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Hiver solidaire : « Un magnifique mouvement de solidarité »

Il y a un an, N.-D. de Clignancourt (18e) se lançait dans l’opération Hiver solidaire [1], en accueillant cinq personnes de la rue durant cent vingt jours. Avec des retombées insoupçonnées pour la paroisse. Membre du conseil pastoral, bénévole et co-coordinatrice de l’opération, Anne-Marie Bredin témoigne.

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Anne-Marie Bredin est bénévole et co-coordinatrice de l’opération Hiver Solidaire à N.-D. de Clignancourt (18e).
© D.R.

Paris Notre-Dame – Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans l’opération Hiver solidaire, l’an passé, comme vingt-six autres paroisses parisiennes ?

Anne-Marie Bredin – L’envie émanait de notre curé, le P. Philippe Marsset, et la réflexion a été menée en conseil pastoral. Nous étions sans doute mûrs pour cela, car déjà engagés dans plusieurs actions caritatives, mais pas nécessairement prêts ! Comment allait-on choisir les personnes accueil lies ? Allait-on avoir assez de bénévoles ? Nous avions beaucoup de questions qui, toutes, ont été balayées par le témoignage d’un de nos vicaires, qui avait vécu Hiver solidaire. Les personnes accueillies ont été choisies par deux des associations qui œuvrent sur la paroisse, Naïm et le Secours catholique. Et pour recruter nos bénévoles – 150 personnes durant 4 mois – nous avons distribué des flyers dans les rues, animé un forum sur les différentes actions caritatives de la paroisse lors de la Journée mondiale des pauvres, en novembre dernier. Nous l’avons également annoncé sur notre page Facebook et sur le site de la paroisse. À la première réunion d’information, trente personnes s’étaient déplacées. Parmi elles, des jeunes qui venaient d’arriver dans le quartier et cherchaient à s’intégrer au sein de la paroisse. Mais il y avait également des gens qui ne mettaient pas les pieds à l’église. Hiver solidaire a créé un magnifique mouvement de solidarité, sans prosélytisme.

P. N.-D. – Comment avez-vous géré cette opération et les 150 bénévoles impliqués ?

A.-M. B. – L’équipe des coordinateurs fonctionnait par binôme, soit quatre groupes de deux personnes. Ce qui nous permettait d’être d’astreinte une semaine sur quatre. Durant cette semaine, nous répondions aux mails, gérions le calendrier et le planning des bénévoles afin de s’assurer qu’il y avait bien deux personnes, chaque soir, pour s’occuper du dîner et passer la nuit avec les personnes accueillies. Nous avions aussi un rôle de roue de secours, s’il y avait quoi que ce soit, un désistement par exemple. Les bénévoles avaient nos numéros de téléphone et pouvaient nous appeler si besoin. Finalement, cela ne prenait pas beaucoup de notre temps, mais c’était essentiel pour une bonne organisation. C’est sans doute une des clés de notre succès !

P. N.-D. – Un an après, pouvez-vous mesurer les retombées de cette opération pour votre paroisse ?

A.-M. B. – Lors de notre réunion de débriefing, au printemps dernier, nous étions unanimes pour dire que l’opération avait créé une dynamique paroissiale, et rapproché les personnes de la paroisse et plus largement, du quartier. Maintenant, quand on se croise, on se parle ! On évoque souvent la grande famille des chrétiens. Avec Hiver solidaire, celle-ci est devenue une réalité. Chaque fois que nous organisons un évènement – comme un repas partagé, par exemple – nous avons plaisir à nous retrouver. Cela fait vingt- cinq ans que j’habite ici, et je peux témoigner aujourd’hui que cette opération a opéré une véritable transformation de notre quartier.

Propos recueillis par Priscilia de Selve

[1La Fondation Notre Dame apporte un soutien financier à l’opération Hiver solidaire.

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