à Lourdes, Benoît XVI s’est fait pèlerin. À Paris, il a manifesté la fécondité de la rencontre de l’Évangile et de la culture humaine, en particulier pour l’inauguration du Collège des Bernardins.
Entre les papes et la France s’est ainsi construite une alliance, signe de l’Amour qu’unit le peuple à Dieu. Cet Amour, Jean-Paul II l’a réveillé lors de son premier voyage en élargissant à Paris et à la France, la question posée par le Christ à Pierre « aimes-tu, m’aimes-tu, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? », se réjouissant qu’elle soit posée en la cathédrale consacrée à la Mère de Dieu qui sut trouver une réponse parfaite à cette question. En 1997, il nous entraînait dans la réponse : « Manifestons tout notre amour au Seigneur, comme Pierre l’a fait en lui disant trois fois au bord du lac : “Seigneur tu sais bien que je t’aime” ».