L’Église
Catholique
À Paris

Synthèse des rapports des équipes synodales par le Père Richard Escudier

ÉQUIPES SYNODALES DES PAROISSES DE PARIS
Synthèse des rapports, 18 juin 2015
Père Richard Escudier
Questionnaire adressé aux paroisses de Paris sur le document final du synode de la famille

- A lire l’intervention du Cardinal André Vingt-Trois lors de la rencontre inter-synodale diocésaine sur la famille

I- Temps d’appropriation du document du synode et d’écoute

Identifier les points précis du document final qui rejoignent des situations de chacun dans ce qu’il vit, voit, entend… Y a-t-il des manques, un décalage entre ce qu’il vit ou observe et le texte du synode ? En quoi les points positifs et négatifs indiqués dans cette partie du document rejoignent ce qui est vécu ?

II- Temps de regard sur le Christ, l’évangile de la famille

L’expérience des paroissiens est-elle éclairée ou questionnée par l’Évangile et par la proposition de l’Église :

  • sur la famille ?
  • sur le mariage comme réalité créée et/ou sacramentelle ?
  • sur le projet de Dieu sur l’amour entre un homme et une femme ?
  • sur la filiation… ?
  • sur l’homosexualité
  • autres…

III- Temps de réflexion sur les perspectives pastorales

  • Temps des propositions concrètes

Identifier les urgences, en choisir quelques unes et imaginer des actions concrètes, identifiant les partenariats.

A/ Données sur les contextes (en tenant compte de la diversité des situations)

Quelles sont les personnes qui font la transmission dans les familles : parents, autres partenaires dans la famille ou extérieurs tels que le catéchisme, un club, le conservatoire, un patronage… ?

Comment la foi a-t-elle été transmise dans les familles ?

B/ Les enjeux et défis

Quels défis concrets rencontrez-vous plus spécifiquement à Paris ?

Peut-on identifier des urgences ou des requêtes pastorales en matière de vie affective ou de vie familiale dans le document synodal ? Quelles sont celles qui manquent ?

Comment la communauté paroissiale peut aider des foyers sans enfant, des célibataires, des personnes homosexuelles ?

Qu’attendez-vous, quelle aide souhaitez-vous pour améliorer l’accompagnement des familles :

  • de la part du diocèse ?
  • d’associations (familiales, mouvements de spiritualité conjugale, APEL, cabinets conjugaux…) ?
  • des paroissiens (conseil pastoral, catéchismes, accueil baptême/mariage/familles en deuil, cellules paroissiales, lieux d’accueil et d’écoute…) ?
  • des familles elles-même (prière familiale, éveil de la foi, éducation affective des enfants…
  • d’aumôneries ?
  • autres…

N.B. : Cette synthèse ci-dessous concerne les rapports des paroisses de Paris sur la première partie du document final du synode. La moitié des paroisses a répondu au questionnaire. Elle présente peu de solutions pastorales précises, (phase qui concerne la 3ème partie mais est anticipée dans la 2ème). L’ensemble de réponses, et leur qualité, indiquent un réel intérêt des équipes ayant travaillé sur le document. Quelques retouches ont été apportées grâce aux rapports ultérieurs de manière à éviter trop de répétitions.

A) Réactions par rapport à la Relatio

1) La Relatio a paru difficile d’accès : un peu compliquée pour beaucoup. L’effort d’ouverture du synode aux réalités actuelles semble un peu découragé par la tentation d’intercaler entre elle et le monde l’épaisseur d’une vision quelque peu autocentrée. Une requête qui découle de ce qui précède est que l’Église ne s’enferme pas dans un langage d’initiés, ou pire dans des interdits. Dans les appréciations, on trouve des critiques virulentes sur une certaine « suffisance » du ton, même si le souci du synode de s’ouvrir à toutes les situations est paradoxalement salué.

2) Il est très important pour la plupart que le pape François ait souhaité que les chrétiens participent à la réflexion, au discernement et à l’élaboration de voies permettant de rénover l’Église et la société dans leur engagement pour la famille.

3) A qui l’Église / ce document s’adresse t’elle (il) ?

Aux catholiques qui ont la foi chrétienne ?

Ou à toutes les familles pour les éclairer (en tâchant de ne pas se focaliser sur le problème du mariage) ?

4) Pour beaucoup de paroisses, il est important de souligner la joie des familles qui restent fidèles à l’enseignement de l’Église mais aussi de regarder avec amour la fragilité des hommes et des femmes qui cheminent à partir de situations éloignées de l’enseignement de l’Église. Cela signifie que l’Église se tourne avec compassion vers les personnes qui sont dans des situations diverses. Le souci pastoral est reconnu. Rencontrer, écouter en vérité des personnes qui ne vivent pas le modèle traditionnel de la famille…

On distingue dans plusieurs rapports une tension dans la Relatio entre une vision pessimiste de la société dans ses fragilités et l’annonce d’une perspective heureuse du mariage possible et même désirable.

B) Points précis du document final rejoignant des situations vécues par les membres des équipes synodales, ce qu’elles voient, entendent… Certains de ces points sont repris dans les « manques »

L’aspect international du document laisse beaucoup sur leur faim quant à ce qui se passe dans nos régions d’Occident, notamment en Europe. Bien des défis ne sont pas relevés qui mériteraient d’être soulignés dès le début (voir § « manques »).

Pour certains, l’approche est très réductrice : la tendance au pessimisme, le diagnostic d’un individualisme dit « exaspéré » etc. Pour d’autres, c’est au contraire une description malheureusement conforme à la réalité.

Il faut relever un fait : ce qui prime aujourd’hui bien souvent, c’est que la famille est un lieu d’amour ; pour nos contemporains ce lieu d’amour existe dans des configurations de famille très diverses, y compris recomposées ou monoparentales.

Il faudrait souligner que Jésus apporte une logique du don (la grâce) qui s’oppose à la logique du mérite… Dans l’Eucharistie, nous rendons grâce pour le don reçu, on est loin de la légalité.

On note une certaine importance de la situation économique des familles qui vivent aujourd’hui ou craignent pour demain la précarité.

Il faudrait dire que le refus de beaucoup de s’engager dans le sacrement du mariage n’est pas sans peser lourdement sur la situation sociologique qui conditionne aujourd’hui la famille. Il a été souligné que des gens en souffrance s’excluent de l’Église en raison des exigences à travers lesquelles celle-ci se présente.

La crise de la foi est-elle à l’origine de la crise de la famille ou est-elle la conséquence des crises du mariage et de la famille ? Cette question est tout à fait capitale pour comprendre l’enjeu de la famille aujourd’hui et le type de réponse que l’Église doit apporter. Est-ce la crise religieuse qui entraîne une crise sociétale ou l’inverse ? Une paroisse par exemple se plaît à souligner l’expérience que constitue le shabbat dans les familles juives : ce jour consacré à Dieu par l’arrêt du travail l’occasion d’une réunion de famille autour d’un repas de la Bible.

Exemple de question capitale : la disparité Croyant / Non croyant dans un couple : certains rapports demandent une clarification sur le plan sacramentel et canonique.

Partant du constat que les jeunes n’ont plus besoin du mariage (« c’est dépassé »), qu’il est perçu comme une atteinte à la liberté /une entrave, avec une perte de la valeur du sacrement, beaucoup se reconnaissent dans le document final sur la préparation au mariage, sur sa solidité, sur le sacrement comme fondement avec l’aide de la grâce, sur la nécessité d’une parole de vérité sur les beautés et les difficultés du mariage, sur un cheminement à la source du don dans toutes ses dimensions qui implique un accompagnement « après vente » à tous les moments de la vie du couple.

Il faut insister davantage sur l’éthique (le pourquoi) que sur la morale (le comment) car le langage de l’Eglise risque de ne pas parler au monde actuel. Beaucoup de rapports appellent de leurs vœux une présentation positive de la sexualité. Pourquoi la catéchèse de Jean-Paul II sur le corps est-elle si peu présentée, demandent plusieurs paroisses ?

C) Les manques

Ne faudrait-il pas parler des femmes et en particulier des mères : la maternité est pénalisée parce que victime d’un manque de reconnaissance sociale, sans compter ce que la science permet aujourd’hui en matière de procréation : PMA et GPA, cause de l’émergence des technosciences (avec leur soubassement idéologique, matérialiste et financier) qui influent sur le rapport au sens, la généalogie et à la vie. Le développement des biotechnologies entraîne des pressions redoutables, en particulier pour les plus faibles, que le document ne prend pas assez en considération.

L’approche et la définition de la famille a paru souvent réductrice : Père + Mère + enfants. Le sujet de la famille apparaît comme plus vaste et n’est pas vécu de la même manière partout dans le monde, d’où une diversité de la famille et de la manière dont elle est ressentie… Est-ce qu’on part suffisamment des expériences vécues par des familles pas forcément chrétiennes ; est-ce qu’on échappe au modèle dit « auto-référentiel » ? Par ailleurs, certaines réponses proposent de prendre en compte la réalité du couple en tant que telle, avec les joies et les difficultés de la conjugalité, en deça de la perspective familiale.

Qu’est-ce qu’une famille ? avec enfants ? sans enfants ? Une difficulté rencontrée dans plusieurs rapports est l’impression que la Bible ne donne pas de modèle unique et qu’il y a eu une évolution, avec des éléments très divers, comme le droit romain ; cela suscite des interrogations sur l’exemplarité du modèle catholique. Ce qui est mentionné comme manque, c’est la référence dans la Révélation à partir de laquelle nous parlons de la famille : comment la définir ?

La question de la place du père n’est pas assez évoquée.

Même chose pour la place d’Internet et des fragilisations affectives qu’il introduit.

Le travail des femmes (qui modifie l’appréhension et le vécu de la vie) et en général la question du rapport hommes/femmes largement renouvelé dans notre société. La femme a-t-elle toute sa place dans l’Église ?

La longévité de la vie (doute sur la capacité à durer dans l’engagement) modifie la manière dont les jeunes appréhendent le mariage. Mais aussi leur manière de vivre la sexualité. On notera que, dans telle équipe synodale, des différences d’appréciations apparaissent suivant l’âge des membres selon que l’enseignement de Jean-Paul II sur l’homme et la femme a été assimilé ou non.

Il n’est pas assez fait place à la contraception et à l’avortement et à la relativisation du rôle de l’homme dans cette perspective.

Quelle place pour les célibataires dans la pastorale familiale ? Cette question rejoint celle de la solitude/isolement qui se pose de manière accrue. L’assimilation entre solitude (plus ou moins choisie) et l’absence de Dieu est dénoncée comme caricaturale et rejoint le besoin de s’interroger sur la place du célibat.

L’éducation affective des enfants est peu soulignée, c’est pourtant la matrice de la réussite des futurs couples. Un rapport note le décalage entre la formation académique et professionnelle des jeunes et leur développement affectif et moral.

L’univers d’éducation de la Foi (rôle joué par les parents / grands parents) ainsi que le rôle des grands parents dans la transmission des valeurs (comme d’autres membres de la famille oncle/tante/cousin…)

L’individualisme n’est pas assez détaillé. Il y a des solitudes qui ne sont pas de l’individualisme et des familles où se vivent des souffrances qui les recroquevillent sur elles-mêmes. On gagnerait à distinguer individualisme – solitude - isolement. Dans cette perspective, dans une société atomisée, les positions singulières ou solitaires sont parfois plus imposées que choisies.

C’est bien aussi le ciment sociétal qui est en question. La cohabitation avant le mariage relativise le couple ainsi que l’engagement tardif dans le mariage. Quel est le projet familial ? Comment construire quelque chose de partagé qui transcende chaque membre de la famille ?

Les parents travaillent beaucoup, ce qui crée l’absence auprès des enfants, et donc une perte de sens de la responsabilité. Le partage vie familiale / vie professionnelle est largement évoqué dans les rapports.

D) Parmi les points positifs (ou vécus comme tels) dans les rapports des équipes

Il y a le désir de famille, la qualité de l’accueil dans l’Église qui dit une parole de vérité d’espérance, qui accueille et encourage.

Il importe de relever la présence et un engagement plus important des pères auprès des enfants et une plus grande simplicité les relations entre parents et enfants.

Beaucoup de fiancés peu pratiquants cherchent une dimension sacrée et universelle. Il y a une tension entre des constats alarmés dans les rapports des équipes synodales sur l’absence de conviction et de formation chrétiennes chez les jeunes et par ailleurs le constat d’une demande religieuse indéniable. Cela rejoint les paragraphes de la Relatio sur ce qui vivent des personnes plus ou moins en couples (cohabitation, mariage seulement civil, PACS…) qui peut être le terrain d’une évangélisation.

Tel centre pastoral à Paris veut croire aux aspects positifs vécus par les nouvelles générations quant aux familles et voit le synode comme une chance pour que l’Église sorte de son juridisme, de l’opposition doctrine/miséricorde, de la théologie de la règle, de l’exclusion… et invite les équipes synodales à se retrouver en juin 2015 pour partager leurs rapports et le chemin qui les y a conduits.

Point d’attention :

Il y a manifestement une grande pauvreté de moyens dans certaines paroisses ; telle équipe synodale mentionne que sa paroisse se sent très isolée dans un ensemble multi-culturel très prégnant. Les rapports y reviendront.

N.B. : Cette nouvelle synthèse ci-dessous concerne les rapports des paroisses de Paris sur la deuxième partie du document final du synode. Un peu moins de la moitié des paroisses a répondu au questionnaire sur cette partie. On note l’apport de l’OCHRES, des aumôniers et responsables de groupes mouvements accompagnant des personnes handicapées et leurs familles, ainsi que du Parcours Tandem parrainé par les Équipes Notre-Dame. Déjà se profilent quelques propositions sur les sujets abordés : les équipes se posent déjà la question, à travers leur travail autour de la réception de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église, de réponses doctrinales et pastorales plus pédagogiques, plus accompagnantes sur le temps, plus adaptées aux différentes situations, plus proches du réel.

A) La famille

Le document synodal ne comporte pas de définition de la famille. Il n’y a pas de référence comme par exemple au paragraphe 2202 du catéchisme de l’Église catholique. Peut-on parler d’un « Évangile de la famille » (titre de la 2ème partie de la Relatio), expression absente de l’enseignement de Jésus, au risque de privilégier une dimension d’ordre social au détriment du Salut qui est l’objet de l’Évangile, demandent quelques rapports ?

A plusieurs reprises des paroisses disent regretter qu’en fait d’Évangile de la famille, la Relatio recense plutôt les textes du magistère de l’Église, ce qui n’est pas la parole de Dieu.

La voie de la pédagogie divine montre que le mariage et la famille ne sont pas des monopoles chrétiens.

La famille chrétienne reste un modèle de référence et on est heureux du satisfecit donné, mais il y a de nombreux oubliés : les couples sans enfants, les célibataires, les familles recomposées et leurs variantes, les grands parents, les parrains et marraines, les enfants à l’étranger (problème vécu dans certaines paroisses du regroupement familial), les veufs...

La famille face à la liturgie : la messe n’est pas assez un lieu de rassemblement pour les familles : les enfants et les jeunes ne s’y plaisent pas. C’est pourtant un lieu capital d’évangélisation et de croissance.

On souligne la difficulté de transmettre la foi avec l’impression que beaucoup ont une vie de foi en quelque sorte parallèle qui ne se partage pas en famille ainsi que la nécessité de lire la Parole en couple, de prier en famille pour notamment redécouvrir l’Écriture à travers le regard des enfants. Les groupes de partage sont aussi un bon vecteur de découverte à travers les frères.

On ne voit pas assez la famille comme le creuset. Voir la famille comme lieu de vie chrétienne et de croissance, surtout des enfants, plutôt qu’un simple cadre formel. C’est aussi là qu’une expérience de Dieu est faite. Insister sur la responsabilité des parents devant la famille particulièrement en temps de crise. L’exemple de la sainte Famille pourrait être moins angélique et plus concret : apprentissage par Jésus de l’amour, de la prière, du travail… Parler de la « maison » au sens biblique (Maison de David, maison des disciples, Eglise-maison…). Cela rejoint l’expression évoquée dans quelques rapports de « l’Église domestique » qui sera aussi évoquée dans la 3ème synthèse.

Les responsables des mouvements accompagnant des personnes handicapées et leurs familles mentionnent le grand désir de ces familles d’être accueillies à part entière dans l’Église. La participation à la messe est souvent vécue douloureusement. Comment mieux accueillir ? Comment accueillir les personnes handicapées au sacrement ? Comment intégrer la personne handicapée dans la vie paroissiale, notamment dans la catéchèse des enfants ?

B) Le mariage comme réalité créée et/ou sacramentelle

La fidélité résiste contre la société dans le mariage chrétien avec l’indissolubilité avec l’aide de Dieu. Cela pose la question de savoir si le mariage existe bien dans la foi, dans la nécessité d’une vie spirituelle ? La préparation au mariage revêt là toute son importance. Ce qui rend le mariage chrétien fragile aujourd’hui, c’est le manque de foi en Dieu. Les mariés face aux épreuves s’en remettent à leurs propres forces.

Autre constat, la Confirmation dans la perspective du mariage est d’une grande richesse. C’est un chemin à proposer davantage aux fiancés.

« Ce qui nous a aidé dans l’Église : la préparation au mariage, l’adoption, les équipes Notre Dame, la foi se bûche (Guy Gilbert), importance du dialogue et de l’écoute. Ce qui nous a démontés : Humanae vitae… »

Quelle assistance aux couples après le mariage ? Quel apport concret de l’Église vis-à-vis de couples en difficultés craignant la stigmatisation ?

L’Église doit profiter de chacune des rencontres institutionnelles avec les fidèles pour transmettre la foi, expliquer les Écritures. Le discours doit être simplifié, mis à la portée du plus grand nombre en tenant compte des particularités de son auditoire.

A plusieurs reprises la position de l’Église est jugée trop normative et éloignée de la réalité d’aujourd’hui. Le Christ rappelle des exigences mais ce qui prévaut c’est l’amour miséricordieux. Le texte synodal « jargonne » et cite, semble t-il, plus le Magistère que l’Évangile. Quelques rapports mentionnent le ton « condescendant » vis-à-vis des situations jugées « irrégulières ».

Certains s’interrogent sur la désaffection de l’institution, malgré le besoin de sacré. Comment se fait l’articulation entre la foi, l’aspiration à des valeurs authentiques et l’institution ?

On mentionne dans un rapport que le mariage sacramentel aurait été institué au 12° siècle pour des raisons jugées en partie circonstancielles ( ?)… Il faudrait, disent certains, se rendre compte que la situation n’est plus du tout la même aujourd’hui et que des évolutions sont nécessaires : « les techniques, la philosophie, la société d’aujourd’hui, ne sont pas suffisamment prises en compte… »

Le sacrement du mariage, enraciné dans la grâce du baptême, prend sa place dans l’ensemble du cheminement chrétien et implique donc une cohérence dans la vie de foi. Mais il est demandé également dans quelques rapports que l’Eglise revisite les conditions concernant la situation conjugale des demandeurs qui empêchent l’accès au baptême et bloque ainsi la réponse pastorale.

Le cheminement vers le mariage est-il assez long ?

L’indissolubilité est bien reçue comme un don de Dieu mais avec cette nuance que c’est plutôt un idéal, un aboutissement à atteindre. Pratiquement tous citent la foi en préalable au mariage chrétien. Avec une préparation plus ou moins longue, plus ou moins catéchétique. On perçoit dans certaines réponses un soupçon, n’a-t-on pas marié trop facilement par le passé ? Il ne faudrait pas confondre, selon un rapport, la demande d’un mariage sacramentel et celle d’un « mariage à l’église ». Cela serait dévaloriser le sacrement de mariage que de continuer à le célébrer sans trop d’exigence sur la dimension de la foi pour le déclarer nul ensuite. Le mariage est une éducation à l’amour fondé sur la foi. Les documents de l’Église sur la famille sont mal connus, il faut une pédagogie.

Notre environnement éprouve une grande difficulté à accepter cette notion d’indissolubilité, pour les autres mais aussi par crainte pour soi-même ; on se marie plus tard et on vit très âgé.

Peut-on admettre qu’il y a un parcours lent : accueil d’une demande dans l’Eglise (avec une union civile ou pas), puis fiançailles et ensuite mariage ?...

La dimension œcuménique doit être rappelée. L’AFFMIC (Association œcuménique de foyers mixtes) demande une attitude plus positive et créative à l’égard des couples inter-confessionnels. Des propositions seront faites dans la synthèse des rapports de la 3ème partie de la Relatio.

C) Le projet de Dieu sur l’amour entre un homme et une femme

Un mariage au sens chrétien du mot n’est pas facile à envisager. Comment aider les jeunes à fonder leur projet conjugal ? Il y a bien eu lieu d’encourager les jeunes baptisés à ne pas hésiter face à la richesse que peut leur apporter ce sacrement.

A peine une allusion à la révolutionnaire théologie du corps de Jean-Paul II, qualifiée de simple « catéchèse », alors qu’elle a transformé la vie de bien des couples chrétiens en leur donnant un nouveau regard sur la sexualité, sur les relations hommes-femmes, sur la maternité et la paternité ...

Quelles sont les initiatives à prendre pour promouvoir l’ouverture à la vie en dialogue avec les sciences et technologies biomédicales de manière à respecter l’écologie humaine de l’engendrement ?

Pas une fois le nom de Marie n’est citée, alors qu’elle occupe si souvent une place centrale dans les foyers chrétiens du monde entier. Chasteté, prière, contemplation, obéissance, confiance ....comme saint Joseph, cité par le Pape François. Si certains signalent que l’on risque de tomber dans une vision désincarnée en des exemples inimitables, d’autres relèvent que les traits de la Sainte Famille ne sont pas sans portée spirituelle.

Partir plus concrètement des grands textes de la Bible et des Evangiles notamment - l’Annonciation et la Visitation : la beauté de la vie dans le sein maternel, et le respect de la vie, la Samaritaine : le regard de Jésus sur la fidélité, tellement d’actualité - les épîtres de St Paul sur les relations hommes-femmes et parents-enfants, si mal comprises, etc.

Il faudrait mettre en exergue de tout le document que « La façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain » On passe trop vite, et de manière trop allusive, sur ce fondement que Dieu est Amour, dans la relation entre le Père et le Fils, et qu’il est la nature même du Saint Esprit. Cet Amour n’est-il pas le modèle fondateur du couple, avant même celui de l’union du Christ et de l’Eglise ?

C’est bien le regard du Christ qui devrait être mis en avant au travers les rencontres de celui-ci avec plusieurs personnes dans l’Évangile.

D) La filiation

Grande appréhension à l’égard de la modification des règles de filiation. La psychologie et l’équilibre des enfants « inventés » seront très fragiles ; l’Église pourra leur être une aide précieuse dans leur construction.

Dans une société où se développe une thématique sur le « droit » à l’enfant, sur l’ « avoir » appliqué à l’enfant, il faudrait insister sur l’enfant comme don.

La transmission de la foi et du message évangélique dans les familles devrait être davantage abordée.

E) Les divorcés remariés

La plupart des équipes ont du mal à comprendre la situation des divorcés remariés dans l’Église. N’aurait-t-on pas droit à une seconde chance, pourquoi faire durer un échec qui est déjà, par ailleurs, dommageable aux enfants ?

Sans remettre en cause l’indissolubilité du mariage, ne faudrait-il pas tenir compte du fait qu’elle n’empêche pas les échecs de la relation humaine ? Une contribution signale qu’il est discutable de passer du style « exhortatif » de l’Évangile concernant l’indissolubilité, qui constitue un rappel du dessein divin et d’un idéal à viser, à une détermination juridique assortie d’une sanction pour ceux qui n’y parviennent pas.

En partant du constat souvent mentionné que Jésus accueille, pardonne et ne juge pas, qu’il encourage à avancer sur une nouvelle voie, de nombreux textes expriment de la gêne à l’égard de ce qui est perçu comme une contradiction apparente entre cette attitude de Jésus et la position de l’Église.

Une situation dite « irrégulière » pourrait être vue comme la blessure qui justement permettra de rencontrer Jésus-Christ, source de conversion et de renouveau pour cheminer à sa suite.

On évoque les contradictions que l’exclusion des sacrements entraîne, voire l’hypocrisie de couples canoniquement réguliers face aux victimes d’une situation d’échec…

Un parcours spécifique ne pourrait-il pas être mis en place en référence à ce qui se pratique dans les Églises d’Orient et chez les Orthodoxes, demandent beaucoup de rapports ? Des paroissiens « reçoivent » le sacrement mais en même temps le trouvent trop rigoureux.

Le divorce semble à certains plus sincère que l’adultère ; l’Église donne l’impression de négliger son rôle d’accompagnement au profit d’une attitude moralisatrice et accusatrice.

Certains se demandent si on n’accorde pas trop d’importance à la communion. Il faudrait commencer par travailler le sens et les conséquences de l’Eucharistie pour la communauté chrétienne afin d’en préciser les conditions d’accès.

On fait valoir que le mariage civil apparaît comme porteur de valeurs et complémentaire au mariage chrétien. Pourquoi ne pas développer la préparation des mariages civils comme cela se fait dans certains lieux ?

Quelques ouvertures théoriques sont proposées : une « théologie » de l’échec ; l’absolution comme remise en marche… Question : faut-il envisager la vie sacramentelle sous l’angle du « contrat », avec son caractère apparemment binaire ?

F) L’homosexualité

L’homosexualité donne lieu à des positions nuancées : déviance, ou bien : « qui sommes-nous pour juger ? » ; Pourquoi on en parle ? Pourquoi on n’en parle pas… ? Le sujet ne fait pas l’unanimité mais la tendance majoritaire est à la miséricorde et à l’accueil. Des réflexions sont faites dans les rapports de la 3ème partie.

Plus largement, sur les personnes blessées : mettre en avant la diversité des familles chrétiennes pour mieux accueillir. Comment interpréter le « va et ne pèche plus » pour les divorcés remariés, pour les homosexuels ?

G) La sexualité et la contraception

La sexualité et la régulation des naissances sont, à quelques exceptions près, traitées dans les rapports comme ressortant du « domaine privé ». On remercie cependant le magistère de lui avoir reconnu leur dimension profondément affective. On souligne fortement que la procréation n’est pas un but en soi.

L’Encyclique Humanae vitae, reste dans les mémoires de façon assez négative, au moins dans cette 2ème synthèse. La catéchèse de Jean-Paul II cherchait à nourrir sa « réception » par le Peuple de Dieu. Cela revient à ce qui a déjà été mentionné sur la place de sa catéchèse.

Clarifier certains points concernant la sexualité (distinguer chasteté, continence etc….) La virginité et la chasteté sont peu évoquées aussi bien dans la Relatio que dans les rapports.

La question de la conscience personnelle dans le choix en matière de régulation des naissances n’est pas du tout abordée. Comment l’articuler à l’enseignement de l’Église ?

Quelle image de l’acte sexuel donne la pédagogie de l’Eglise ? Un rapport estime même le discours de l’Église « à côté de la réalité » et « irresponsable ». Une difficulté est mentionnée sur le décalage entre le don des époux traduisant ce qu’ils ont envie de partager de plus beau dans leur relation d’amour et l’exigence posée par l’enseignement ecclésial de reporter ce partage à des périodes tributaires du cycle de la nature qui ne correspond pas forcément à leur désir profond. Plus largement, la question de la régulation des naissances, pourrait, selon plusieurs rapports, être laissée, dans ses modalités techniques, à la conscience des couples. Des précisions dans la 3ème synthèse à venir.

Conclusion

Dans le fond, deux types de réponses sont proposés selon un rapport :

« L’Église locale dans son enseignement doit revenir à une catéchèse simple et précise pour un peuple et dans une culture donnés à un moment donné. L’Église doit appeler les chrétiens à un repentir et à une conversion qui permette à la miséricorde divine de s’engouffre dans les cœurs et d’y faire son œuvre : pourquoi est-ce si difficile d’évangéliser les chrétiens ?... » (Un autre rapport mentionne que « toute la compréhension des pasteurs et des chrétiens, toutes les invitations lancées aux baptisés de s’unir à la prière de l’Église ne pourront faire l’économie d’une conversion personnelle et d’un changement de vie au terme, souvent, d’une douloureuse acceptation de la Croix de la mort nous-mêmes »).

… Mais comment, par ailleurs, proposer un chemin de Salut, dans la vérité et avec miséricorde à tous ceux qui sont blessés dans leur vie affective : divorce, homosexualité, enfant handicapé, veuvage, vieillesse, etc. »

Comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu ? Le qualificatif de « situation irrégulière » est ressenti assez largement dans les rapports comme relevant d’une rigidité juridique entraînant finalement des croyants dans une solitude souvent trop difficile à assumer.

La 3ème synthèse permettra de donner plus de profondeur sur certaines questions concrètes abordées.

N.B. : Cette dernière synthèse ci-dessous concerne les rapports des paroisses de Paris sur la troisième partie du document final du synode. Il a été un peu difficile d’ordonner les différents items, certaines paroisses faisant référence au questionnaire diocésain, d’autres aux Lineamenta , une enfin au questionnaire de La Croix. La présente synthèse reprend beaucoup les thèmes abordés dans la 2° partie, en n’excluant pas d’éventuels doublons (qui respectent l’ordre des questions) mais en tâchant de mettre en évidence des prolongements concrets. Nombreuses sont les paroisses en attente de formation et une demande aussi forte de positions claires du Magistère sur les points mis en évidence par le Synode. L’empreinte sociale des paroisses est extrêmement forte et influe de manière significative sur les nuances des réponses.

A) Données sur le contexte

Transmission de la foi

À 40%, le lieu de transmission privilégié de la foi est la famille, certains précisent que l’intervention des grands parents est indispensable.

On attend même un grand soutien de l’institution à travers la vie religieuse et ses différentes étapes. Les organisations de jeunesse sont aussi beaucoup mises en avant : scouts, patronage, qui mettent cet apprentissage au quotidien.

Qualitativement à la lecture des réponses on ressent aussi du désarroi face à cette mission première de la famille. 3 fois cité : l’abandon de ce rôle par l’enseignement catholique.

Comment appréhender et déjouer les « pièges » tendus par les médias, n’être pas otages de qui se dit à travers eux ?

Langage de l’Église

Le quart des réponses plaident pour un discours plus accessible de l’Église et dans une moindre mesure de la mise en avant des valeurs plus que de normes, 4 vont jusqu’à préciser que l’image de l’Église même est en danger. Il faudrait que l’Eglise s’attache au chemin de discernement, aux critères de progression spirituelle et non pas à classer les groupes entre ceux qui sont « conformes » et ceux qui ne sont pas. On rejoint la critique faite à un langage qui paraîtrait « condescendant ».

B) Les enjeux et défis spécifiques à Paris

A Paris, l’anonymat implique qu’on fasse la démarche d’aller chercher toutes les personnes en souffrance.

Modèle de la famille
De nombreuses équipes attirent de nouveau l’attention sur la notion de famille : la famille traditionnelle est-elle la seule qui permette d’accéder au bonheur ? Par ailleurs, elle ne doit pas être nucléaire et doit intégrer les célibataires et les veufs. Il ne faut pas non plus oublier les enfants handicapés (14% des questionnaires).

Un rapport indique que la grande différence entre le mariage civil et le mariage religieux est la place donnée à l’amour : à la mairie, tout est fondé sur la volonté tandis qu’à l’Église, c’est l’amour qui est essentiel. Cette différence est capitale pour la préparation des fiancés.

Un rapport juge important de ne pas réduire les gens à leur situation familiale ou leur orientation sexuelle, mais les considérer comme des personnes à part entière aimées de Dieu et capable de découvrir Dieu, quelle que soit leur situation.

Majoritairement, les rapports recommandent un accueil adapté à chaque situation de vie familiale, surtout les plus fragiles, couples sans enfant, couples en difficulté... qu’il faut écouter et accompagner. Cela signifie que les communautés paroissiales doivent se doter d’équipes capables d’assumer cette tâche. Un rapport dit que ce n’est pas dans le remariage que réside le mal mais dans le divorce !

Si les PMA ne sont pas abordés dans la Relatio, un rapport mentionne que cette technique a sauvé des couples de leur stérilité. La théorie du « genre » pose question : fondements, pertinence et idéologies sont à préciser.

Deux rapports insistent sur l’Église comme « signe de contradiction », osant prêcher un message sur la famille qui va à rebours du monde : l’indissolubilité. Celle-ci y est reçue comme un absolu, venant du Christ lui-même, nos faiblesses étant à l’origine des défaillances. Ils mentionnent le non-accès aux sacrements pour les divorcés remariés comme un chemin spirituel. On n’y insiste sur la grâce des sacrements pour faire grandir la famille, et pas seulement à quelques « dates clés » comme le mariage, le baptême, ou la communion des enfants ; on y parle du sacrement de réconciliation comme outil de croissance et de paix, en expérimentant que la vie conjugale est un chemin pascal.

Inversement, certains rapports voient l’indissolubilité comme un « objectif » plutôt que comme un « absolu » qui conduirait à de profonds désarrois celles et ceux qui ne peuvent le respecter. Pour résumer cette position : la discipline concernant le mariage est-elle supérieure aux autres sacrements majeurs que sont le baptême et l’Eucharistie, demande un rapport ?

C) Des urgences ou des requêtes pastorales

Sexualité

Le sujet est toujours présent. Il convient de clarifier la position de l’Église sur le rôle de la conscience de chacun : qu’est-ce que l’Église recommande et pourquoi ? Dans tels rapports sur la 3ème partie de la Relatio, il est frappant que soit défendue Humanae Vitae, en contraste avec les rapports sur la 2ème partie, mais en lien avec la conscience des couples qui doivent être formés (conscience éclairée) pour mieux choisir. Des rapports mentionnent que les méthodes naturelles sont une source de dialogue entre l’homme et la femme ou sont mieux comprises lorsqu’elles sont correctement présentées, tandis que plusieurs disent que c’est l’affaire du couple ou même que l’Église est dépassée, la chasteté étant perçue comme étant d’origine sociétale (quand n’existait pas la contraception) plutôt que morale. Un rapport propose qu’au lieu de reprendre le débat il faudrait aller vers une compréhension plus fine du message de l’Église en tant que culture du don de la vie, du respect de l’altérité entre hommes et femmes, de l’éducation affective complète ne se limitant pas à la dimension sexuelle.
On s’interroge sur la notion de « nature  » qui devrait s’appliquer au respect de soi et de l’autre et non au rythme biologique de la sexualité féminine.

Formation

Plusieurs paroisses insistent sur la formation des prêtres et la participation de laïcs à cette formation, notamment des couples.
Il faut mentionner le témoignage des paroisses « pauvres » qui manquent de moyens pour mener des actions de terrain (préparation au mariage, etc.). La demande porte sur un besoin de mutualiser les moyens avec d’autres paroisses. Des propositions concrètes sont signalées dans le dernier paragraphe.

Vie familiale

Le grand gagnant est la préparation au mariage (67%) et l’accompagnement des jeunes couples (56%). Les modes de fonctionnement semblent assez hétérogènes. On a là de multiples propositions issues d’un constat répété que les couples sont de fait en situation de « disparité » puisque beaucoup ne sont pas catéchisés réellement et qu’il faut un accueil pastoral sans cesse plus ajusté à leurs situations personnelles :
Le mariage par étapes (à l’image du cheminement proposé pour les catéchumènes), mais en prenant en compte, selon certains, le risque d’un mariage « à 2 vitesses » qui serait mal perçu… Cela n’est pas sans poser des questions difficiles : le mariage « naturel » l’est-il si peu que l’on conçoive des étapes vers le sacrement ? Un rapport parle à ce sujet d’un risque d’élitisme. Comme suggestions dans plusieurs rapports :

Une préparation plus « lourde »,
Une intervention institutionnalisée des couples dans leur formation.
Un parcours d’évangélisation,
des propositions de suivi après mariage, des rendez-vous tout au long de la vie…

Le suivi des jeunes couples mariés religieusement implique que des réseaux soient mis en place pour recommander un couple à sa nouvelle paroisse après déménagement.

Former des accueillants (prêtres, religieux, laïcs) à l’écoute et à l’accompagnement, même pour des actes simples comme l’accès au baptême ou au mariage. En étant attentif à la situation de chacun, à sa demande, aux moyens d’y répondre en l’accompagnant sur son chemin.

Plus de 50% des paroisses se prononcent pour une nouvelle « chance » pour les divorcés remariés, au terme d’un cheminement spirituel. Une incompréhension perceptible porte sur l’indistinction des situations vécues par les divorcés, l’Église ne paraissant, selon un rapport, tirer aucune conséquence des différences qui existent entre elles ; un rapport mentionne la piste proposée par le cardinal Kasper, d’autres de se mettre à l’école de la pratique des Églises orthodoxes. Un rapport préconise de distinguer « infraction instantanée » et « infraction continue » de manière à ne pas qualifier d’adultère ce qui ne ressort pas de cette catégorie de couples. Pourrait-on approfondir la mention de Familiaris Consortio sur la différence « entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage catholiquement valide » (§84) ? …et approfondir la notion de mariage indissoluble en examinant cette autre mention de Familiaris Consortio : « il y a le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide » ?

Comment davantage prendre en compte les situations et les responsabilités personnelles dans un échec conjugal ?

Un rapport indique que se fait largement entendre un appel à un droit non au pardon mais à « pouvoir demander pardon » et à ne pas être enfermé dans un échec ; un autre que tout être humain quelle que soit sa situation a une richesse à apporter à l’Église ; un autre signale que l’interdiction systématique aux sacrements dans les cas d’homosexualité ou de remariage après divorce n’est pas une manière de mener les personnes à Dieu mais le plus souvent de les faire s’en éloigner. Ce qui est en jeu, signale un rapport, c’est la question de savoir si les sacrements sont « réservés aux fidèles qui sont épargnés par les accidents de la vie ».
La nullité du mariage paraît toujours comme un pis-aller même si la plupart se prononcent pour une nécessaire simplification.
L’IVG reste un drame. La maltraitance des enfants à l’intérieur des familles constitue aussi aujourd’hui une autre question très grave que des personnes impliquées dans des actions auprès des pouvoirs publics jugent trop peu portée dans nos paroisses.

Les foyers autres

Un rapport pointe les situations ethnologiquement variées, la polygamie… et pose le problème de l’aide financière, de la proximité envers ces personnes.

Les couples dispars et mixtes ne sont presque pas mentionnés par les paroisses ; en revanche, l’AFFMIC préconise pour les couples mixtes (de confessions chrétiennes différentes) : 1) une pastorale de préparation au mariage plus adaptée pour permettre aux époux de découvrir leur chemin vers l’Unité ; 2) une approche moins légaliste de l’engagement demandé au conjoint catholique quant au baptême des enfants ; 3) un accueil eucharistique plus ouvert au conjoint non catholique.
Il faut accueillir et faire grandir les concubins ou les mariés civilement sans les « forcer ».
Le mot « accueil » est sans aucun doute le plus utilisé dans toute cette partie.
Un rapport critique fermement le silence de l’Église sur la dignité de ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu créer une famille et ont servi celle des autres ou la famille humaine.

Homosexualité
Avec des termes marqués par la prudence, les rapports estiment qu’il faut accueillir (58%). On laisse entendre que l’Église est un peu rétrograde. Un rapport signale que l’attirance interhumaine ne relève pas du besoin instinctif des animaux, plaidant pour une évolution vers une reconnaissance de la diversité des relations sexuelles et même une bénédiction des couples homosexuels témoignant de valeurs centrales dans l’éthique chrétienne (assistance mutuelle, fidélité…). Un autre rapport va dans le même sens en distinguant « union homosexuelle » et « mariage » au sens théologique : on y reproche au Catéchisme de l’Église Catholique son caractère obsolète, les sciences humaines ayant remis en cause les fondements doctrinaux avancés par l’Église pour justifier sa position.
Mais les avis exprimés confirment unanimement ce qui a déjà été mentionné en direction d’une meilleure compréhension de personnes homosexuelles par les communautés chrétiennes.
Quand il en est question, en tout cas, il faut intégrer leurs enfants.

Dénatalité
7 citations, 5 estiment que ce n’est pas le sujet de l’Église. Certains précisent qu’en ces temps de surpopulation la question étonne.

D) Qu’attendez-vous, quelle aide souhaitez-vous pour améliorer l’accompagnement des familles

La question de la « communauté » comme dimension essentielle pour l’accès aux sacrements est peu évoquée dans cette troisième série de rapports. Plusieurs, cependant, rappellent que l’Eucharistie est un don de Dieu inestimable et que la question de la communion éventuelle des divorcés remariés dissimule peut-être une certaine perte de conscience du peuple chrétien en la grandeur des sacrements en général.
Pastorale de la famille : la formation, les temps forts proposés éventuellement par le diocèse (journée de la famille, édition d’un recueil type « Youcat » sur la famille dans lequel on retrouverait différentes explications sur le message de l’Église…) sont indispensables. Dans un rapport, une requête est formulée quant à l’autonomie des évêques d’une région donnée pour répondre aux défis de la famille.
Dans cette perspective, la logique est missionnaire : aller chercher et accompagner en même temps que « consoler » au nom de Dieu dans des situations blessées.
On demande un accueil spécialisé diocésain, mis en avant et bien visible pour les principaux problèmes des couples, crise, absence d’enfant ; en faisant participer des personnes ayant connu ces difficultés.
La notion d’Église domestique chère à Jean-Paul II pourrait aider à réfléchir à la création de « maisons de la famille ou des familles » à l’échelon des paroisses pour associer les parents à l’éducation de leurs enfants, accueillir les femmes en détresse, conseiller des couples en difficulté, fournir les outils indispensables à une formation adéquate… Noter qu’un foyer sans enfant est aussi une cellule d’Église à accompagner. On en revient à l’accompagnement communautaire des familles et des couples.

Les meilleures occasions sont notamment l’accueil lors d’évènements familiaux, préparation au baptême notamment.

Favoriser les lieux d’écoute et de partage propres aux paroisses : parcours Alpha, Cellules paroissiales d’évangélisation, catéchuménat, école d’oraison, retraites, etc.

Les aumôneries doivent aussi être en première ligne : le diocèse doit les inviter à faire plus dans ce domaine- vis à vis des familles en lien avec les paroisses.

Un rapport mentionne les patronages et le rôle important des prêtres au contact des familles, sachant les contraintes qui pèsent sur ces derniers. A ce propos, il est mentionné qu’il n’y a plus vraiment d’accompagnement spirituel du chrétien.

La formation des prêtres sur la famille est-elle suffisante ? Il faudrait associer davantage les couples à leur formation.

Encourager les chrétiens qui s’engagent (beaucoup de mouvements, mais aussi les associations tant familiales que sociales).

Le rôle de l’Église devant les Pouvoirs publics a été mentionné ça ou là : il est nécessaire que les chrétiens soient audibles par nos contemporains afin d’alimenter un débat. Les caricatures qui pèsent sur l’image qu’on a de l’Église sont douloureusement ressenties ; si les rapports parlent peu des événements politiques récents concernant le mariage pour tous, il y a des points de vue divergents sur la manière dont les catholiques se sont fait entendre à cette occasion.

Les propositions insistent sur un accueil inconditionnel et des lieux de ressourcement communautaires dont certaines expériences vécues sont l’illustration (ajoutons à celles qui ont déjà été citées : Le Rocher, l’Emmanuel, Chemin Neuf, Équipes Notre-Dame - « Tandem », centres de loisirs…). La paroisse est évidemment un lieu privilégié de témoignage ouvert. La mise en œuvre de la miséricorde est bien l’enjeu de ce qu’elles sont en mesure de proposer ou, en tout cas, d’améliorer.

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