Un diacre en responsabilité d’un organisme chargé de former des éducateurs

Henri Miailhe, diacre du Diocèse de Paris, Président de la FACEL.

La vision chrétienne de l’homme, un éclairage pour l’éducation [1].

Le besoin éducatif est aujourd’hui peut être plus qu’hier et avant-hier un besoin pressant. Pourquoi ? Parce que la question de l’éducation est d’abord une question de fin, avant d’être une question de moyen. Or aujourd’hui une grande confusion règne quant à la vision de l’homme que nous pouvons proposer à nos jeunes.

En l’absence de vision anthropologique pas de vision éducative.

Nous avons à repenser notre proposition éducative à la lumière d’une vision de l’homme et bien évidemment tout particulièrement, d’une vision chrétienne de la personne. Sachant que l’être humain reste un mystère, c’est-à-dire, non pas quelque chose que l’on ne peut comprendre, mais quelque chose que l’on a jamais fini de comprendre.

La pédagogie des patronages retient trois axes : Ici on joue, ici on prie, ici on prend des responsabilités.

Ici on joue : Voilà des occasions variées pour le jeune de découvrir son corps, ses dons, son histoire mais aussi de découvrir l’altérité, le rôle des règles et de l’autorité. Apprendre à communiquer avec autrui. A découvrir le monde….
Tant il est vrai qu’une des caractéristiques de l’être humain est de recevoir gratuitement en héritage des dons et une histoire.

Ici on prie : Sous une forme ou sous une autre voilà l’occasion pour le jeune de découvrir au plus intime de lui-même une attente qui l’habite, une fragilité qui l’appelle à une relation, un désir qu’il ne peut combler par lui-même.
Tant il est vrai qu’il faut apprendre à se servir de sa liberté. Sa liberté qui consiste non dans la soumission à ses affects « fais comme tu le sens », mais en la faculté de décider en fonction des dimensions plus profondes de l’âme (mémoire, intelligence, volonté) ce qui vaut d’être vécu.

Ici on prend des responsabilités, école de l’attention aux autres. Trouver des occasions d’apprendre à partager, à laisser la place à l’autre. Apprendre très tôt à donner gratuitement c’est un chemin dont chacun dispose pour aller jusqu’à se donner à Celui qui est plus intime à lui-même que lui-même. A se découvrir aimé de Dieu et appelé par Lui d’une manière unique.

Tant il est vrai que nous pouvons laisser l’Esprit en nous accueillir l’Esprit de Dieu.
A une anthropologie du don correspond une éducation du don et donc de la liberté.
Si à l’image du Dieu Trinité, je suis un être de don fait pour la relation, alors accompagner l’éducation d’un jeune, c’est lui ouvrir ce mystère dans lequel il pourra réaliser sa liberté.
Nous pouvons alors chercher à développer une pédagogie de la liberté :
- Liberté d’autonomie par rapport aux pressions de la société et du groupe.
- Liberté de responsabilité : assumer les engagements choisis.
- Liberté de consentement : « le passé lui-même n’est pas écrit », car même le mal peut se retourner en occasion d’aimer…c’est le chemin pascal de Jésus !

Éduquer peut alors avoir pour finalité de partager à un jeune cette vision : « L’homme n’est pas fait pour la mort, mais pour la vie en plénitude ».

Alors pourquoi un diacre en responsabilité d’un organisme chargé de former des éducateurs ?

Parce qu’à l’image du Christ en Jean 13, à l’image du Christ qui lave les pieds de ses apôtres, le plus grand service qu’il est possible de rendre à l’homme c’est de l’aider à prendre conscience de sa grandeur. L’aider à prendre conscience de sa faculté unique dans la création de pouvoir librement accueillir l’amour de son Créateur, ce faisant, l’aider à devenir un homme, un homme accompli.

En 1995 le Cardinal Lustiger a mis en place à Paris, une fédération : la FACEL (Fédération des Associations Culturelles Educatives et de Loisirs) dans le but d’aider à la création et au développement d’Accueils de Loisirs et de Patronages, alors que la très grande majorité des patronages qui, jusque dans les années 50 existaient dans presque chaque paroisse, avaient pour la plupart disparu ou s’étaient transformés en club sportifs.

Dans le diocèse de Paris aujourd’hui, 40 centres reçoivent au total 10.000 enfants et jeunes. Nous assistons aussi en province, particulièrement en proximité des paroisses, à un développement assez rapide de centres nouveaux qui proposent à la jeunesse un lieu éducatif à travers des activités culturelles, sportives ou ludiques.

La FACEL (contact@facel-paris.com) dispose d’une expertise en matière juridique, financière, managériale pour la création et le développement d’Accueils de loisirs et de Patronages, mais aussi et surtout d’une capacité de formation et d’accompagnement des présidents, directeurs, animateurs, aumôniers à travers les BAFA et BAFD « diocèse de Paris », les propositions d’échanges d’expériences, les formations spécialisées ou les Ateliers Éducatifs des Bernardins lieux de rencontres et d’échanges sur des thèmes d’éducation à travers l’animation culturelle et sportive.

[1Ces lignes sont largement inspirées d’un article intitulé « La vision chrétienne de l’homme, une lumière pour l’éducation » proposé sur un site paroissial de la région lyonnaise.

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