Violence et société par le prisme du droit

P. N.-D. – Le cycle « Droit, liberté et foi » développe en octobre, pour sa 18e édition, la question de « La violence, la société et le droit ». D’où est venue cette idée ?

Me Thierry Massis est avocat spécialisé en droit de la presse et des médias et représentant de l'archevêque à la Commission nationale consultative des droits de l'homme. Il a participé à la création, avec le cardinal Lustiger, en 1992, du cycle « Droit, liberté et foi ».
Me Thierry Massis est avocat spécialisé en droit de la presse et des médias et représentant de l’archevêque à la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Il a participé à la création, avec le cardinal Lustiger, en 1992, du cycle « Droit, liberté et foi ».
© D.R.

Me Thierry Massis – C’est un thème qui s’inscrit d’abord dans un historique et se cale sur l’évolution réelle de notre société et sur les grandes questions du temps. Pour la dix-huitième édition de ce cycle, compte tenu des événements que la France avait vécus début janvier dernier, il nous est apparu que la violence se manifestait aujourd’hui dans toutes les sphères de la société. Que les meurtres de ces journalistes de Charlie Hebdo avaient aussi ravivé le débat autour des rapports du respect des croyances et de la caricature. Il nous a donc semblé pertinent de développer un thème autour de la violence, autour de la façon dont le droit régule à la fois cette violence verbale et à la fois cette pleine liberté d’informer, de critiquer, même violemment ; de la façon aussi dont s’articulent le respect de la personne et le respect de la croyance qui est assez évacuée dans notre société.

P. N.-D. – Comment déclinez-vous donc ce thème ?

Me T. M. – En trois séances, comme toujours. La première, mercredi 7 octobre, était montée sur une réflexion théologique et juridique autour de la violence et de la condition humaine. La deuxième, mercredi 14 octobre, sera une réflexion générale sur le thème de l’ordre public. Elle sera traitée par Bernard Prévost, ancien préfet et directeur général de la gendarmerie, le P. Jean-Marie Petitclerc, salésien et éducateur spécialisé et François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie en classes préparatoires. La troisième, enfin, le 21 octobre, à la Maison du Barreau, s’articulera autour des rapports entre la violence et la liberté d’expression. J’aborderai moi-même la polémique politique et religieuse tandis que Vincent Berger, ancien jurisconsulte de la Cour européenne des droits de l’homme, traitera toute la partie européenne. À travers ces témoignages d’expériences, l’enjeu est ici de faire prendre conscience de la nécessité de réfléchir sur la violence et sur les conditions de la violence pour faire changer les choses. De susciter, aussi, la réflexion des avocats, magistrats, juristes, etc. en les sortant de leur mission de techniciens du droit.

P. N.-D. – Mais quel lien peut-il y avoir entre droit et foi ?

Me T. M. – Il n’y a pas de droit purement technique, le droit est toujours porteur de valeurs, et plus précisément en ce qui concerne les droits de la personne. Il est toujours soutenu par une vision de l’homme et protège la conscience, l’expression religieuse, les tréfonds intimes de l’homme. Le lien entre droit et foi se situe justement là, à ce point précis, sur le caractère humaniste du droit. Comme le disait le cardinal Lustiger, en droit, les droits de la personnalité expriment la transcendance de la personne. • Propos recueillis par Isabelle Demangeat

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