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St-Antoine de Padoue planche sur la famille

Les paroisses du diocèse ont été mises à contribution, ces derniers mois, pour faire remonter réflexions et propositions en vue de la deuxième session du Synode sur la famille d’octobre prochain à Rome. Reportage à St-Antoine de Padoue (15e), où l’équipe finalisait son travail le 13 avril.

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Les membres de l’équipe de travail sur le Synode réfléchissent à différentes propositions pastorales. Ci-dessus, Jean-Michel Morin, diacre et rapporteur du groupe St-Antoine de Padoue (15e) accompagne la réflexion à l’aide d’un tableau dynamique.
© Ariane Rollier

L’ambiance est chaleureuse ce lundi soir. Dans une salle de St-Antoine de Padoue (15e), une quinzaine de personnes s’installent seules ou en couple autour de tables disposées en U. Le groupe est composé d’hommes et de femmes, mariés depuis cinq à cinquante- quatre ans, tous parents et, pour certains, grands-parents. Sur le côté, le curé, le P. Benoît Gérardin prend place en tant qu’auditeur. Il vient écouter le fruit des trois sessions de travail qui ont eu lieu en janvier, février et mars, à la suite de son appel lancé envers tous les paroissiens souhaitant creuser les questions synodales au niveau local.

20h45. Après une courte prière, le modérateur Jean-Michel Morin, diacre et maître de conférences à l’université, présente le déroulé de la séance. À l’aide d’un vidéoprojecteur, il va illustrer douze propositions pastorales sur la famille faites par les participants lors de leur dernière rencontre, avec des couleurs allant du blanc au vert foncé, signe de leur adhésion individuelle plus ou moins forte à chacune. Jean-Michel démarre par les suggestions les plus controversées, comme l’amélioration de l’accueil des personnes homosexuelles dans les paroisses ou la reprise d’un débat en Église sur l’usage de moyens contraceptifs. Chacun prend tour à tour la parole. « Je comprends que l’Église puisse chercher à mieux accueillir les personnes homosexuelles. Mais je ne crois pas que ce sujet soit le coeur de cible du Synode », réagit Alexis, marié depuis quinze ans. « Je pense que nous devons accueillir les personnes en tant que personnes et non en fonction de leurs actes ou comportement. C’est la même chose pour les personnes divorcées remariées. Si détresse il y a, c’est aux prêtres d’accompagner dans la discrétion », lance pour sa part Henri, père de trois enfants. « C’est quand même un sujet qui se pose à certaines familles, qui ne savent pas comment réagir. Pour bien les accueillir, il faut comprendre leur situation », tempèrent Danièle et Vincent, mariés depuis quarante-six ans. Jean-Michel résume les points de vue avant de passer à la question suivante. Sur le cas de la régulation naturelle des naissances et de la contraception, les avis divergent. Pour les plus jeunes, la priorité n’est pas de rouvrir le débat. « L’Église s’est déjà positionnée sur le sujet. Il est davantage nécessaire de renforcer l’éducation affective, la culture du don de la vie, l’apprentissage du respect et de l’altérité », argumente Françoise, 42 ans. « Il faudrait plus aborder ces questions pendant la préparation au mariage », souligne Anne, mariée depuis vingt-quatre ans. « L’enjeu est d’éveiller les consciences, pas de donner des solutions impératives aux fiancés », réagit Denis, membre de la préparation au mariage sur la paroisse. Geneviève, anciennement conseillère conjugale, s’exclame, inquiète : « Mais les couples ressortent de ces préparations sans aide, sans soutien ! » « Et si on insistait plus sur la notion de chasteté ? », propose Alexis. L’heure tourne. Il faut aussi parler de l’accueil des jeunes enfants et de la considération missionnaire de leurs parents ou encore de l’accompagnement des jeunes couples et de ceux qui risquent le divorce... Les échanges se poursuivent jusqu’à 22h passées. Jean-Michel doit y mettre un terme : heureusement, un rendez-vous est prévu courant mai pour ceux qui veulent plancher sur des propositions pastorales pour la paroisse. Afin que ce qui a été dit ne reste pas au stade des intentions, mais prenne une forme concrète. • Ariane Rollier

Aller plus loin ensemble ?

Françoise, 42 ans, mariée et mère de trois enfants, dirigeante de société
« La famille est un sujet d’actualité et j’avais envie de faire entendre ma voix. J’ai bien aimé l’expérience : il y a eu des moments émouvants, où certains ont pu dire des choses qu’ils n’avaient sans doute jamais dites dans le cadre paroissial. La relecture de ce soir a révélé la complémentarité des points de vue. Il y avait une richesse dans la diversité. J’ai apprécié l’expérience intergénérationnelle : habituellement, nous sommes davantage cloisonnés en fonction de notre âge… J’aimerais qu’après la rencontre de mai, on organise un dîner pour voir comment aller plus loin ensemble. Le travail m’a en tout cas fait prendre conscience de sujets que je n’avais pas bien considérés et dont je vais reparler avec mon mari. »

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