L’Église
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À Paris

Paul VI, un futur bienheureux

P.N.-D. – Pour quelles raisons le pape Paul VI (1897-1978) sera-t-il béatifié le dimanche 19 octobre ?

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P. Jean Laverton, recteur de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre (18e) est membre de l’Institut Paul VI qui étudie la vie et la pensée de ce pape.
© Agnès de Gélis

P. Jean Laverton – Originaire de Brescia en Italie, très cultivé, francophile, Giovanni Battista Montini a entièrement consacré sa vie au service de la mission. Après avoir travaillé pendant trente ans à la Secrétairerie d’État au Vatican, tout en étant aumônier d’étudiants, puis avoir assuré pendant neuf ans la charge d’archevêque de Milan, il a été élu pape en 1963. Ce n’est pas un hasard s’il a choisi le nom de saint Paul, l’apôtre évangélisateur : pendant tout son pontificat, il a essayé d’ouvrir davantage l ’Église vers la mission, en lançant de nombreuses réformes pour simplifier l’organisation de la Curie romaine, la liturgie, etc. Il a aussi veillé à la mise en place concrète des conclusions du concile Vatican II, instituant par exemple le synode des évêques. Un autre trait de sa personnalité illustre, pour moi, la sainteté de sa vie : c’était un homme de dialogue. Sa première encyclique Ecclesiam suam [1] est d’ailleurs marquée par ce thème. Il y explique que Dieu, en donnant son Fils, est venu dialoguer avec l’homme et que, par conséquent, les chrétiens sont appelés à prendre l’initiative d’aller à la rencontre des autres. Concrètement, il a lui-même suivi cette démarche. C’est ainsi le premier pape à avoir pris l’avion pour neuf grands voyages, dont le premier fut en Terre Sainte. Il a aussi beaucoup œuvré pour l’unité des chrétiens, par exemple, en rencontrant, en 1964, Athénagoras, le patriarche de Constantinople. En résumé, c’était un disciple qui s’est décentré de lui-même pour s’ouvrir à la fois au Christ et à tout homme.

P. N.-D. - Pourtant, de son vivant, Paul VI n’a-t-il pas suscité des incompréhensions ?

P. J. L. – Il a, en effet, vécu une période difficile car le concile Vatican II a déclenché de vifs débats dans l’Église. Et ses positions sur la régulation des naissances dans l’encyclique Humanae vitae, publiée (1968), n’ont pas été comprises, à l’époque, par beaucoup de personnes. La sainteté d’une personne ne se juge cependant pas en fonction de l’opinion mais de sa fidélité au Christ. Pour moi, il a toujours montré cette fidélité et a osé prendre de bonnes décisions en dépit des critiques.

P. N.-D. - Vous avez rencontré à plusieurs reprises ce pape lorsque vous suiviez des études au séminaire de Rome. Quel souvenir en gardez-vous ?

P. J. L. – C’était un homme réservé, au physique frêle, et, en même temps, qui puisait une grande force dans la prière. Lorsqu’il célébrait la messe, on ressentait qu’il était vraiment ouvert à l’Esprit Saint. Il avait une grande profondeur spirituelle. J’ai été touché par sa grande attention aux personnes. À chaque fois qu’il rencontrait quelqu’un, il prenait le temps de le regarder dans les yeux, de lui serrer la main et de lui glisser quelques mots particuliers. Son humilité m’a aussi beaucoup marqué. À la fin de sa vie, il s’est même mis à genoux devant un métropolite orthodoxe : c’est un geste révélateur de sa vie toute donnée. • Propos recueillis par Céline Marcon

[1On doit retenir aussi de lui au moins trois autres grands textes : sa profession de foi (1968) ; Populorum progressio, une encyclique sur le développement des peuples (1967) ; Evangelii nuntiandi, une exhortation apostolique sur la mission (1975).

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