L’Église
Catholique
À Paris

De retour d’un Synode extraordinaire

P.N.-D. – La méthode et l’état d’esprit de cette assemblée ont été différents des précédentes : à quel niveau ?

Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
© Gamil Gorgy

Cardinal André Vingt-Trois – D’une part, le Synode extraordinaire réunit principalement les présidents des Conférences épiscopales, alors que les Synodes ordinaires sont composés d’évêques élus par les Conférences épiscopales. Nous avions donc une assemblée moins nombreuse et plus apte à développer un dialogue. D’autre part, chaque rencontre était introduite par un exposé des questions à débattre et par le témoignage d’un couple de laïcs. Cette approche permettait de mieux centrer les débats et d’avoir présente à l’esprit l’expérience vécue par des familles. Les Pères synodaux étaient conscients de l’importance du sujet fixé par le pape et ils en mesuraient bien les implications dans chacune de leurs Églises particulières. Je crois que nous étions tous habités du désir d’améliorer les attitudes pastorales vécues dans nos Églises et d’affiner notre capacité d’annoncer la grâce de la famille.

P.N.-D. - Les Pères synodaux se sont-ils sentis sous la pression des médias ?

Card. A. V.-T. – Nous étions bien conscients de l’attention aiguë des médias, c’est-à-dire essentiellement des journalistes occidentaux, de loin les plus nombreux et les plus imaginatifs sur la mission qu’ils avaient eux-mêmes choisie pour le Synode. On pourrait la définir de manière un peu caricaturale : ils attendaient que l’Église reconnaisse et donne une légitimation morale à toutes les situations qui se prétendent familiales. L’objectif que le pape avait fixé pour le Synode n’était pas celui-là. Il souhaitait que nous exprimions d’une manière plus lisible comment l’expérience chrétienne de la famille est une ressource importante, une « Bonne Nouvelle » pour les hommes et les femmes de ce temps dans le monde entier. C’est pourquoi la publication de la relatio du cardinal Erdö a paru à beaucoup inopportune .Il ne s’agissait que d’un document de travail intermédiaire. La publication des comptes rendus des carrefours linguistiques a permis de montrer l’importance du travail ultérieur. La relatio était une synthèse des propos tenus au cours des premiers jours, non une note d’orientation qui aurait préfiguré les conclusions du Synode. Finalement, cet épisode a permis de mieux situer la progression de l’assemblée.

P.N.-D. –Quelles pistes souhaiteriez-vous voir travailler ?

Card. A. V.-T. – Comme le pape l’avait décidé et annoncé, cette session extraordinaire est une étape en vue de la session ordinaire de l’année prochaine. Durant cette année, les participants au Synode et leurs Conférences épiscopales sont invités à travailler sur le texte conclusif remis au pape et que celui-ci a décidé de publier. Nous avons donc une base de travail considérable concernant différents domaines : la préparation au mariage, l’accompagnement des jeunes ménages, l’accueil et l’accompagnement des personnes qui vivent des situations familiales difficiles (conjoints abandonnés, veufs et veuves, femmes seules à élever leurs enfants, couples éprouvés par l’infécondité, parents éprouvés par l’évolution de leurs enfants, personnes divorcées, personnes divorcées et remariées, familles dispersées par la misère économique, etc.). Nous sommes invités à revoir et améliorer notre offre pastorale envers ces personnes, à les rejoindre dans leurs difficultés, à ouvrir pour elles les portes des communautés chrétiennes et à les soutenir. Le pape a conclu notre session en renouvelant son appel à nous faire vraiment proches de ceux qui souffrent. • Propos recueillis par Ariane Rollier

Diocèse de Paris

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse